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  <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
  <description><![CDATA[Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot]]></description>
  <link>http://www.conspiracywatch.info/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-06-19T17:17:37+02:00</dc:date>
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   <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
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   <title>Le complot illuminati enfin démonté dans une enquête made in France !</title>
   <pubDate>Tue, 27 Nov 2012 19:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Robin D'Angelo (StreetPress.com)</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lu sur le web]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Robin D'Angelo     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4963882-7411441.jpg" alt="Le complot illuminati enfin démonté dans une enquête made in France !" title="Le complot illuminati enfin démonté dans une enquête made in France !" />
     </div>
     <div>
      <b>Spécialiste des Ovni et du mythe des Géants, l’enquêteur conspirationniste Laurent Glauzy sort un petit opuscule consacré aux Illuminati. Un ouvrage qu’il compte vendre ailleurs que dans le milieu nationaliste… grâce au rappeur DMX.</b>       <br />
              <br />
       Ca y est ! Les amateurs des théories conspirationnistes ont enfin leur ouvrage-référence made in France sur les Illuminati. C’est signé <b>Laurent Glauzy</b>, aux éditions La Maison du Salat et ça s’appelle <span style="font-style:italic">Illuminati, de l’industrie Rock à Walt Disney : Les arcanes du satanisme</span> (15 euros).        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Je ne connais pas d’auteur français qui ait écrit sur les Illuminati. C’est pour ça que j’ai écrit ce livre, en France on n’a toujours rien à ce sujet ! »</span> s’enthousiasme Laurent Glauzy devant un cappuccino quand on le retrouve dans un bistro métro Saint-Michel. Un trou dans votre bibliothèque qui est dorénavant comblé par le petit livre noir (103 pages) de Laurent Glauzy, 42 ans, auteur prolixe d’enquêtes conspirationnistes qui revendique… 99 ouvrages. (...)       <br />
              <br />
       Lire <a class="link" href="http://www.streetpress.com/sujet/65189-le-complot-illuminati-enfin-demonte-dans-une-enquete-made-in-france">la suite sur StreetPress.com</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Voir aussi</span> :       <br />
       * Pierre-André Taguieff, « <a class="link" href="http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20090715.OBS4283/des-illuminati-de-type-satanique-et-des-illuminati-de-proximite.html">Des Illuminati de type satanique et des Illuminati de proximité</a> » (<span style="font-style:italic">NouvelObs.com</span>)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/4963882-7411441.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Le-complot-illuminati-enfin-demonte-dans-une-enquete-made-in-France-_a971.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-3876060</guid>
   <title>Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)</title>
   <pubDate>Thu, 01 Mar 2012 12:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Stéphane François</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Stéphane François     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876060-5824159.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Lire <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Paranoia-contre-culture-et-milieux-radicaux-1-2_a788.html">la première partie</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Une diffusion virale</b>       <br />
              <br />
       Il faut tenir aussi compte du fait que <span style="font-style:italic">« Les idées nouvelles, comme toutes les créations culturelles</span>, écrit Wiktor Stoczkowski, <span style="font-style:italic">n’émergent pas du néant ; elles se nourrissent de l’ancien, en se construisant à partir des bribes du passé soumises aux mécanismes qui, sans être déterministes, sont loin d’être chaotiques et impénétrables. À chaque moment historique, le passé offre aux hommes un vaste répertoire de matériaux à partir desquels ils peuvent échafauder leurs œuvres, en transformant, en combinant et en assemblant des éléments que la tradition laisse à leur portée »</span> (38). De ce fait, les matériaux conspirationnistes et paranoïdes vont être recyclés et radicalisés par plusieurs générations d’auteurs paranoïaques, conspirationnistes ou paranoïaques-critiques (39). Cette forme de complot est une conséquence de notre monde moderne : nous vivons dans une société <span style="font-style:italic">« qui contient à la fois trop et pas assez d’information. Nombreux sont ceux qui veulent nous persuader de la vérité de certaines allégations, ou veulent à tout le moins nous les faire partager. De telles allégations peuvent avoir une origine incertaine, mais lorsque les circonstances sont favorables, nous les intégrons dans notre système de croyance, agissons d’après elles et les intégrons dans la mémoire collective »</span> (40).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La notion de complot paranoïde est inspirée des travaux de Richard Hofstadter sur la culture anti-communiste américaine. Celui-ci a publié en 1965 une étude devenue classique sur le style paranoïde. Il distingue <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Les-conspirationnistes-sont-ils-des-paranoiaques_a521.html">deux styles</a>, qui, dans notre cas, fusionnent : dans le style paranoïde, <span style="font-style:italic">« le sens de la persécution est central et systématisé dans des théories grandioses du complot. Mais il y a une différence capitale (…) le paranoïaque clinique voit le monde hostile et comploteur (…) comme dirigé spécifiquement contre lui ; alors que le porte-parole du style paranoïde le juge dirigé contre une nation, une culture, un mode de vie dont le destin affecte non pas lui seul mais des millions d’autres »</span> (41). Dans les milieux qui nous intéressent, nous voyons une synthèse de ces deux formes.       <br />
              <br />
       <b>Exemples de complots paranoïdes</b>       <br />
       	       <br />
       Nous rencontrons dans un premier temps la convergence entre la pathologie paranoïaque et les discours à tendances conspirationnistes dans les milieux des fous littéraires, très présents dans les milieux occultistes (42). Certains de ces penseurs occultistes ou ésotériques étaient en outre proches des idées contre-révolutionnaires de Bonald, Maistre ou Barruel. Ainsi, Julius Evola, à la fois membre de l’extrême droite et figure importante de l’ésotérisme, soutenait la véracité de l’ouvrage conspirationniste <span style="font-style:italic">La Grande conspiration</span> d’Emmanuel Malynski, dont Léon de Poncins (43), penseur catholique traditionaliste et contre-révolutionnaire, cosigna une version abrégée sous le titre <span style="font-style:italic">La Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde</span> (44). Evola publia plusieurs articles sur ce sujet. Dans ceux-ci, il se penchait, outre la notion de <span style="font-style:italic">« race spirituelle »</span>, sur le thème de la <span style="font-style:italic">« guerre occulte »</span>, c’est-à-dire la guerre menée par les sociétés secrètes, notamment la franc-maçonnerie, et par les Juifs contre la tradition, et analysait l’action de ces dernières au prisme de la « contre-initiation » guénonienne. Nous retrouvons dans ces discours l’idée paranoïde, qui va se transformer certains individus en la forme pathologique de la paranoïa.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876060-5824161.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Il est intéressant de voir comment les théories du complot, très prégnantes dans les milieux occultistes, ont pu contaminer le discours ufologique. En effet, des groupes ufologiques, proches des milieux occultistes, ont été influencés par la thématique conspirationniste. En effet, nous rencontrons aussi ces formes de paranoïa dans les milieux ufologiques extrêmes, qui sont culturellement très proches des subcultures occultistes : d’un côté, ces ufologues sont persuadés de l’existence d’un complot extraterrestre visant à asservir ou à détruire la Terre et de l’autre ceux-ci sont certains d’être persécutés par le gouvernement ou par des officines gouvernementales à la solde des extraterrestres (45). Nous pouvons citer les cas de William Cooper ou de David Icke. L’exemple le plus connu en France fut l’écrivain de science-fiction Jimmy Guieu.       <br />
              <br />
       À l’extrême droite, les deux formes de paranoïa sont très prégnantes et font partie de la culture de ces milieux (46). Ainsi, un Jacques Ploncard d’Assac a pu écrire que <span style="font-style:italic">« Rien n’arrive jamais qui n’ait été préparé au grand jour ou dans l’ombre »</span> (47). Son texte sera repris d’ailleurs par des groupes catholiques intégristes, notamment le groupe de Chiré-en-Montreuil. Ces catholiques reprendront aussi les thèses de William Guy Carr, qu’ils traduiront. Au-delà des catholiques intégristes, ces formes de paranoïa sont aussi présentes dans les milieux négationnistes. En effet, ceux-ci, par exemple Alain Guionnet, expliquent leurs malheurs par l’existence d’un complot juif visant à les faire taire. Cependant, l’aspect pathologique n’est pas à négliger, notamment dans le cas Guionnet. De fait, certains à l’extrême droite, tel Philippe Baillet sous le pseudonyme de Xavier Rihoit, considèrent la théorie du complot comme une forme droite de la paranoïa (48). Elle est d’ailleurs très présente dans les milieux traditionalistes, en particulier chez les sédévacantistes.       <br />
              <br />
       Toutefois, si ce type de discours est très fréquent à l’extrême droite, il ne faut pas oublier que les thèses conspirationnistes paranoïaques sont aussi présentes à l’extrême gauche. Ainsi, selon Massimo Introvigne, <span style="font-style:italic">« Une conjuration mondiale des forces réactionnaires barrant la route du progrès, mieux : du communisme, est une antienne de la littérature soviétique. En Italie, elle a été démarquée dans des publications qui incriminent l’existence d’un complot, ourdi de vieille date, entre la maçonnerie, la mafia, les services secrets yankees et l’Église catholique, aux fins d’entraver la “marche du progrès” et plus spécialement, une prise de pouvoir du Parti communiste local »</span> (49). Au-delà de cette utilisation idéologique du complot, la paranoïa est aussi présente dans sa forme pathologique dans ces milieux. C’est le cas, par exemple, du militant antifasciste Didier Daeninckx, adepte de la <span style="font-style:italic">« cryptologie »</span> (50), très proche de la paranoïa critique. Guy Dardel montre cet aspect méconnu de l’auteur dans un essai intitulé <span style="font-style:italic">Le Martyre imaginaire</span> (51). Selon Dardel, Daeninckx voit des négationnistes pédophiles dans tous ceux qui le contestent ou le critiquent.       <br />
              <br />
       Nous pouvons nous demander si la paranoïa de l’extrême gauche (52), tel celui de Mae Brussel, n’est pas une construction en miroir, en réaction au conspirationnisme d’extrême droite : un conspirationnisme n’existant qu’en rejet de celui formulé par l’extrême droite. Ainsi, une revue américaine, <span style="font-style:italic">Conspiracy Digest</span> (53), se consacre à <span style="font-style:italic">« l’identification de la nature de la conspiration de la classe dirigeante »</span>. Une anecdote rapportée par Raoul Girardet va dans ce sens : en 1904, à la Chambre des députés, <span style="font-style:italic">« devant les attaques furieuses de la droite, dénonçant l’influence occulte de la maçonnerie, les accusés répondent, à peu près dans les mêmes termes, en évoquant la nécessité de combattre à armes égales les manœuvres souterraines, les pratiques de délation et d’espionnage des congrégations et des sociétés pieuses »</span> (54).        <br />
              <br />
       <b>Interprétations</b>       <br />
              <br />
       La paranoïa peut être vue, cliniquement parlant, comme le symptôme d’un mal-être. Ainsi, l’interprétation conspirationniste du monde montre l’inadaptation et l’incompréhension de celui qui le formule au monde qui l’entoure. Nous pouvons penser que le contexte actuel a joué un rôle dans cet essor. Les thèses apocalyptiques/eschatologiques/pessimistes se développent toujours dans des périodes de crise : à la fin de l’Empire romain, dans le contexte de la Guerre de Cent ans, dans celui de la Révolution française, etc. Cette angoisse, liée au contexte économique, est renforcée par le sentiment que le monde coure à sa perte. De fait, l’utilité de la théorie du complot est de répondre à une demande… Nous vivons actuellement dans la peur de l’avenir, dans une futurophobie, largement entretenue par l’omniprésence des discours écologistes millénaristes : la futurologie pessimiste des écologistes a beaucoup d’analogie avec une conception millénariste du monde, le péril technologique et sociétal du modèle occidental de développement jouant le rôle de l’Apocalypse… Pour s’en convaincre, il suffit de lire la presse évoluant aux marges de l’écologie et du new age, comme <span style="font-style:italic">Nexus</span> : nous trouvons dans les thèmes récurrents une forte occurrence d’articles condamnant les « élites mondialisées » ouvertement conspirationnistes, d’autres aux thématiques ésotériques/spirituelles, d’autres enfin de contenu écologique ; le tout baignant dans une vision pessimiste du monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876060-5824432.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Le conspirationnisme joue un rôle important dans la culture populaire américaine : elle est présente dans la littérature, dans le cinéma, dans les médias, etc. (55) Nous pouvons même nous demander si cette prégnance n’a pas créé un terreau favorable à son développement. Ainsi, elle est présente chez un auteur comme Philipp Lovecraft, dans sa version sombre. En effet, Lovecraft explore toutes les déclinaisons de la paranoïa xénophobe : peur de l’Autre (élevée à un niveau cosmique), de l’origine « trouble » (avec l’océan comme symbole), du mélange des sangs, etc. Si dans ce pays, <span style="font-style:italic">« cette vision complotiste est structurée par le modèle du “Gouvernement invisible” (Invisible Government) ou celui du “Gouvernement mondial” (entité à la fois existante et potentielle, en tant que menace), thème d’un grand nombre de pamphlets »</span> (56), elle est aussi est aussi utilisée par l’extrême gauche <span style="font-style:italic">« dans les années 1990 et 2000, autour de la thèse du “complot américano-sioniste” »</span> (57).       <br />
              <br />
       Comme l’écrit Paul Zawadzki, le complot plonge ses racines dans l’imaginaire politique du pouvoir, <span style="font-style:italic">« car c’est bel et bien dans les sociétés dans lesquelles les hommes se pensent comme faisant l’histoire, là où ils se donnent un pouvoir sur eux-mêmes, qu’il peut devenir une catégorie explicative spécifiquement politique »</span> (58). En effet, <span style="font-style:italic">« La théorie du complot, en simplifiant l’espace politique, permet l’économie d’un examen attentif des réalités »</span> (59). En outre, la théorie du complot est une vision paranoïaque de l’Histoire et de la société : <span style="font-style:italic">« Il s’agit de ces théories qui interprètent des pans entiers de l’Histoire (et singulièrement de l’histoire contemporaine), voire la totalité de l’histoire humaine, comme le résultat de l’intervention de “forces obscures”, agissant de façon souterraine, pour parvenir à des fins inavouables. La conspiration revêt en général une forme hiérarchique, pyramidale, séparant les manipulés inconscients, les complices actifs et les manipulateurs eux-mêmes. Elle s’emploie à “dominer le monde”, c’est-à-dire à contrôler la vie politique, l’activité économique et le tissu social. Elle dispose pour ce faire de relais privilégiés. Elle emploie tous les moyens, y compris les plus méprisables et les plus odieux, pour substituer aux pouvoirs établis, visibles, l’autorité d’un pouvoir supérieur, occulte, dénué de toute légitimité »</span> (60). Ces forces obscures sont représentées comme un <span style="font-style:italic">« complot des puissants »</span>, un <span style="font-style:italic">« gouvernement mondial invisible »</span>, etc. Paradoxalement, plus une société est transparente, comme dans le cas des démocraties libérales, plus elle stimule les spéculations des conspirationnistes, en particulier au travers d’une diffusion accrue des informations. Les États-Unis en sont un parfait exemple.       <br />
              <br />
       <b>Une paranoïa normative</b>       <br />
              <br />
       De fait, la paranoïa peut avoir une fonction normative : comme l’écrivait Nietzsche, <span style="font-style:italic">« ce n’est pas l’incertitude qui rend fou, c’est la certitude »</span>. Comme l’écrit Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">« Pour celui qui croit à un complot, contester l’existence du complot, c’est prouver qu’on fait partie du complot. De la même manière, nier l’existence d’une société secrète, c’est se trahir, en fournissant la preuve qu’on est lié d’une quelconque manière à ce groupe occulte. (…) Le pressentiment du complot fait peur, la reconnaissance du complot alimente l’inquiétude, mais en même temps la croyance que tout a été prévu, que la marche vers le futur obéit à un plan caché, voilà qui rassure »</span> (61). En outre, nos sociétés saturées d’informations sont anxiogènes : tous les marqueurs sociétaux et économiques sont dans le rouge. On nous promet la fin de la civilisation occidentale, l’apocalypse écologique, voire la <span style="font-style:italic">« convergence des catastrophes »</span> pour reprendre le titre d’un ouvrage survivaliste et apocalyptique écrit par le militant d’extrême droite et « archéofuturiste » Guillaume Faye (sous le pseudonyme de Guillaume Corvus) (62). Nous vivons dans une période d’incertitude et les conspirationnistes-paranoïaques cherchent à contrôler, à reprendre le contrôle, de leur vie. Ce besoin de certitude peut transformer la paranoïa en une forme de cosmologie permettant la compréhension du monde. En ce sens, le conspirationnisme donne du sens à l’existence, c’est-à-dire qu’il donne de la cohérence à l’existence, malgré le fait qu’Eric Eliason voit dans les théories du complot, à tendance paranoïde, une <span style="font-style:italic">« sous-culture de dissension intellectuelle »</span> (63). En effet, le complot, chez le conspirationniste, est d’autant plus terrifiant, qu’il est secret et/ou dirigé par des puissances de l’ombre, souvent anormales, mythifiées : francs-maçons, extraterrestres, illuminati, etc. Selon Émile Poulat <span style="font-style:italic">« la réalité nous terrorise »</span> (64). Il parle d’ailleurs à ce sujet d’<span style="font-style:italic">« histoire de la peur »</span>. En effet, la première fonction du conspirationnisme est d’<span style="font-style:italic">« injecter du “sens”, de la cohérence et de la causalité, là où, précisément, ceux-ci sont vacants, du moins à première vue »</span> (65). <span style="font-style:italic">« Mais par un paradoxe constitutif</span>, complète Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">la croyance au complot approfondit l’incertitude, accroît le désarroi et intensifie l’anxiété, en laissant entendre que tout complot visible cache un complot invisible, échappant à la connaissance ordinaire »</span> (66). De fait, Karl Popper a montré que tous les phénomènes sociaux indésirables (chômage, pauvreté, guerre, etc.) sont souvent perçus comme <span style="font-style:italic">« l’effet direct d’un plan ourdi par certains individus ou groupements humains »</span> (67).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876060-5824435.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Cette <span style="font-style:italic">« histoire de la peur »</span> permet une projection des délires paranoïaques dans les discours conspirationnistes. Les psychanalyses entendent par « projection », l’<span style="font-style:italic">« opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l’autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des “objets”, qu’il méconnait ou refuse en lui. Il s’agit là d’une défense très archaïque et qu’on retrouve à l’œuvre particulièrement dans la paranoïa mais aussi dans des modes de pensée “normaux” comme la superstition »</span> (68). Selon Marc Angenot : <span style="font-style:italic">« Puisque “tout le monde” est contre nous, que personne ne nous comprend, que les fauteurs de nos mécomptes et de nos échecs sont nombreux et divers, puisque les valeurs établies nous font invariablement ombrage et qu’elles ne dominent pourtant, selon nous, que par imposture, il faut qu’une vaste organisation occulte soit derrière ces usurpations et ces avanies toujours recommencées »</span> (69). Raoul Girardet ne dit pas autre chose lorsqu’il parle du mythe politique du complot : <span style="font-style:italic">« L’ordre que l’Autre est accusé de vouloir instaurer ne peut-il être considéré comme l’équivalent antithétique de celui qu’on désire soi-même mettre en place. Le pouvoir que l’on prête à l’ennemi n’est-il pas de même nature que celui qu’on rêve de posséder ? »</span> (70) Quelque part donc, ces personnes, si nous suivons l’analyse de Raoul Girardet, désirent le retour, ou le maintien, de ce que Karl Popper appelait en 1945 une <span style="font-style:italic">« société fermée »</span> (71), d’où est évacué l’« Autre ».       <br />
              <br />
       La paranoïa rencontre donc dans les milieux radicaux, très perméables au conspirationnisme, un terrain fertile qui masque, dans un premier temps du moins, les tendances pathologiques de certains auteurs. De fait, l’un des mécanismes paranoïaques consiste à rationaliser les projections de ceux qui les émettent sur le mode de la causalité, comme le montre l’affect de haine étudié par Sigmund Freud dans sa fameuse analyse du Président Schreber : <span style="font-style:italic">« il me hait, il me persécute, donc je peux le haïr »</span> (72). Cette causalité est particulièrement à l’œuvre dans les milieux radicaux. « Il », dans ces discours, peut être au choix : l’Autre, le Juif, le fasciste, l’antifasciste, le démocrate, l’extraterrestre, le franc-maçon, l’Illuminati, etc. S’il est très visible dans certains milieux, ce discours paranoïaque peut faire illusion dans les milieux de la gauche radicale, celle-ci étant coutumière des procès d’intention, qui peuvent se transformer en une forme de paranoïa. En effet, ces milieux, adeptes d’une <span style="font-style:italic">« conception policière de l’histoire »</span> pour reprendre une expression de Manès Sperber (73), cherchent à décoder, au travers d’une forme d’herméneutique idéologique, les signes, les idées cachées, les tentatives d’euphémisation des discours qu’ils analysent, en particulier ceux de l’extrême droite.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (38) Wiktor Stoczkowski, <span style="font-style:italic">Des Hommes, des dieux et des extraterrestres</span>, Paris, Flammarion, 1999, p. 88.       <br />
       (39) Emmanuel Kreis, <span style="font-style:italic">Les Puissances de l’ombre. Juifs, jésuites, francs-maçons, réactionnaires… La théorie du complot dans les textes</span>, Paris, CNRS Éditions, 2009.       <br />
       (40) Gary A. Fine, « Rumeur, confiance et société civile. Mémoire collective et cultures de jugement », <span style="font-style:italic">Diogène</span>, n° 213, 2006, p. 3.       <br />
       (41) Richard Hofstadter, <span style="font-style:italic">The Paranoid Style in American Politics and Other Essays</span>, New York, Knopf, 1965, pp. 3-4.       <br />
       (42) Bernardo Schiavetta, « Conspirationnisme et délire. Le thème du complot chez les fous littéraires en France au XIXe siècle », <span style="font-style:italic">Politica Hermetica</span>, n° 6, 1992, pp. 57-66.       <br />
       (43) Léon de Poncins est aussi l’auteur d’un ouvrage intitulé <span style="font-style:italic">Les Forces secrètes de la Révolution, Franc-Maçonnerie et Judaïsme</span>, Paris, Bossard, 1928.       <br />
       (44) Emmanuel Malynski &amp; Léon de Poncins, <span style="font-style:italic">La Guerre occulte. Juifs et Francs-Maçons à la conquête du monde</span>. Paris, Gabriel Beauchesne, 1936.       <br />
       (45) Cf. Stéphane François &amp; Emmanuel Kreis, <span style="font-style:italic">Le Complot cosmique</span>, op. cit.       <br />
       (46) Emmanuel Kreis, <span style="font-style:italic">Les Puissances de l’ombre</span>, op. cit.       <br />
       (47) Jacques Ploncard d’Assac, « Quand les tricheurs et les traîtres manipulent l’histoire », <span style="font-style:italic">Cahiers de Chiré</span>, n° 3, 1988, p. 220.       <br />
       (48) Xavier Rihoit, « La théorie du complot, une forme de droite de la paranoïa », <span style="font-style:italic">Le Choc du mois</span>, n° 31, 1990, p. 27.       <br />
       (49) Massimo Introvigne, <span style="font-style:italic">Les Illuminés et le Prieuré de Sion. La réalité derrière les complots du Da Vinci Code et de Anges et Démons de Dan Brown</span>, Vevey, Xenia, 2006, p. 22. Voir aussi l’article de Jonathan Preda, « <a class="link" href="http://tempspresents.wordpress.com/2011/03/03/jonathan-preda-complot-fasciste-intellectuels-communistes/">Le mythe du complot fasciste chez les intellectuels communistes (1945-1950)</a> », <span style="font-style:italic">Fragments sur le temps présent</span>, 3 mars 2011.       <br />
       (50) Ce terme renvoie chez Daeninckx à une analyse <span style="font-style:italic">« consistant systématiquement à ne comprendre la signification des événements manifestes que sous l’angle d’apparences trompeuses, dont le sens et les causes véritables sont cachés, produits de la manipulation et d’agissements secrets »</span>.       <br />
       (51) Guy Dardel, <span style="font-style:italic">Le Martyre imaginaire</span>, Paris, No Pasaran, 2005.       <br />
       (52) Antoine Vitkine, <span style="font-style:italic">Les Nouveaux imposteurs</span>, Paris, Éditions de la Martinière, 2005.       <br />
       (53) http://www.conspiracydigest.com/.       <br />
       (54) Raoul Girardet, <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Extraits-Raoul-Girardet-Mythes-et-mythologies-politiques_a75.html">Mythes et mythologies politiques</a>, Paris, Seuil, 1986, p. 59.       <br />
       (55) Cf., Mark Fenster, <span style="font-style:italic">Conspiracy Theories. Secrecy and Power in American Culture</span>, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1999 ; Philip Knight (ed.), <span style="font-style:italic">Conspiracy Nation</span>, op. cit.       <br />
       (56) Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">La Foire aux illuminés</span>, op. cit., 94.       <br />
       (57) Ibid., p. 94.       <br />
       (58) Paul Zawadzki, « Historiciser l’imaginaire du complot. Note sur un problème d’interprétation », art. cit., p. 51.       <br />
       (59) Ariane Chebel d’Appollonia, <span style="font-style:italic">L’Extrême droite en France. De Maurras à Le Pen</span>, Bruxelles, Complexe, 1996, p. 72.       <br />
       (60) Alain de Benoist, « Psychologie de la théorie du complot », <span style="font-style:italic">Politica Hermetica</span>, n° 6, 1992, p. 13.       <br />
       (61) Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">L’Imaginaire du complot mondial</span>, op. cit., p. 45.       <br />
       (62) Guillaume Corvus, <span style="font-style:italic">La convergence des catastrophes</span>, Paris, DIE, 2004.       <br />
       (63) Eric Eliason, « Conspiracy Theories », in J. Harold Brunvand (ed.), <span style="font-style:italic">American Folklore. An encyclopedia</span>, London &amp; New York: Garland Publishing, 1996, pp. 157-158.       <br />
       (64) Émile Poulat, « L’esprit du complot », <span style="font-style:italic">Politica Hermetica</span>, n° 6, 1992, p. 7.       <br />
       (65) Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas, « Modernité et “théories du complot” : un défi épistémologique », art. cit., p. 15.       <br />
       (66) Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">L’Imaginaire du complot mondial</span>, op. cit., p. 48.       <br />
       (67) Karl Popper, <span style="font-style:italic">Conjectures et réfutations. La croissance du savoir scientifique</span>, Paris, Payot, 1985, p. 497.       <br />
       (68) Jean Laplanche &amp; Jean-Bertrand Pontalis, <span style="font-style:italic">Vocabulaire de la psychanalyse</span>, Paris, Presses Universitaires de France, 1968, p. 344.       <br />
       (69) Marc Angenot, <span style="font-style:italic">Les Idéologies du ressentiment</span>, Montréal, XYZ, 1997, pp. 166-167.       <br />
       (70) Raoul Girardet, <span style="font-style:italic">Mythes et mythologies politiques</span>, op. cit., p. 61.       <br />
       (71) Cf. Karl Popper, <span style="font-style:italic">La Société ouverte et ses ennemis</span>, Paris, Seuil 1979.       <br />
       (72) Sigmund Freud, <span style="font-style:italic">Cinq Psychanalyses</span>, Paris, Presses Universitaires de France, 1967, p. 308.       <br />
       (73) Manès Sperber, <span style="font-style:italic">Le Talon d’Achille</span>, Paris, Calmann-Lévy, 1957, pp. 75-103.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <title>Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (1/2)</title>
   <pubDate>Thu, 23 Feb 2012 19:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Stéphane François</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Stéphane François     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876056-5824149.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (1/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (1/2)" />
     </div>
     <div>
      La théorie du complot est devenue une constante importante des milieux radicaux, tant de gauche que de droite, depuis le début des années 2000. Nous utilisons le mot « radical » car les discours conspirationnistes ou complotistes, les deux néologismes étant acceptés, ne sont pas le propre de milieux extrémistes de droite : tous font de l’« Autre », émanation de l’altérité, une figure, une représentation, de l’« ennemi » (1). Un ennemi omniprésent dans ce chapitre. Du fait de cette représentation particulière, nous élargirons ici notre démarche. En effet, nous verrons que cette vision du monde est commune à des milieux radicaux forts éloignés politiquement, dont l’un des points communs est une forme de paranoïa (2). Celle-ci est contagieuse et créatrice de porosités doctrinales : si les milieux conspirationnistes d’extrême gauche et ceux d’extrême droite sont éloignés et s’opposent, il n’en existe pas moins des lieux de convergence situés dans les sphères de la contre-culture. Toutefois, nous devons garder à l’esprit que ces sous-ensembles, s’ils peuvent communiquer, restent quand même des ensembles distincts ayant des différences, voire des divergences, textuelles et génériques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les discours qui nous intéressent s’inscrivent globalement dans une conception paranoïaque-critique du monde, ainsi que dans une forme de pensée mythique, bricolée (3), ayant des liens vers une interprétation paranoïaque-clinique. Une conception qui est fort à la mode actuellement (4), dans notre époque à la fois saturée d’information et sujette à une <span style="font-style:italic">« crise de sens »</span> (5), au point que le sociologue George Marcus parle à ce sujet de <span style="font-style:italic">« mode de pensée sociale »</span> (6). En effet, comme l’a montré la sociologue <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/nathalie+heinich/">Nathalie Heinich</a>, elle est parfois présente dans le milieu de la sociologie universitaire (7). Cette vision du monde, née d’une crise de repère et d’une hyper-rationalisation, voire d’un hyper-criticisme, est banalisée, comme nous le verrons ultérieurement, par une culture populaire de type « paranoïde », qui s’est largement développée grâce à la révolution Internet. Ce médium va être en effet un outil indispensable au développement de ce type de discours, de cet imaginaire (8) : les publications à connotation paranoïaque/conspirationniste étaient jusqu’à présent confidentielles, très peu lues. Internet, en dématérialisant les supports, a permis une diffusion accrue de ces thèses, au travers notamment de la démultiplication de ces sites : une personne peut animer plusieurs sites, voire monopoliser plusieurs forums sous différents avatars, comme cela est souvent le cas dans les milieux extrémistes.       <br />
              <br />
       <b>Le succès de la théorie du complot</b>       <br />
              <br />
       La thématique du complot est récurrente dans l’histoire des idées : on la retrouve à la fin du XIXe siècle, dans les années trente, dans les années soixante à la suite du <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Matin_des_Magiciens">Matin des magiciens</a> et de <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_(revue)">Planète</a>... Comme un serpent de mer, elle réapparaît régulièrement. Mais il vrai que depuis le début des années deux milles, cette thématique explose, alors qu’elle avait disparu entre les années quatre-vingts et le milieu des années quatre-vingt-dix. Elle va resurgir notamment dans les milieux ufologiques et New age, en particulier à la suite du succès au début des années deux mille du <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Qu-est-ce-que-le-Livre-jaune-n-5_a528.html">Livre Jaune n° 5</a> de Jan Van Helsing (9), un best seller de la littérature conspirationniste.       <br />
              <br />
       Ces thèmes conspirationnistes connaissent donc un succès croissant sur Internet. La « vérité est ailleurs » selon le slogan d’une série télévisée. En effet, la théorie du complot, dans un sens paranoïaque-critique, a été très largement vulgarisée par la série télévisée à succès <span style="font-style:italic">X-Files</span> (10). Cette dernière, une série télévisée à très grand succès, et multi-récompensée, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, a très largement vulgarisée la théorie du complot. En effet, elle fut la première série télévisée à faire de la thématique paranoïaque conspirationniste sa base scénaristique, permettant au téléspectateur de se poser la question : <span style="font-style:italic">« Et s’il n’avait pas tort ? »</span> (11). Dans celle-ci donc, le personnage principal, Fox Mulder, un agent du FBI, enquête sur l’implication du gouvernement fédéral américain, de l’ONU, de l’UNESCO et d’une organisation dont on ne connaîtra jamais le nom, dans la colonisation de la Terre par des extraterrestres. Ce thème, d’abord marginal et dilué au grès d’épisodes traitant du paranormal, devient au fil des neuf saisons récurrent puis central. Il sera d’ailleurs au cœur du premier film tiré de cette série. Néanmoins, Cette thématique est aussi présente dans la paralittérature de science-fiction, en particulier chez Phillip K. Dick (12). Ce genre est très lu dans certains milieux radicaux comme les conspirationnistes, la nébuleuse New Age ou l’extrême gauche. De fait, cette nouvelle phase conspirationniste est intéressante par son aspect polymorphe et polyculturel : on le retrouve dans les milieux ufologiques, New Age, dans les milieux extrémiste de droite, chez les fous de Dieu, mais aussi dans la scène rap (<a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/rockin%E2%80%99+squat/">Rockin’Squat</a> et Keny Arkana pour ne citer que des exemples français) et à l’extrême gauche. Le conspirationnisme s’est démocratisé, s’est diffusé et surtout dilué dans les différents segments de la société…       <br />
              <br />
       <iframe frameborder="0" width="420" height="339" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x511rk"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/x511rk_keny-arkana-ordre-mondial-audio-pho_music" target="_blank">KENY ARKANA &quot;ORDRE MONDIAL&quot; - Audio + photos</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/babylonik" target="_blank">babylonik</a></i>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’hypercriticisme domine cette nouvelle phase : les partisans de l’interprétation paranoïaque-clinique du monde tendent à voir des manifestations du « complot » partout (13). Ainsi, la présence, ou l’absence de preuve, peut être un signe, un indice : <span style="font-style:italic">« En conséquence, n’importe quel fait (ou absence de fait) peut subir une importation au sein de l’explication conspirationniste, et donc servir à en confirmer la validité. L’indice justifie l’explication autant que celle-ci est justifiée par lui »</span> (14). Il faut garder à l’esprit qu’en paralittérature <span style="font-style:italic">« tout signifie, au service d’une norme que jamais le texte ne remet durablement en question, et cela de façon inlassablement répétitive »</span> (15).       <br />
              <br />
       La principale difficulté de ce type de recherches est de définir des frontières entre :       <br />
       1/ des paranoïaques qui élaborent des théories du complot ou des théoriciens qui sombrent dans la paranoïa ;       <br />
       2/ l’amateur de théories conspirationnistes et celui qui y croit réellement ;       <br />
       3/ différentes formes de paranoïa : le délire paranoïaque pur, c’est-à-dire la folie, et le discours de type croyance permettant la compréhension d’un monde incompris.       <br />
       De plus, il existe des possibilités interactionnistes, en particulier lors de théorie du complot, quand la réalité entretient la paranoïa. C’est le cas, par exemple, du 11 septembre… En outre, de ce fait, des délires apparus chez certains auteurs qui souffrent réellement de paranoïa peuvent se diffuser, par un phénomène de contagion (16) dans des milieux éloignés mais perméables à ce genre de théories, comme les milieux d’amateurs d’« histoire secrète » ou d’OVNIS. En effet, le paranoïaque est très perméable à la théorie du complot. En outre, il faut tenir compte de la volonté de dissimulation de la part des auteurs étudiés. Comme l’écrit Wiktor Stoczkowski : <span style="font-style:italic">« En esquissant les règles méthodologiques de la lecture entre les lignes, Leo Strauss (17) observa que les énoncés occultés ne sont pas nécessairement implicites et qu’ils se manifestent fréquemment au travers d’équivoques, d’ironies, de contradictions délibérément entretenues, d’allusions sibyllines, de définitions excessivement alambiquées, de remarques précises dissimulées parmi d’insignifiantes notes de bas de page ou au milieux de longues et ennuyeuses descriptions qui n’éveillent guère l’attention d’un lecteur pressé. Si l’on cherche à les déceler, on ne peut faire l’économie d’une analyse minutieuse, pour chaque auteur, de la totalité de ses énoncés explicites et de l’ensemble de leur configuration »</span> (18).       <br />
              <br />
       Enfin, il faut garder à l’esprit que <span style="font-style:italic">« Les visions conspirationnistes sont indissociables d’une rhétorique de la dénonciation dont le premier caractère observable est un “style paranoïde”, comme si l’obsession du complot allait de pair avec un délire d’interprétation, susceptible d’être lui-même le symptôme d’une structure psychique paranoïaque. Le paranoïaque élimine l’incertitude, systématise la méfiance et généralise le soupçon, pour se construire une vision cohérente, du moins à ses yeux, de ce qui se passe dans son monde ou dans le monde »</span> (19). Enfin, le conspirationnisme est aussi très ambivalent, entre archaïsme et modernité, entre inquiétude et rassurance, entre hypercriticisme et crédulité, entre scientificité et marginalité.       <br />
              <br />
       <b>Définitions</b>       <br />
              <br />
       Le radicalisme politique, de gauche comme de droite, peut être défini comme le refus des règles de la démocratie parlementaire, dont le jeu des partis. Les <span style="font-style:italic">« milieux radicaux »</span> comprennent les extrémismes politiques ainsi que les subcultures. Celles-ci sont des expressions de l’underground. Ce dernier se manifeste aussi par une radicalité politique (engagement ou désengagement radical) et/ou artistique associé à un très bon niveau culturel (autodidacte ou non) et à une volonté de subvertir (20). Selon Frédéric Monneyron et Martine Xibernas, le terme <span style="font-style:italic">« underground »</span> comprend aussi l’idée d’interdit, de non autorisé (21). Ces groupes radicaux refusent fréquemment la pensée dominante. Ainsi, selon Jean-Bruno Renard, i[« Pour les groupes minoritaires, la pensée dominante s’impose non par sa force argumentative ou son efficacité empirique, puisqu’elle est perçue comme fausse, mais par l’action d’organisations secrètes qui nous cachent la vérité et nous “désinforment” au travers de l’éducation et des médias […] C’est la même idéologie conspirationniste et la même vision manichéenne du monde, distinguant manipulateurs et manipulés, qui font que les partisans d’idées hétérodoxes se rapprochent : croyants aux extraterrestres et antisémites, négateurs de l’extermination des juifs et négateurs du débarquement sur la Lune, etc. »]i (22)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La paranoïa peut être définie de la façon suivante : la paranoïa est un trouble psychiatrique, une psychose qui se caractérise par un délire partiel de persécution extrêmement cohérent, qui n’empêche pas l’intégrité du jugement. En ce sens, la paranoïa est une construction intellectuelle. Il s’agit d’un délire d’interprétation, souvent accompagné de réactions d’agressivité, de méfiance et de susceptibilité. En ce sens, la paranoïa est une forme de système fermé : le paranoïaque est une personne qui s’est enfermée sur lui-même et dans son propre système… Comme il considère les autres comme des ennemis potentiels, le rapport à l’autre se fait dans le conflit. Enfin, le paranoïaque cherche toujours à prouver ses affirmations, mais ses arguments sont sans pertinence par rapport à son discours : il voit des preuves là où il n’y en a pas.       <br />
              <br />
       <b>Le complot paranoïde</b>       <br />
              <br />
       Le complot paranoïde est une création moderne, datant de la fin du XVIIIe siècle. En effet, si l’Histoire regorge de complots avérés, ce n’est que depuis les thèses de l’<a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/barruel/">Abbé Barruel</a> que sont apparus des complots, fantasmés, qui relèvent avant tout de la croyance (23). Des discours « proto-conspirationnistes » sont présents chez les puritains dès le début du XVIIe siècle : il est alors fréquent de voir des références à un complot du Démon pour pervertir les croyants. Cette forme de peur du Démon n’a pas pour autant disparu. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir du phénomène de « La grande chasse aux satanistes » des années quatre-vingt-dix, analysée en 1994 par l’universitaire catholique conservateur Massimo Introvigne (24). L’antimaçonnisme y prend aussi racine très tôt, comme l’a montré Roger Dachez (25).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3876056-5824154.jpg" alt="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (1/2)" title="Paranoïa, contre-culture et milieux radicaux (1/2)" />
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     <div>
      Le conspirationnisme joue un rôle important dans la culture populaire américaine de l’après-seconde guerre mondiale (26), voire plus largement Nord-américaine avec les publications du Canadien <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Guy_Carr">William Guy Carr</a>, tel <span style="font-style:italic">Pawns in the Game</span>, paru 1958 (27). Toutefois, des prémisses sont présentes dans la culture américaine dès le XIXe siècle avec un conspirationnisme anticatholique, et plus récemment, après la Seconde guerre mondiale avec l’anticommunisme, en particulier d’un McCarthy (28). Dans ce dernier cas, <span style="font-style:italic">« l’ennemi communiste était perçu comme omnipotent et ubiquiste, présent partout mais partout dissimulé, donc toujours à débusquer et à démasquer »</span> (29). Dans le cas du conspirationnisme américain, le complot est souvent déduit de supposées <span style="font-style:italic">« persécutions »</span> dont sont victimes les <span style="font-style:italic">« petits blancs »</span>. En outre, dans le cas anglo-saxon, il faut prendre en compte l’importance de la peur du Diable chez les Puritains (30). Cette peur du Malin s’est laïcisée et s’est portée sur les catholiques, les communistes ou extraterrestres, tous représentations de l’<span style="font-style:italic">« ennemi public »</span>, pour reprendre l’expression de Sophie Houdard (31). Pour celle-ci, <span style="font-style:italic">« c’est l’ennemi, l’autre, celui que l’on soupçonne de détruire l’unité »</span>, de détruire l’État (32).        <br />
              <br />
       Concernant plus précisément le cas des extraterrestes, ceux-ci renvoient au « Mal », surtout dans l’Amérique des années cinquante. Dans les films et la littérature populaire américains de cette époque, les extraterrestres étaient souvent des allégories du <span style="font-style:italic">« péril communiste »</span>. Les extraterrestres chez <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/david+icke/">Icke</a>, Lear, <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Milton_Cooper">Cooper</a>, etc. sont perçus comme des démons. Ainsi, chez Icke, ce sont des <span style="font-style:italic">« Reptiliens »</span>, chez Lear ou Cooper, des « Petits Gris » ou Short Greys. Ils le sont d’autant plus démoniaques que leurs repères, à l’instar du diable, se trouvent sous terre. Enfin, certains partisans paranoïaques de l’existence affirment même que les Short Greys se nourrissent de sang, d’hormones et d’enzymes humains, tels des vampires. Il existe donc un parallèle assez marqué nous permettant de considérer, dans ce type de discours, les extraterrestres comme un mythe actualisé des démons… Toutefois, moins les hommes croient au Diable et plus ils ont tendance à le voir partout… Une attitude qui permet l’essor du complot paranoïde dans les sociétés contemporaines. Cette attitude permet l’essor du complot paranoïde dans les sociétés contemporaines. Cependant, c’est la Révolution française qui va favoriser son développement : <span style="font-style:italic">« L’idée du complot accompagne l’idéologie et la pratique révolutionnaires »</span> (33). En effet, selon François Furet, <span style="font-style:italic">« c’est véritablement une notion centrale et polymorphe, par rapport à laquelle s’organise et se pense l’action : c’est elle qui dynamise l’ensemble de convictions et de croyances caractéristiques des hommes de cette époques, et c’est elle qui permet tout à coup l’interprétation-justification de ce qui s’est passé »</span> (34).       <br />
              <br />
       Depuis la parution des travaux des chercheurs Anglo-Saxons (35), les origines du conspirationnisme sont assez bien connues : elles peuvent être datées de la Révolution française. Auparavant, il existait bien des complots mais ceux-ci restaient enfermés dans une conception religieuse du monde : derrière le complot, il y avait l’Antéchrist, le Diable (dès le XVIe siècle) (36)… Après la Révolution, la nature du conspirationnisme pré-révolutionnaire se trouve remis en cause : la société, laïcisée, rationalisée, ne croit plus au Diable et vit dans l’incertitude. On rencontre très rapidement la convergence entre la pathologie paranoïaque et les discours à tendances conspirationnistes, en particulier dans les milieux des fous littéraires, très présents dans les milieux occultistes. De là, la théorie du complot va se diffuser très rapidement, d’autant plus que ces milieux étaient parfois proches des idées contre-révolutionnaires de Bonald, Maistre ou Barruel. Les milieux occultistes, à l’instar des milieux d’extrême droite, sont largement perméables aux théories du complot. Il était en effet courant dans la littérature occultiste de la fin du XIXe siècle de soutenir l’idée selon laquelle des « Supérieurs Inconnus » dirigeaient discrètement les destins de l’humanité (37)…       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (1) Sur l’« Autre » en tant qu’« ennemi absolu », cf. le dossier « L’ennemi » du n° 5 de<span style="font-style:italic"> Raisons politiques. Études de pensée politique</span>, février 2002, en particulier l’« Éditorial » de Sandrine Lefranc &amp; Marc Sadoun, pp. 3-7.       <br />
       (2) Parmi les autres points communs, nous trouvons un refus du « système », un hypercriticisme (présent dans le négationnisme), ainsi qu’un antisionisme/antisémitisme.       <br />
       (3) Cf. Claude Lévi-Strauss, <span style="font-style:italic">La Pensée sauvage</span>, op. cit.       <br />
       (4) Véronique Campion-Vincent, <span style="font-style:italic">La Société parano. Théorie du complot, menaces et incertitudes</span>, Paris, Payot, 2005, p. 16.       <br />
       (5) Cf. Marc Augé, <span style="font-style:italic">Le Sens des autres. Actualité de l’anthropologie</span>, Paris, Fayard, 1994, pp. 186-187.       <br />
       (6) George Marcus, <span style="font-style:italic">Paranoia within Reason: A Casebook on Conspiracy as Explanation</span>, Chicago, University of Chigago Press, 1999, p. 1.       <br />
       (7) Nathalie Heinich, <span style="font-style:italic">Le Bêtisier du sociologue</span>, Paris, Klincksieck, 2009, pp. 27-36.       <br />
       (8) Cf. Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">L’Imaginaire du complot mondial</span>, op. cit.       <br />
       (9) Jan van Helsing, <span style="font-style:italic">Livre jaune nº 5</span>, Tourrette sur Loup, Éditions Félix, 2001.       <br />
       (10) En français : « Aux frontières du réel ».       <br />
       (11) Cf. Philip Knight (ed.), <span style="font-style:italic">Conspiracy Nation. The Politics of Paranoia in Postwar America</span>, New York, New York University Press, 2002.       <br />
       (12) Voir l’analyse de l’Empire américano-soviétique dans <span style="font-style:italic">SIVA</span> de K. Dick par rapport aux thèses élaborées sur le condominium URSS-USA. Phillip K. Dick, <span style="font-style:italic">SIVA</span>, Paris, Gallimard, 2006.       <br />
       (13) C’est le cas par exemple de l’activisme des hackers, en particulier, de celui d’un Julian Assange, qui cherche à rendre entièrement transparente une société qu’ils supposent ne pas l’être. Pourquoi diffuser des documents, si ce n’est pour empêcher le maintien d’un secret (raisons réelles de la guerre en Irak, persistance de la « raison d’État », etc.) Ils appliquent la ritournelle de Jacques Dutronc : « on nous cache tout, on nous dit rien ». Le conspirationnisme dans cette variante est un hypercriticisme. Seulement, une société entièrement transparente est totalitaire. Il s’agit d’une « société disciplinaire » (Michel Foucault) ou d’une « société de surveillance » (Gilles Deleuze). C’est une concrétisation du panoptique de Bentham.       <br />
       (14) Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas, « Modernité et “théories du complot” : un défi épistémologique », in Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas (dir.), <span style="font-style:italic">Les Rhétoriques de la conspiration</span>, op. cit., p. 19.       <br />
       (15) Daniel Couégnas, <span style="font-style:italic">Introduction à la paralittérature</span>, Paris, Seuil, 1992, p. 115.       <br />
       (16) Dan Sperber, <span style="font-style:italic">La Contagion des idées</span>, op. cit.       <br />
       (17) Leo Strauss fut le premier à en proposer quelques règles d’analyse. Cf. Leo Strauss, <span style="font-style:italic">Persecution and the Art of Writing</span>, New York, The Free Press, 1952.       <br />
       (18) Wiktor Stoczkowski, « Rires d’ethnologues », art. cit., pp. 101-102.       <br />
       (19) Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">La Foire aux illuminés</span>, op. cit., p. 102.       <br />
       (20) Le livre de Julian Assange (<span style="font-style:italic">Underground</span>, Paris, Éditions des Équateurs, 2011) en est un bon exemple.       <br />
       (21) Frédéric Monneyron &amp; Martine Xibernas, <span style="font-style:italic">Le Monde hippie</span>, op. cit.       <br />
       (22) Jean-Bruno Renard, « Comment les mythologies se combinent entre elles ? », in Stéphane François &amp; Emmanuel Kreis (dir.), <span style="font-style:italic">Le Complot cosmique. Théorie du complot, ovnis, théosophie et extrémistes politiques</span>, Milan, Archè, 2010, p. 10.       <br />
       (23) Cf. John Roberts, <span style="font-style:italic">La Mythologie des sociétés secrètes</span>, Paris, Payot, 1979.       <br />
       (24) Massimo Introvigne, <span style="font-style:italic">Enquête sur le satanisme. Satanistes et antisatanistes du XVIIe siècle à nos jours</span>, Paris, Dervy, 1997, pp. 314-368.       <br />
       (25) Roger Dachez, « Les sources politiques et religieuses de l’antimaçonnisme aux États-Unis (1737-1850) », <span style="font-style:italic">Politica Hermetica</span>, n° 9, 1995, pp. 172-183.       <br />
       (26) Timothy Melley, <span style="font-style:italic">Empire of Conspiracy: The Culture of Paranoia in Postwar America</span>, New York/Londres, Cornell University Press, 2000.       <br />
       (27) William Guy Carr, <span style="font-style:italic">Pawns in the Game</span>, Los Angeles, St. George Press, 1958.       <br />
       (28) Daniel Pipes, <span style="font-style:italic">Conspiracy: How the Paranoid Style Flourishes and Where it Comes From</span>, New York, Free Press, 1997, p. 115.       <br />
       (29) Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">L’Imaginaire du complot mondial</span>, op. cit., p. 40.       <br />
       (30) Arthur Versluis, <span style="font-style:italic">The New Inquisitions: Heretic-hunting and the Origins of Modern Totalitarianism</span>, Oxford, Oxford University Press, 2006.       <br />
       (31) Sophie Houdard, « De l’ennemi public aux amitiés particulières. Quelques hypothèses sur le rôle du Diable (15e-17e siècles », <span style="font-style:italic">Raisons politiques. Études de pensée politique</span>, « L’ennemi », n° 5, février 2002, pp. 9-27.       <br />
       (32) Ibid., p. 10.       <br />
       (33) Paul Zawadzki, « Historiciser l’imaginaire du complot. Note sur un problème d’interprétation », in Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas (dir.), <span style="font-style:italic">Les Rhétoriques de la conspiration</span>, op. cit., p. 43.       <br />
       (34) François Furet, <span style="font-style:italic">Penser la Révolution française</span>, Paris, Gallimard, 1983, p. 78.       <br />
       (35) Outre les ouvrages cités dans cet article, pouvons renvoyer le lecteur vers les études suivantes : David Coady (ed.), <span style="font-style:italic">Conspiracy Theories: The Philosophical Debate</span>, Burlington, Ashgate, 2006 ; Jane Parish &amp; Martin Parker (ed.), <span style="font-style:italic">The Age of Anxiety: Conspiray Theory and the Human Science</span>, Oxford, Blackwell, 2001.       <br />
       (36) Sophie Houdard, « De l’ennemi public aux amitiés particulières », art. cit., pp. 10-11. Sur cette question, voir aussi Brian Levack, <span style="font-style:italic">La Grande chasse au sorcière en Europe au début des Temps modernes</span>, Paris, Champ Vallon, 1991.       <br />
       (37) La terminologie de « Supérieurs Inconnus » provient à l’origine de la franc-maçonnerie. En 1751, le baron Charles-Gotthelf von Hund (1722-1776) fonde une nouvelle forme de maçonnerie : la Stricte Observance ou plus exactement l’Ordre supérieur des chevaliers du Temple sacré de Jérusalem. L’idée était que la franc-maçonnerie serait une perpétuation des Templiers dirigée par des « Supérieurs Inconnus » dont Hund était, selon ses dires, le seul mandataire, s’étant lui-même fait initier par un mystérieux chevalier au « plumet rouge », en 1747. Cette légende va connaître un succès considérable au cours des XIXe et XXe siècles. Récupérés par les antimaçons, les Supérieurs Inconnus vont devenir les vrais maîtres occultes de la franc-maçonnerie. Ils seront assimilés aux satanistes, aux juifs, aux maîtres de l’Himalaya de la Société théosophique, etc., devenant le symbole de la sphère dirigeante du complot mondial, selon la vulgate conspirationniste (Stéphane François &amp; Emmanuel Kreis, <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Le-Complot-cosmique--de-Stephane-Francois-et-Emmanuel-Kreis_a488.html">Le Complot cosmique</a>, op. cit., p. 74, note 3).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
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   <link>http://www.conspiracywatch.info/Paranoia-contre-culture-et-milieux-radicaux-1-2_a788.html</link>
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   <title>Une base nazie au lac Vostok ?</title>
   <pubDate>Sun, 12 Feb 2012 13:17:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Rudy Reichstadt</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Veille]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3816104-5716299.jpg" alt="Une base nazie au lac Vostok ?" title="Une base nazie au lac Vostok ?" />
     </div>
     <div>
      Alors qu’une équipe de scientifiques russes a annoncé avoir réussi à atteindre le Vostok, un lac sub-glaciaire enfoui à 3 800 mètres de profondeur, l’agence de presse RIA Novosti <a class="link" href="http://en.rian.ru/science/20120206/171176587.html">évoque la résurgence d’une vieille légende</a> selon laquelle <span style="font-style:italic">« les nazis auraient, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, construit une base au Lac Vostok »</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« En 1943,</span> écrit RIA Novosti, <span style="font-style:italic">le Grand Amiral Karl Dönitz aurait dit que &quot;la flotte sous-marine allemande est fière d’avoir créé une forteresse inexpugnable pour le Führer à l’autre bout du monde&quot;, dans l’Antarctique. Selon des archives navales allemandes, quelques mois après la capitulation de l’Allemagne devant les Alliés, le sous-marin allemand U-530 serait arrivé au Pôle Sud, depuis le port de Kiel. Les membres de l’équipage auraient creusé une grotte dans la glace et y auraient soi-disant entreposé plusieurs caisses de reliques du Troisième Reich, dont les archives secrètes d’Hitler. On raconte aussi qu’un peu plus tard, le sous-marin U-977 aurait débarqué les restes d’Adolf Hitler et d’Eva Braun afin d’envisager un clonage futur à partir de leur ADN. Les sous-marins auraient alors gagné le port argentin de Mar del Plata où ils se seraient livrés aux autorités »</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les nazis ont-ils réellement élu domicile au Pôle Sud après la guerre ? Auteur de <span style="font-style:italic">Le nazisme revisité. L'occultisme contre l'histoire</span> (Berg International, 2008), Stéphane François rappelle que ce mythe est apparu au tout début de la Guerre froide, sous la plume d'un certain <b>Ladislas Szabó</b>, <span style="font-style:italic">« dans un livre intitulé &quot;Je sais que Hitler est vivant&quot; paru en 1947 »</span> (ci-dessous).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3816104-5733213.jpg" alt="Une base nazie au lac Vostok ?" title="Une base nazie au lac Vostok ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« Par la suite</span>, poursuit Stéphane François, <span style="font-style:italic">cette thématique se diffusa dans les milieux restreints du néonazisme, exploitée par des auteurs de cette mouvance (Landig, Serrano, Zündel, Mattern, etc.), qui la firent connaître auprès d'un grand public demandeur de &quot;mystères nazis&quot; après le succès du livre de Louis Pauwels et Jacques Bergier,</span> Le Matin des magiciens <span style="font-style:italic">(1960). Dès lors, ce thème explosa au niveau éditorial et certains se mirent à y croire»</span>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Voir aussi</span> :       <br />
       * Colin Summerhayes &amp; Peter Beeching, &quot; <a class="link" href="http://www.histarmar.com.ar/Antartida/Base-Hitler/LaBaseAntarticadeHitler.pdf">Hitler’s Antarctic base: the myth and the reality</a> &quot;, <span style="font-style:italic">Polar Record</span>, n°43, 2007.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/3816104-5716299.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Une-base-nazie-au-lac-Vostok_a783.html</link>
  </item>

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   <title>« Je retrouve ces thèses du complot dans les copies de mes élèves »</title>
   <pubDate>Sat, 19 Mar 2011 12:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Rudy Reichstadt</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Veille]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/2784517-3943333.jpg" alt="« Je retrouve ces thèses du complot dans les copies de mes élèves »" title="« Je retrouve ces thèses du complot dans les copies de mes élèves »" />
     </div>
     <div>
      Le conspirationnisme a le vent en poupe sous les préaux. Connectés à Internet et influencés par un rap alternatif de style paranoïde, les ados sont de plus en plus nombreux à être convaincus que les &quot;Illuminati&quot; dirigent le monde. C'est le <a class="link" href="http://www.brain-magazine.com/reportages/95-accueil/5469-teenage-dreams">triste constat dressé cette semaine</a> par <span style="font-style:italic">Brain Magazine</span>.       <br />
              <br />
       Le témoignage de Nathalie, &quot;prof de philo dans le 93&quot;, est particulièrement alarmant :        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« C'est la négation de deux mois de cours sur la Vérité. Je retrouve ces thèses du complot dans les copies, je suis même obligée d'enlever des points ! On retrouve cette tendance dans tous les lycées de Seine St Denis, à Bondy, à Clichy-sous-Bois... Ici, ça touche tout le lycée, à tel point qu'on se fait des blagues entre profs dans les couloirs, genre on fait le triangle des Illuminatis avec les doigts. Avant, les propos c'était : &quot;Les Juifs gouvernent le monde&quot;. Ça a changé à partir du 11 septembre »</span>.       <br />
              <br />
       Lire <a class="link" href="http://www.brain-magazine.com/reportages/95-accueil/5469-teenage-dreams">l'intégralité de l'article sur Brain Magazine</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Voir aussi</span> :       <br />
       * <a class="link" href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20090720.OBS4796/les-illuminati-un-complot-qui-fait-vendre.html">Les Illuminati, un complot qui fait vendre</a> (Nouvel Obs, 24 juillet 2009)       <br />
       * <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Aux-sources-des-Illuminati_a559.html">Aux sources des Illuminati</a> (entretien avec Lionel Duvoy)       <br />
       * <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Le-rappeur-Rockin-Squat-en-rajoute-une-couche-sur-la-conspiration-mondiale_a377.html">Le rappeur Rockin' Squat en rajoute une couche sur la ''conspiration mondiale''</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <link>http://www.conspiracywatch.info/Je-retrouve-ces-theses-du-complot-dans-les-copies-de-mes-eleves_a638.html</link>
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