La dénonciation du CRIF et de son « pouvoir » est devenue l'un des poncifs du discours « antisioniste » hexagonal. Certains veulent y voir une sorte de vitrine institutionnelle d'un « lobby sioniste » à l'influence démesurée. Une représentation qui conforte la théorie du complot selon laquelle les Juifs – ou, dans une version euphémisée, les « sionistes » – tirent les ficelles du monde. Auteur de Le CRIF : de la Résistance juive à la tentation du lobby (éd. Robert Laffont, 2011), le sociologue Samuel Ghiles-Meilhac a accepté de répondre à nos questions.
L'argument du document miraculeusement intact est un classique du conspirationnisme sur les attentats du 11 septembre 2001. Problème : il repose sur une version déformée des faits.
L'enrôlement forcé est une technique de désinformation éprouvée chez les théoriciens du complot, prompts à interpréter la moindre citation comme un soutien à leurs thèses. La manière dont les propos de Francesco Cossiga ont été tronqués et sortis de leur contexte l'illustre à merveille…