Issue de l’union improbable du Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi Di Maio et de la Ligue de Matteo Salvini, l’alliance gialloverde (« jaune et vert », les couleurs symboliques des deux formations) a constitué un gouvernement « entièrement “antisystème” » pour la première fois dans l’histoire de la République italienne. Or, d’une idéologie fondée prioritairement sur le rejet des élites à la promotion des fake news et des thèses complotistes les plus caricaturales, on sait qu’il n’y a souvent qu’un pas… que les nouveaux tenants du pouvoir transalpin ne semblent pas hésiter à franchir allègrement si l’on en juge par leurs antécédents tout autant que par leurs prises de positions les plus récentes : interdiction des francs-maçons au gouvernement, contestation du débarquement sur la lune de l’équipage d’Apollo 11, dénonciation des « chemtrails » ou des puces électroniques sous-cutanées que l’Administration Obama aurait essayé d’implanter à sa population « pour mieux la contrôler », spéculations sur l’existence des « sirènes », refus de la vaccination obligatoire… Autant de thèmatiques récurrentes dans les propos de différents membres du gouvernement dont Libération dresse ici l’invraisemblable inventaire.