Historien et homme politique sénégalais, Cheikh Anta Diop () est considéré comme l’un des précurseurs de l’afrocentrisme, courant qui cherche à valoriser l’apport des cultures africaines à l’histoire mondiale. Ses thèses, qui reposent sur une approche pluridisciplinaire mêlant linguistique, anthropologie, histoire ou encore sociologie, ont eu une influence majeure dans plusieurs pays d’Afrique francophone même si leurs dimensions racialiste et complotiste sont rejetées par l’essentiel de la communauté scientifique. Dans son ouvrage le plus célèbre, Nations nègres et culture : de l’Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui (1954), Cheikh Anta Diop estime que l’Egypte antique était une civilisation pleinement « nègre », vérité que les égyptologues européens auraient tenté de dissimuler au grand public depuis plus de deux siècles en raison de préjugés racistes.

Pour l’égyptologue Bénédicte Lhoyer, réagissant aux demandes de certaines associations d’interdire l’exposition « Toutânkhamon » à Paris (, « aujourd’hui, ce discours est récupéré par des gens qui expriment une espèce de violence identitaire dans le but de faire une sorte d’OPA sur l’Égypte ancienne. L’archéologie est devenue une arme pour eux » (source : Le Point, 12 avril 2019).

 

Il a dit :

« Les contemporains de la naissance de l’égyptologie moderne savaient parfaitement que l’Egypte était une civilisation nègre et négro-africaine. Ils ne manquaient pas de science, absolument pas. Mais ils ont falsifié sciemment l’histoire. »

(Source : « Kemtiyu, Cheikh Anta », documentaire d’Ousmane William Mbaye, 2016).

 

(Dernière mise à jour : 23/08/2019)