Le mot « désinformation » vient du russe dezinformatzia. Impliquant notamment des interviews de faux experts, des documents contrefaits, et des photos et vidéos retouchées, cette arme de guerre a une longue tradition remontant à la période soviétique. Elle a commencé à être systématisée en 1923 avec la création d’une unité spéciale au sein du Guépéou, et la première opération importante était l’opération Trust (1923-1927) visant les Russes blancs en exil. L’usage de la désinformation s’est sophistiqué à la fin des années 1960 sous l’impulsion du directeur du KGB Iouri Andropov. La tentative soviétique de désinformation la plus célèbre de cette période est certainement la théorie selon laquelle JFK a été assassiné par la CIA. Cette rumeur soviétique est toujours populaire, et utilisée par le Kremlin pour se défendre de certaines accusations en les faisant passer pour des opérations sous fausse bannière (false flag). Parmi les autres fausses nouvelles fameuses de l’époque soviétique se trouvaient des histoires affirmant notamment la responsabilité américaine dans le putsch des généraux en 1961 en France, dans la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II en 1981 ou encore dans la « création » du virus du sida.

 

Source : Les Manipulations de l’information : un défi pour nos démocraties, rapport du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) du ministère des Armées, août 2018, p. 52.

 

(Dernière mise à jour : 22/08/2019)