Fred Leuchter (capture d’écran du film “Mr. Death : Grandeur et décadence de Fred A. Leuchter Jr”, 1999).

L’Américain Fred Leuchter (1943 – ), obscur concepteur et constructeur de l’équipement d’exécution pour les prisons américaines (une sorte de consultant pour certains États américains qui est loin de faire l’unanimité), se fait connaître à la fin des années 1980 avec la publication d’un rapport éponyme qui visait à montrer l’impossibilité technique du fonctionnement des chambres à gaz utilisées par les nazis pour perpétrer la Shoah.

Le Rapport Leuchter constitue l’essentiel de la déposition qu’il fait à Toronto, en janvier 1988, à l’occasion du procès en appel contre Ernst Zündel.

Si cette « étude » est considérée par les négationnistes comme une « preuve » de nature à valider leur thèse, elle est totalement discréditée sur le plan scientifique.

Dans une note confidentielle (1995), le pharmacien Jean-Claude Pressac retrace l’histoire de ce rapport jusqu’à son utilisation par Robert Faurisson :

« Le déplacement, financé par Zündel, ne pouvait que conclure à l’impossibilité de gazages homicides dans les locaux examinés. Il en fut ainsi. Comme Leuchter opérait dans des conditions clandestines, sans l’aide d’un historien, il préleva des échantillons au mauvais endroit et y trouva quand même des traces de cyanures (cas du crématoire IV). Par ailleurs, il y eut manipulation frauduleuse dans les ruines de la chambre à gaz du crématoire II afin que les prélèvements soient vierge (sic) de cyanure. Leuchter […] devint le héros des révisionnistes et entreprit une seconde expertise à Dachau, Mauthausen et Harteim. Rechercher des cyanures dans les chambres à gaz de Dachau (expérimentation médicale sur les gaz de type ypérite) et de Harteim (gazage au monoxyde de carbone) est délirant. Quant à Mauthausen, la salle de lavage du crématoire, utilisée par les SS de manière homicide surtout en avril 1945, recelait encore 32 mg de cyanures par kilo de prélèvement, preuve évidente d’emploi du zyklon B. Néanmoins, Leuchter concluait qu’aucun gazage homicide n’y était possible ».

 

IL A DIT :

« Je me suis mis à fabriquer du matériel d’exécution car j’étais effaré par l’état déplorable de l’équipement utilisé dans la plupart des prisons d’État, qui transforme souvent les exécutions en séance de torture. Un jour, un État m’a demandé d’examiner ses chaises électriques. L’état du matériel m’a surpris et je leur ai suggéré des changements pour améliorer le matériel et garantir une exécution humaine ».

Source : “Mr. Death : Grandeur et décadence de Fred A. Leuchter Jr”, 1999.

 

(Dernière mise à jour le 27/12/2017)