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  <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
  <description><![CDATA[Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot]]></description>
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  <dc:date>2013-05-25T19:39:20+02:00</dc:date>
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   <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
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   <title>Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)</title>
   <pubDate>Sat, 12 May 2012 10:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Julien Giry</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Par Julien Giry     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4164453-6320727.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" />
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      Lire <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-et-le-mythe-de-la-synarchie-judeo-britannique-1-2_a817.html">la première partie</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III - « La vérité à propos d'Hitler » (85) : l'oligarchie conspirationniste britannique 	maître d'œuvre de la Seconde Guerre Mondiale</b>       <br />
              <br />
       Nous avons vu précédemment que Lyndon LaRouche et ses partisans considéraient H. G. Wells comme l’inventeur d’un programme jugé eugéniste, fasciste et totalitaire. Cela les conduit à identifier les liens qui existeraient selon eux entre l'oligarchie britannique et les nazis. <span style="font-style:italic">« Des libéraux soutenant le fascisme, mais aussi les doctrines raciales d'Hitler. Pour résoudre ce paradoxe, il suffit de nous référer à notre description sommaire du libéralisme britannique du XIXe siècle, des malthusiens avoués, adeptes du darwinisme social, bien avant qu'ils ne lancent le néo-malthusianisme au cours de l'automne-hiver 1969-1970, avec leurs confédérés étrangers »</span> (86). En effet, dans l'esprit de LaRouche et de ses collaborateurs, l'oligarchie britannique était prête à tout pour maintenir son leadership mondial.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ainsi, le point culminant de la « synarchie » fut sans conteste, du point de vue larouchiste, la Seconde Guerre Mondiale préparée de longue date par l'accession d'Hitler au pouvoir en Allemagne, conformément au plan du Royaume-Uni. Si l'Empire britannique avait souhaité la Première Guerre Mondiale, il n'en tirait pas les profits escomptés dans la mesure où les conséquences pour lui-même furent négatives et où la concurrence des États-Unis se faisait alors de plus en plus sensible. Dès lors, l'oligarchie <span style="font-style:italic">« ne pouvait plus faire la même erreur »</span> (87) et reprenait ses plans machiavéliques de déstabilisation du monde en préparant une nouvelle guerre ; le bras armé de la Grande-Bretagne serait cette fois le grand perdant de 1918 : l'Allemagne.       <br />
              <br />
       <b>L'instrumentalisation de l'Europe en vue d'une nouvelle guerre : le « plan Churchill » (88)</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Le plan démoniaque qui cachait son nom pourrait être nommé de manière appropriée le plan Churchill »</span>. En effet, après la Grande Guerre, le Royaume-Uni ayant souffert économiquement et socialement, l'oligarchie voyait conséquemment sa supériorité et domination historique mises à mal selon les larouchistes. Il lui fallait donc reprendre la main en freinant le développement industriel de ses concurrents. <span style="font-style:italic">« Peu importe le coût en vies humaines, les Anglais continueraient leur longue route en vue de détruire le potentiel de développement des républiques industrielles qui menaçaient leur vielle industrie mourante et leur pouvoir national. La France souffrait particulièrement »</span> (89). Pour mettre en œuvre un tel plan, l'oligarchie se devait d'avancer masquée afin de ne jamais apparaître au grand jour et pouvoir développer au mieux sa stratégie subversive.       <br />
              <br />
       Un homme de paille devait alors être en première ligne, il s'agissait pour les larouchistes du Secrétaire américain au Trésor, Henry Morgenthau. Celui-ci, prétendent-ils, <span style="font-style:italic">« était un pion »</span> (90) : <span style="font-style:italic">« en tant que juif, Morgenthau était un bon choix, il pouvait à la fois apparaître comme anti-allemand et pro-anglais »</span> (91). En somme, les jalons du plan Morgenthau d'occupation physique et de démantèlement de l'Allemagne étaient déjà jetés en 1918 si on en croit LaRouche. Et Morgenthau de se donner les moyens de ses ambitions : <span style="font-style:italic">« Morgenthau était psychologiquement capable de condamner la nation allemande à mort, les hommes, les femmes et les enfants »</span> (92), et même de <span style="font-style:italic">« déplacer ces populations »</span> (93). Si les éléments rapportés par LaRouche et ses collaborateurs à propos du plan Morgenthau s'avéraient relativement exacts du point de vue factuel, un <span style="font-style:italic">« léger »</span> arrangement chronologique doit tout de même être noté. En effet, le plan Morgenthau date de 1944-1945 tandis que LaRouche laissait entendre de manière assez ambiguë qu'il était élaboré vers la fin de la Première Guerre Mondiale. Aussi, l'agencement même de l'ouvrage de Carol White, dont nous donnons ici lecture, organisé de manière chronologique tout au long de sa projection, fait à ce moment une exception. Le troisième chapitre, consacré au développement du complot britannique durant l'entre-deux-guerre mêle le <span style="font-style:italic">« plan Churchill »</span> (94) et <span style="font-style:italic">« le traité de Versailles »</span> (95). Or, nous venons tous juste de le dire, le plan Churchill serait en vérité le plan Morgenthau sous le nom de son vrai instigateur. Le chapitre suivant, le quatrième, traitait pour sa part de la promotion au pouvoir d'Adolf Hitler par l'oligarchie britannique. Il est dès lors manifeste que LaRouche et ses collaborateurs se livraient à une manipulation historique évidente, si ce n'est à une supercherie, afin de renforcer leur thèse conspirationniste. De la part d'un gourou, de tels expédients sont monnaie courante et ne doivent pas surprendre. Aussi, des adeptes fanatisés et sous l'emprise de LaRouche, non obligatoirement férus ou érudits en histoire, ne sauraient ni ne voudraient découvrir la supercherie, d'autant plus lorsque la parole du gourou dit nécessairement le vrai (96).       <br />
              <br />
       Néanmoins, le Traité de Versailles se révélait le meilleur outil britannique pour pousser l'Allemagne à la guerre. Selon LaRouche, c'était l'économiste Keynes qui aurait été l'instigateur et le maître d'œuvre du complot issu du Traité de Versailles afin de pousser l'Allemagne vers la Seconde Guerre Mondiale. En effet, Keynes en tant que membre éminent de l'oligarchie, <span style="font-style:italic">« appartenait  non seulement à la</span> Round Table <span style="font-style:italic">mais il avait été le collaborateur du ministre nazi de l'économie Hjalmar Schacht et un membre de l'association oligarchique européenne, le Parti Pan-Européen »</span> (97), association intrinsèquement fasciste du point de vue larouchiste. De sorte que, Keynes lui-même apparaissait aux yeux de LaRouche et ses partisans comme une sorte de nazi (98). Ainsi, les véritables buts du Traité de Versailles n'étaient pas de permettre la reconstruction industrielle des protagonistes de la Grande Guerre, ni même d'octroyer aux vainqueurs des compensations financières, mais bel et bien d'étouffer l'Allemagne en lui imposant des conditions insoutenables financièrement, politiquement, et humainement afin de pousser le pays à une nouvelle guerre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Comme Keynes le savait très bien, le Traité de Versailles n'était pas supposé fonctionner. Les réparations ne bénéficieraient jamais à la Grande-Bretagne qui ne souffrait que de dommages mineurs dus à la guerre. Ses objectifs étaient de mener à bien les buts géopolitiques décrits par Halford Mackinder : forcer l'Allemagne à marcher sur l'Est. Les élites anglo-américaines qui convinrent du Traité de Versailles sont les hommes qui créèrent Hitler et le portèrent au pouvoir dans ce but »</span> (99). Cependant, un rapprochement entre l'URSS et l'Allemagne venait contrarier quelque peu les plans britanniques. Avec les Accords de Rapallo (100) de 1922, <span style="font-style:italic">« l'Allemagne et la nouvelle Union soviétique avaient tout juste signé un traité abrogeant l'ensemble des paiements du au titre des repartions de guerre comme un préalable à un large programme commun d'industrialisation »</span> (101). Or, ceci était totalement impensable pour le Royaume-Uni dans la mesure où, non seulement son hégémonie séculaire serait menacée par le développement industriel de ces deux grands pays mais, au surplus, le plan d'une nouvelle guerre serait largement compromis par l'entente entre l'URSS et l'Allemagne. <span style="font-style:italic">« Aux yeux de Bertrand Russell et de la</span> British Round Table, <span style="font-style:italic">une alliance entre l'URSS et la l'Allemagne ne pouvait pas être tolérée »</span> (102), d'autant moins lorsque les États-Unis manifestaient à leur tour la volonté d'une alliance avec les Soviétiques. <span style="font-style:italic">« Comme Russell l'écrivait, non seulement les accords de Rapallo entre les Soviétiques et les Allemands se mettaient en place, mais les États-Unis étaient aussi à la recherche d'opportunités économiques avec la Russie »</span> (103).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En conséquence, l'oligarchie britannique se devait de réagir. Trois axes étaient alors identifiés par les larouchistes : pousser l'Allemagne à la guerre en favorisant l'arrivée des nazis au pouvoir, reprendre en main le pouvoir par l'intermédiaire de leur homme de paille, Wilson, et enfin déstabiliser l'Union soviétique. Un coup à trois à bandes en somme. <span style="font-style:italic">« Léon Trotsky, dans sa biographie de Staline, a suggéré que Lénine avait été empoisonné puisque sa mort survint après une apparente période de rémission et fut accompagnée de symptômes associés à la mort par empoissonnement. Il est certain que les Britanniques ont dirigé en sous main cette tentative d'assassinat réalisée par Dora Kaplan. Kaplan était une Socialiste-Révolutionnaire et une associée bien connue de Sir Bruce Lockhart, un agent secret britannique stationné en Russie sous couvert de mission diplomatique »</span> (104). Si en Union soviétique il est fort aisé de deviner l'impact que produisit la mort de Lénine et l'arrivée au pouvoir de Staline sur les accords de Rapallo, en Allemagne aussi on perdait peu à peu confiance dans le traité, surtout après le meurtre du ministre des Affaires Étrangères. <span style="font-style:italic">« En Allemagne, la confiance dans les accords de Rapallo avait sérieusement diminuée avec le meurtre du Docteur Walter Rathenau, ministre des Affaires Étrangères à l'été 1922 »</span> (105). Néanmoins, si on en croit les larouchistes, la meilleure carte du Royaume-Uni pour déstabiliser et détruire ses rivaux restait l'introduction du fascisme en Allemagne en favorisant l'accession au pouvoir de leur « créature » : Adolf Hitler.       <br />
              <br />
       <b>Hitler ou « la chose » du Royaume-Uni pour détruire le monde</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Déjà en 1930, à la veille de la grande dépression de 1931, Schacht travaillait à ce que Hitler fasse partie d'un gouvernement de coalition en tant que seule force capable de pousser l'économie réelle plus loin, et il laissa même son poste à la</span> Reichsbank <span style="font-style:italic">afin de rejoindre les États-Unis pour y faire de la propagande en faveur du régime nazi qui s'instaurerait bientôt (…). Derrière l'ensemble du programme de Schacht se trouvait en réalité les britanniques. Schacht et Montagu Norman restaient le véritable pouvoir qui se cachait derrière le trône jusqu'en 1939, quand les britanniques perdirent foi en Hitler et Schacht »</span> (106).       <br />
              <br />
       Il était dès lors pour LaRouche et ses partisans évident que la Grande Bretagne créait et encourageait le nazisme en Allemagne afin de mettre sur pied un véritable monstre à même de détruire de manière définitive les rivaux et ennemis de l'oligarchie britannique, les pays qui défiaient la domination séculaire du Royaume-Uni. <span style="font-style:italic">« Hitler n'était pas leader-né. Il était une création de l'organisation cultiste britannique de Bavière »</span> (107). Même la croix gammée, symbole du nazisme s'il en est, aurait été dicté par les britanniques à Hitler. <span style="font-style:italic">« La swastika était le symbole de la Société Thulé dont le jeune Hitler était membre »</span> (108), société qui agissait en réalité pour le compte de l'impérialisme anglais. <span style="font-style:italic">« La Société Thulé, coordonnant des groupes anarchistes interchangeables, avait initié une série de soulèvements de droite et de gauche à Munich afin de déstabiliser le gouvernement du Docteur Walter Rathenau »</span> (109). Hitler était donc selon LaRouche un agent provocateur du Royaume-Uni de longue date. En effet, les larouchistes affirmaient que Hitler, durant la Première Guerre Mondiale, <span style="font-style:italic">« avait été recruté comme un espion de petite envergure »</span> (110) par le Royaume-Uni. Le choix de la Bavière comme lieu premier d'implantation du nazisme en Allemagne ne fut pas non plus le fruit du hasard. Si l’on en croit LaRouche et ses adeptes, ce serait un lieu culturellement propice au développement des idéologies fascistes. <span style="font-style:italic">« Par son passé d'économie paysanne, la Bavière est un refuge naturel pour les actuels mouvements écologistes terroristes (...). Au tournant du siècle, la Bavière était un nid pour la Société Thulé et d'autres cultes diaboliques comme le Volkish, l'anticapitalisme, les doctrines du retour à la nature, le tout mêlé à l'aryanisme antisémite »</span> (111).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il ne faisait alors plus aucun doute pour LaRouche que l'oligarchie britannique était le véritable instigateur du nazisme en Allemagne, Hitler n'étant qu'une sorte de marionnette ou de bras armé au service du Royaume-Uni, et ce jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. <span style="font-style:italic">« La vérité à propos de Hitler est que non seulement il fut créé par les Britanniques et leurs réseaux d'alliés, mais qu'en plus le gouvernement dirigé par Churchill continua à utiliser Hitler tout au long de la guerre »</span> (112).  En effet, Hitler, le « pion » du Royaume-Uni, était appelé à mettre en œuvre le plan démoniaque imaginé de toutes pièces par l'un de ces hommes intrinsèquement mauvais identifiés par LaRouche : H.G. Wells. <span style="font-style:italic">« En 1933, quand Hitler prit le pouvoir, H.G. Wells écrivait déjà le scénario de la Seconde Guerre Mondiale :</span> The Shape of Things to Come. <span style="font-style:italic">Lui et Churchill furent associés tout au long des années qui précédèrent la guerre. Tous les deux appartenaient à la société secrète, similaire au</span> Coefficients club, <span style="font-style:italic">appelée l'Autre Club, que Wells avait rejoint en 1934 »</span> (113).       <br />
              <br />
       En effet, pour les partisans de LaRouche et le gourou lui-même, il ne faisait aucun doute que H.G. Wells était un fasciste patenté, un soutien indéfectible du dictateur italien Mussolini. <span style="font-style:italic">« Wells, comme de nombreux cercles dirigeants britanniques le faisaient, apportait son soutien au régime de l'Italie de Mussolini »</span> (114). Des soutiens à Hitler dans les cercles oligarchiques britanniques, les larouchistes en identifiaient plusieurs. A titre d'exemple, LaRouche incriminait la <span style="font-style:italic">Cliveden Set</span>, sorte de club fermé regroupant des personnalités éminentes de la classe dirigeante britannique, dont Churchill ou Chamberlain. <span style="font-style:italic">« La</span> Cliveden Set <span style="font-style:italic">était réputée dans le monde être le centre réel de décision de la politique britannique sous Chamberlain »</span> (115). Plus encore, il apparaissait même que cette société secrète avait noué des alliances et des pactes de soutien mutuel avec l'Allemagne nazie de Hitler et l'Italie fasciste de Mussolini afin de lutter contre le communisme et Staline : <span style="font-style:italic">« La</span> Cliveden Set <span style="font-style:italic">rechercha une alliance avec Hitler et Mussolini contre l'Union Soviétique »</span> (116). Mais encore, la <span style="font-style:italic">Cliveden Set</span> ne se contentait pas de nouer des alliances avec les puissances fascistes, au surplus elle fomentait même des plans d'agressions afin d’accroître son emprise : <span style="font-style:italic">« la</span> Cliveden Set <span style="font-style:italic">poussait toujours Hitler à de nouvelles agressions »</span> (117). De ce point de vue, les accords de Munich de 1938 résonnent aux oreilles larouchistes comme la preuve éclatante et manifeste du complot britannique et de l'emprise de l'oligarchie sur Hitler.       <br />
              <br />
       Avec le déclenchement de la guerre, conformément aux plans britanniques démasqués par LaRouche, le soutien du Royaume-Uni à Hitler, loin de s'amenuiser, ne faisait au contraire que se renforcer. En effet, les Britanniques allaient se livrer à une sorte de double jeux pervers, d'une part, en se présentant au grand jour comme les ennemis du nazisme et, d'autre part, en agissant dans l'ombre comme des soutiens actifs au régime du IIIème Reich. <span style="font-style:italic">« Les efforts de Churchill pour maintenir Hitler au pouvoir tout au long de la guerre, alors même que l'opinion publique s'élevait contre &quot;la monstrueuse tyrannie&quot; reflétait à merveille la dangereuse dualité de la politique britannique »</span> (118). La preuve ultime de cette duplicité de Churchill et des cercles de pouvoir britanniques, les larouchistes la trouvent dans les bombardements de Londres qui seraient le résultat d'une machination organisée par le Royaume-Uni lui-même (119). Le conspirationnisme atteint là son paroxysme :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les britanniques utilisèrent les avions allemands pour des missions de bombardement sur Londres au début de la guerre. Les avions étaient en liaison radio avec des agents allemands qui travaillaient en Grande-Bretagne ; ces agents avaient été rassemblés au début de la guerre et remplacés par des agents doubles britanniques. Ce faisant, les Britanniques donnaient leurs instructions aux pilotes allemands au travers de ces agents. Délibérément, ils donnèrent de fausses indications aux pilotes afin de trouver un prétexte pour pouvoir ultérieurement bombarder les populations civiles allemandes en guise de représailles. Cette politique fut uniquement stoppée par la rébellion d'agents britanniques qui ne pouvaient plus supporter de &quot;jouer à dieu&quot; contre leurs propres amis, voisins et familles »</span> (120).       <br />
              <br />
       Pour Carol White, le résultat de cette politique fut double. D'une part, <span style="font-style:italic">« pour les Britanniques, la guerre fut un succès tactique »</span> (121) dans la mesure où le nombre de vies britanniques perdues fut moins élevé que celui des autres belligérants. Mais, d'autre part, <span style="font-style:italic">« la guerre fut une défaite stratégique. L'Union soviétique avait non seulement gagné la guerre contre l'Allemagne mais en sortait, de plus, renforcée du statut de plus grande puissance européenne. Les États-Unis avaient rejeté le Plan Morgenthau qui promettait de maintenir l'Allemagne à genoux. Les objectifs britanniques de la Seconde Guerre mondiale n'étaient pas atteints »</span> (122). L'Empire britannique essuyait alors une défaite mais ne s'avouait pas vaincu pour autant. Le complot et la synarchie perdurent toujours selon LaRouche. Le dernier exemple en date du conspirationnisme britannique révélé par LaRouche fut la marée noire qui toucha les côtes américaines de Floride et de Louisiane.       <br />
              <br />
       En effet, la marée noire causée par une fuite de pétrole de la plate-forme pétrolière offshore Deepwater Horizon de la compagnie britannique British Petroleum (BP) serait <span style="font-style:italic">« un acte de guerre »</span> (123) dans mesure où il s'agirait nécessairement d'un plan orchestré volontairement par « l'Empire » et non d'un accident.       <br />
              <br />
       L'anglophobie de LaRouche le conduit alors à interpréter de manière conspirationniste et irrationnelle tout fait littéralement hors norme, ce qui une fois encore correspond trait pour trait au modèle idéal-typique du leader paranoïaque forgé par Hofstadter. Des Britanniques soutiens des nazis, mais également des Juifs… LaRouche, loin d'être à un paradoxe près, développe un antisémitisme corollaire à son anglophobie, que ses ouailles acceptent sans sourcilier.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV - « Elizabeth II, reine des juifs » (124) et du narcotrafic (125) : de l'anglophobie à l'antisémitisme</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4164453-6320731.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Le thème de l'anglophobie trouve en effet souvent un lien porteur avec l'antisémitisme dans la culture populaire américaine, Hofstadter allait ainsi jusqu'à écrire que <span style="font-style:italic">« l'antisémitisme et l'anglophobie marchent main dans la main »</span> (126). On peut en effet citer quelques ouvrages ou pamphlets célèbres utilisés par des groupes comme le Ku Klux Klan ou les Sons of Liberty sur le thème des imbrications entre Juifs et Britanniques. Ainsi, on peut citer <span style="font-style:italic">The Jews and the British Empire</span>, <span style="font-style:italic">Our Jewish Aristocracy</span>, <span style="font-style:italic">How the Jewry Turned England into a Plutocratic State</span>, etc. De plus, il convient de rajouter les célèbres <span style="font-style:italic">Turner Diaries</span> qui, aux États-Unis, restent un ouvrage antisémite et suprémaciste de référence (127).       <br />
              <br />
       En effet, l'idée que le Royaume-Uni serait le <span style="font-style:italic">« royaume des Juifs »</span> est une idée ancienne que les nazis reprenaient et répandaient volontiers avant même le début de la Seconde Guerre mondiale. Aussi, Hitler dans <span style="font-style:italic">Mein Kampf</span> développait-il déjà l'idée d'une infiltration ou d'une <span style="font-style:italic">« contamination »</span> par des familles juives de l'aristocratie britannique, et particulièrement de la finance. LaRouche a repris ces clichés antisémites appliqués à l'Empire britannique qu'il ne cessait de dénoncer comme le maître d’œuvre de la <span style="font-style:italic">« synarchie mondiale »</span>. Ainsi, dans <span style="font-style:italic">Dope Inc.</span> (128), le gourou <span style="font-style:italic">« révélait »</span> que la <span style="font-style:italic">« finance juive »</span> dirigeait secrètement la Grande-Bretagne. <span style="font-style:italic">« Le gouvernement britannique était aux mains des transactions des banquiers juifs comme les Rothschild, les Montague, les Cassell, les Lazard, etc »</span> (129). LaRouche plagiait alors particulièrement un ancien tract nazi destiné à influer sur les esprits américains dans le but de les tenir hors de la guerre. Ce pamphlet, connu sous le titre de <span style="font-style:italic">War! War! War!</span> (et réédité en 1984 avec une préface du nazi américain Eustace Mullins) dénonçait l'Empire britannique juif comme l'ennemi de la Civilisation. Ainsi, le gourou dénonçait l'emprise juive sur les familles aristocratique de la Grande Bretagne. <span style="font-style:italic">« Les familles anglaises dans lesquelles il n'y avait pas de sang juif étaient des exceptions »</span> (130). En outre, LaRouche dénonçait l'entrisme judéo-britannique dans l'Administration américaine comme l’élément principal de la conspiration. Ainsi, le président Grover Cleveland était, aux yeux de LaRouche et de ses partisans, <span style="font-style:italic">« le jouet des banquiers juifs et de l'or britannique »</span> (131).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« L'empire britannique est simplement le marche pied de l'empire juif mondial naissant et le gouvernement anglais n'est que la façade britannique pour protéger les juifs. Les hommes d'État anglais sont des crétins surpayés au service du capitalisme financier juif britannique. La finance capitaliste juive est identique à la finance capitaliste britannique »</span> (132).       <br />
              <br />
       Plus encore, pour LaRouche, c'est cette même oligarchie judéo-britannique qui dirigerait le trafic international de drogue. En effet, dès le milieu des années 1970, les États-Unis et l'Europe virent apparaître, dans la droite ligne des mouvements anti-guerre et/ou post-68, un courant en faveur de la dépénalisation des substances stupéfiantes, de la marijuana notamment. Outre le mouvement nihiliste et apolitique des hippies, les libertariens et certaines voix au sein des Démocrates commencèrent à plaider ouvertement en faveur de la légalisation. En réaction, des personnalités comme le président Nixon ou Lyndon LaRouche campèrent sur des positions ultra-conservatrices en matière de législation contre les consommateurs et les trafiquants de stupéfiants. Pour sa part, LaRouche proposa un programme cohérent de lutte et de répression contre le trafic international de drogue.       <br />
              <br />
       Ainsi, à l'automne 1979, Lyndon LaRouche créa la <span style="font-style:italic">National Anti-Drugs Coalition</span> (NADC), dirigée de haute main par sa seconde épouse Helga Zepp-LaRouche, avec pour objectif affiché de lutter contre le trafic et la consommation de drogue, non seulement aux États-Unis mais aussi sur tout le continent américain, Caraïbes compris. Dans le même mouvement, quelques collaborateurs de LaRouche écrivaient, en 1978, une sorte de « Bible larouchiste » de la lutte contre le trafic mondial : <span style="font-style:italic">Dope, Inc</span> (133). Enfin, une revue spécifique traitant des enjeux relatifs aux questions des stupéfiants reprenait le nom de l'opération déclenchée en 1976 : <span style="font-style:italic">War On Drugs</span> (134). Ainsi armé, LaRouche allait entreprendre une série de conférences aux États-Unis et en Amérique Latine consacrée aux moyens à mettre en œuvre pour endiguer le narcotrafic. LaRouche développait alors un programme de lutte contre le trafic international combinant sanctions contre l'apologie et l'usage de la drogue, localisation et destruction des champs et laboratoires où des stupéfiants étaient cultivés/produits, saisies des meubles et immeubles des trafiquants condamnés, alourdissement des sanctions pécuniaires et financières, sanctions exemplaires contre les banques et les gouvernants corrompus, interventions militaires contre les Cartels, le tout en mettant en œuvre une coopération stratégique avec un commandement unique entre les États-Unis et les pays d'Amérique Latine et des Caraïbes. Dans son ouvrage de campagne, <span style="font-style:italic">A Program For America</span> (135), LaRouche reprenait ces différents aspects sous la forme de 15 points qu'il avait auparavant développé lors d'une Conférence donnée à Mexico le 13 Mars 1985. Dès lors, Lyndon LaRouche proposait trois axes pour cerner précisément les trafiquants. Son premier angle d'attaque portait sur les flux financiers ; le second était historique ; le troisième consistait à identifier nommément les trafiquants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4164453-6320732.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (2/2)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« Les investigations préliminaires doivent être menées dans trois directions. La première consiste à se concentrer sur les flux d'argent sale actuels issu du narcotrafic. Deuxièmement, il faut recouper ces informations avec les données historiques du trafic mondial au XIXe siècle. Troisièmement, recouper ces données historiques avec l'histoire du crime organisé et du grand banditisme aux USA et aux Caraïbes depuis 1920. En identifiant précisément ces trois cercles, on identifiera alors les individus qui contrôlent le trafic de drogue aux États-Unis aujourd'hui »</span> (136).       <br />
              <br />
       De ces considérations, LaRouche déduisit alors que <span style="font-style:italic">« l'Angleterre sioniste »</span>, comme ce fut le cas en Chine lors des Guerres de l'Opium, était le cerveau et le maître d'œuvre du narcotrafic international, le tout avec la complicité bienveillante de Jimmy Carter (137) lequel – faut-il le rappeler –, était considéré comme pire que Hitler par LaRouche et ses ouailles.       <br />
              <br />
       LaRouche allait ensuite proposer une série de cinq mesures urgentes à prendre afin de lutter contre le trafic de drogue hic et nunc aux États-Unis (138) :       <br />
              <br />
       	Renforcement des sanctions envers les personnes détenant et consommant du cannabis ou autres drogues allant jusqu'à des peines de prison ferme.       <br />
       	Renforcement des lois interdisant la possession illégale de drogues et de psychotropes en en faisant un délit fédéral.       <br />
       	Renforcement des lois interdisant la vente de marijuana en en faisant un délit fédéral.       <br />
       	Renforcement des lois en faisant des parents qui « tolèrent » la consommation de drogue de leurs enfants des délinquants passibles de la prison ferme.       <br />
       	Renforcement des lois contre la prostitution et interdiction des mouvements environnementalistes-terroristes en tant que foyer de consommation et de trafic par nature.       <br />
              <br />
       Si les trois premières mesures semblent relever d'une certaine logique répressive (notons au passage que la dimension préventive restait totalement étrangère à la pensée larouchiste), les deux derniers points apparaissaient plus sujets à caution. En effet, dans sa « War on Drugs », LaRouche ne pouvait s'empêcher de sombrer dans ses élucubrations et amalgames conspirationnistes habituels. Selon lui, c'était l'Angleterre sioniste, sa Reine et Bertrand Russell (139) en tête, la Suisse et les Chevaliers de l'Ordre de la Croix de Malte (140) et même la Fraction Armée Rouge (RAF) (141) qui pilotaient de haute main la <span style="font-style:italic">« secte des drogués »</span>. Une « secte » composée de <span style="font-style:italic">« beatniks »</span>, d'écolo-terroristes, de <span style="font-style:italic">« nègres »</span> et <span style="font-style:italic">« d'indiens dégénérés »</span>, contre lesquels il appartenait à l'armée d'agir.       <br />
              <br />
       En effet, LaRouche crut pouvoir déceler <span style="font-style:italic">« une secte des drogués »</span>, dirigée par le groupe de rock Grateful Dead et les Beatles, soutenue par la bienveillance de Jimmy Carter, complice du lobby pro-légalisation représenté par la National Organization for the Reform of Marijuana Laws (NORML).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Après tout, la campagne pour la réélection de Carter a été financée par la NORML, laquelle plaide ouvertement en faveur de la dépénalisation de la marijuana. De plus, son soi-disant conseiller &quot;anti-drogue&quot;, Peter Bourne, était un membre actif de la NORML »</span> (142).       <br />
              <br />
       De surcroît, la NORML serait, selon LaRouche, intiment liée aux médias, eux-mêmes inextricablement alliés au gouvernement, lequel étant soumis à l'ingérence étrangère anglaise et juive... Parallèlement, LaRouche dénonçait dans <span style="font-style:italic">War On Drugs</span> le magazine Playboy comme apologétique de la drogue et de la décadence morale ainsi que l'Anti-Defamation League (ADL) comme une plaque tournante du narcotrafic aux États-Unis (143). Face aux protestations formulées à son égard par l’ADL, LaRouche décréta que toute accusation d'antisémitisme portée contre lui ou son organisation ferait de leurs auteurs des agents de la Couronne Britannique et/ou des membres de la <span style="font-style:italic">« secte des drogués »</span>. L'esprit pour le moins manichéen de LaRouche, se révélait alors au grand jour.       <br />
              <br />
       LaRouche de dénoncer alors, au  prix d'un syllogisme rapide, l'infiltration des Juifs dans les cercles de pouvoir britanniques et bien au-delà, au point de finir par donner un sens synonymique aux termes de Juif et d'Anglais. Le syllogisme est formulé en ces termes par Denis King :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Le sionisme est le principal instrument international de la Grande-Bretagne. Les sionistes sont en général des agents britanniques. La majorité des Juifs étant sionistes, la majorité des juifs sont donc des agents britanniques »</span> (144).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Telle est la composante principale de l’imaginaire conspirationniste chez Lyndon LaRouche : pour lui, une <span style="font-style:italic">« synarchie judéo-britannique »</span> cherche à asseoir et à maintenir sa domination sur le monde. Cependant ce manichéisme, ne parvient pas à dissimuler la pauvreté de l'idéologie dont l'apport doctrinal est quasi nul. En effet, LaRouche réactualise des ressorts classiques de la paranoïa conspirationniste dans la culture politique nord-américaine en désignant un complot jésuite et franc-maçon comme étant à l’origine de la <span style="font-style:italic">« synarchie mondiale »</span> responsable unique et universel de tous les maux de la Terre. Il en résulte que LaRouche n'est pas une exception ou un cas unique mais un exemple parmi d'autres de leader paranoïaque comme les États-Unis en produisent régulièrement au cours de leur histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (85) Carol White, <span style="font-style:italic">The New Dark Age Conspiracy: Britain's Plot to Destroy Civilization</span>, New York New Benjamin Franklin House, 1980, p. 125.       <br />
       (86) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">So, You Wish to Learn All about Economics?</span>, New York, New Benjamin Franklin House, 1984, p. 174.        <br />
       (87) Carol White, op cit, p. 81.       <br />
       (88) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 90.       <br />
       (89) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 90.       <br />
       (90) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 81       <br />
       (91) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 91.       <br />
       (92) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 92.       <br />
       (93) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 84.       <br />
       (94) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 90.       <br />
       (95) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 97.       <br />
       (96) On notera que ce genre de « confusions » historiques et personnelles sont assez nombreuses dans l'ouvrage de Carol White. En effet, une savante ambiguïté est largement entretenue au niveau des personnalités citées comme membres de « l'oligarchie ». Ainsi, on passe de Bertrand Russel à Earl Russel, de la Famille Cecil à Cecil Rhodes, de H.G Wells à Orson Wells afin de maintenir une certaine opacité qui renforce et alimente le côté sombre et obscur inhérent à l'atmosphère conspirationniste de l'ouvrage.       <br />
       (97) Carol White, op cit, p. 97.       <br />
       (98) Ceci est néanmoins étrange. Alors que LaRouche s'inspire et admire la politique de New Deal de Roosevelt, les grands travaux et le développement industriel, il condamne sans appel l'inspirateur de cette politique de relance.       <br />
       (99) Carol White, op cit, p. 99.       <br />
       (100) Attention, le Traité de Rapallo du 16 Avril 1922 qui « normalisait » les relations germano-soviétiques ne doit pas être confondu avec le précédant Traite de Rapallo du 12 Novembre 1920 qui fixait les frontières entre l'Italie et la Yougoslavie.       <br />
       (101) Carol White, op cit, p. 100.       <br />
       (102) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 100.       <br />
       (103) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 102.       <br />
       (104) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 106.       <br />
       (105) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 106.       <br />
       (106) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 112-113.       <br />
       (107) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 114.       <br />
       (108) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 114. La Société Thulé était une société de pensée munichoise dont le but était la promotion du pangermanisme et de l'« exceptionnalime aryen » issu de la supériorité de la race et de l'esprit allemand (<span style="font-style:italic">Volksgeist</span>). Cette secte pratiquait des rites mystiques et occultistes dont les nazis se sont largement imprégnés. Pour plus de détails, voir Stéphane François, <span style="font-style:italic">Le Nazisme revisité. L'occultisme contre l'histoire</span>, Paris, Berg International, 2008.       <br />
       (109) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 114.       <br />
       (110) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 116.       <br />
       (111) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 118.       <br />
       (112) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 126.       <br />
       (113) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 127.       <br />
       (114) <span style="font-style:italic">Ibid</span>.,  p. 129.       <br />
       (115) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 139.       <br />
       (116) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 138.       <br />
       (117) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 141.       <br />
       (118) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 144.       <br />
       (119) Cette idée du « faux drapeau » ou <span style="font-style:italic">false flag</span> (un État organise lui-même sa propre agression ou fomente un attentat dans un pays tiers en en faisant porter la responsabilité à d'autres), fait immédiatement écho aux théories du complot post-11-Septembre qui envisagent une conspiration du gouvernement américain. LaRouche reprend également cette thèse du complot orchestré par les néo-conservateurs.       <br />
       (120) Carol White, op cit, p. 163.       <br />
       (121) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 165.       <br />
       (122) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 165.       <br />
       (123) “ <a class="link" href="http://larouchepac.com/node/14806">LaRouche: BP Actions In Gulf Are An Act of War Against the United States</a> ”, <span style="font-style:italic">LaRouchePAC.com</span>, 10 juin 2010.       <br />
       (124) Denis King, <span style="font-style:italic">LaRouche and The New American Fascism</span>, Doublesay, 1989, p. 239.       <br />
       (125) Konstandinos Kalimtgis, David Goldman, Jeffrey Steinberg, <span style="font-style:italic">Dope, Inc. Britain's Opium War Against the US</span>, New York, New Benjamin Franklin House, 1978, 396 pages.       <br />
       (126) Richard Hofstadter, art cit, p. 82.       <br />
       (127) Andrew Mc Donald (William L. Pierce), <span style="font-style:italic">The Turner Diaries</span> [1978], National Vanguard Books, 1980, 224 pages.       <br />
       (128) Konstandinos Kalimtgis, David Goldman, Jeffrey Steinberg, op cit.       <br />
       (129) Denis King, op cit, p. 239.       <br />
       (130) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 240.       <br />
       (131) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 240.       <br />
       (132) Denis King, op cit, p. 241.       <br />
       (133) Konstandinos Kalimtgis, David Goldman, Jeffrey Steinberg, op cit.       <br />
       (134) Le mensuel <span style="font-style:italic">War on Drugs</span> créé en 1980 parut jusqu'en 1982, date à laquelle il arrêta d'être diffusé tant les protestations contre ce journal furent nombreuses. Ainsi, plusieurs plaintes furent déposées pour diffamation et dénonciations calomnieuses. En effet, tradition américaine, des listes de personnes suspectées d'être en liaison avec le narcotrafic étaient publiées dans le dit journal. Notons, à titre de comparaison, que dans les États du sud, des groupes suprémacistes blancs ou le Ku Klux Klan  communiquent à la manière des crieurs publics d'Ancien Régime des listes nominatives d'homosexuels ou de pédophiles (Noirs de préférence) présumés et/ou avérés.       <br />
       (135) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">A Program For America</span>, New York, New Benjamin Franklin House, 1985, pp. 193-198.       <br />
       (136) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 185.       <br />
       (137) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 176.       <br />
       (138) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 186.       <br />
       (139) Lyndon LaRouche, op cit, p. 181.       <br />
       (140) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 176.       <br />
       (141) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 192.       <br />
       (142) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 176.       <br />
       (143) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>, p. 178.       <br />
       (144) Denis King, op cit, p. 241.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Julien Giry</b> est <a class="link" href="http://www.theses.fr/s38133">doctorant en science politique à l'Université de Rennes 1</a>. Après avoir consacré une étude aux idées politiques de Lyndon LaRouche, il prépare une thèse sur le conspirationnisme dans la culture politique américaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/4164453-6320727.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-et-le-mythe-de-la-synarchie-judeo-britannique-2-2_a834.html</link>
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  <item>
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   <title>Mythologies conspirationnistes et figures du discours antipatronal</title>
   <pubDate>Tue, 24 Apr 2012 21:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Dard</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Olivier Dard     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4120353-6253097.jpg" alt="Mythologies conspirationnistes et figures du discours antipatronal" title="Mythologies conspirationnistes et figures du discours antipatronal" />
     </div>
     <div>
      <b>Le discours antipatronal contemporain emprunte de plus en plus à la prosopographie, examine les réseaux et montre la circulation du capital social. Mais il se nourrit également de toute une thématique complotiste ou conspirationniste, qui pourrait relever de ces mythologies politiques, jadis mises en exergue par Raoul Girardet. En examinant sur deux siècles la rhétorique antipatronale, Olivier Dard montre sa pérennité, sa circulation dans l’arène politique, et interroge son avenir.</b>       <br />
              <br />
       Lire <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm">l'intégralité de l'article sur le site de Cairn</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Plan de l'article</span> :       <br />
       • <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s1n2">Le « roi » Rothschild et les féodalités</a>       <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n1">Antisémitisme et antijésuitisme</a>       <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n2">« L’anticapitalisme national »</a>       <br />
              <br />
       • <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s1n3">Des « maîtres de la France » aux « deux cents familles »</a>       <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n3">Publicistes de l’entre-deux-guerres</a>       <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n4">Quand la gauche est au pouvoir</a>       <br />
              <br />
       • <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s1n4">Mutations, reconfigurations ou déclin ?</a>        <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n5">Les beaux jours de la synarchie</a>       <br />
          ◦ <a class="link" href="http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-2-page-136.htm#s2n6">La dénonciation des « trusts » et des « monopoles »</a>       <br />
              <br />
       <span class="u">L'auteur</span> :       <br />
       <b>Olivier Dard</b> est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul-Verlaine et chercheur au CRULH. Il a récemment publié <span style="font-style:italic">Bertrand de Jouvenel</span> (Perrin, 2008), dirigé un volume consacré à <span style="font-style:italic">Georges Valois, itinéraires et réceptions</span> (Peter Lang, 2011) et codirigé, avec Gilles Richard, <span style="font-style:italic">Les Droites et l’économie en France au xxe siècle</span> (Riveneuve, 2011).       <br />
              <br />
       <span class="u">Source</span> : <span style="font-style:italic">Vingtième Siècle. Revue d'histoire</span>, 2/2012 (N° 114), p. 136-151.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <title>Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)</title>
   <pubDate>Fri, 20 Apr 2012 11:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Julien Giry</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Par Julien Giry     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6213022.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
     </div>
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      <span style="font-style:italic">« On a souvent essayé d'expliquer certains comportements politiques de cet establishment libéral en termes de conspiration. Il y a certes une grande part de conspiration dans la mise en œuvre de telles politiques. Les conspirations existent, mais la plupart des explications fournies quant au pourquoi et au comment deviennent vite absurdes, lorsque l'écrivain ou l'orateur tentent d'expliquer ce processus en termes simple de cupidité ou de quelque chose de cette nature »</span> (1).       <br />
              <br />
       L'Empire britannique, pour <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-ou-la-theorie-du-complot-comme-cle-d-explication-du-monde_a105.html">Lyndon LaRouche</a>, agit comme le maître d'œuvre d'un complot mondial, ou d'une <span style="font-style:italic">« synarchie »</span> (2), en vue de maintenir sa puissance et sa domination sur le reste du monde. Cependant, il ne suffit pas de révéler la conspiration, encore faut-il en apporter les « preuves ». Si les aspects financiers sont  rapportés par LaRouche dans son ouvrage <span style="font-style:italic">Alors, vous voulez tout savoir sur l'économie ?</span>, la révélation globale du plan de l'oligarchie britannique est réalisée par une de ses proches collaboratrices, <b>Carol S. White</b>, dans un livre intitulé <span style="font-style:italic">Le Nouvel âge noir de la conspiration : le complot britannique pour détruire la Civilisation</span> (3) : <span style="font-style:italic">« ce livre a été écrit pour dénoncer les hommes derrière cette conspiration. Pour révéler la manière dont ils opèrent, et aussi dont ils pensent. Cette histoire se déroule principalement en Angleterre, dans la mesure où, en dernière analyse, le traître establishment libéral occidental n'est en réalité que le domestique de l'oligarchie britannique »</span> (4).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Or, rechercher les hommes derrière le complot revient d'abord en à rechercher les instigateurs, ceux par qui le mal est arrivé. Dans ce sens, White s'adonnait à retracer les origines jésuites et maçonniques et les modes d'organisation de la conspiration avant de s'attarder sur l'étude du complot au XXe siècle. De ce point de vue, l'imaginaire conspirationniste de LaRouche est tout à fait classique dans la mesure où, en impliquant les francs-maçons, les jésuites puis les juifs, celui-ci s’inscrit dans la tradition de la pensée conspirationniste afin de trouver une certaine légitimité à ses propres thèses anglophobes. En effet, comme  le soulignait avec acuité Daniel Pipes, les catégories de conspirateurs <span style="font-style:italic">« sont principalement deux : les juifs et les sociétés secrètes »</span> (5). Ainsi, depuis la fin du XIXe siècle, les juifs, considérés comme une race à craindre à tout prix et non plus en tant que communauté religieuse, doivent <span style="font-style:italic">« faire face à l'accusation</span> [qu’ils] <span style="font-style:italic">tentent de conquérir le pouvoir sur la Terre entière »</span> (6). De la même manière, les sociétés secrètes, qu'il s'agisse des Illuminati (7) ou des francs-maçons, sont elles aussi accusées de mettre en œuvre des plans de domination séculaire du monde. Enfin, même l'idée d'une conspiration judéo-britannique telle que développée par LaRouche et les siens n'est en rien une œuvre créatrice de celui-ci. En effet, depuis les travaux de l’historien allemand Oswald Spengler, les <span style="font-style:italic">« membres de l’establishment libéral anglo-américain »</span> (8) et les juifs sont vu comme étant les deux facettes d'une même médaille. De même, que ce soit en Russie, où les <span style="font-style:italic">Protocoles des Sages de Sion</span> prétendent que le sionisme a toujours été un <span style="font-style:italic">« ami de la politique étrangère britannique »</span> (9), ou aux États-Unis, où un opposant au Président Groover Cleveland en fait <span style="font-style:italic">« un agent au service des banquiers juifs et de l'or britannique »</span> (10). Bref, si les postulats et les théories conspirationnistes de LaRouche sont éculés, il reste à en retracer le fil et à présenter son imaginaire conspirationniste en détail.       <br />
              <br />
       <b>I - Les origines économiques du complot britannique</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6236099.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
     </div>
     <div>
      Sur le plan économique l'ouvrage central de Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">Alors, vous voulez tout savoir sur l'économie ?</span>, fait état au chapitre 9, intitulé « L'infrastructure économique de base », du point de départ du complot britannique : les origines économiques de la synarchie. En effet, l'économie et la finance, placées sous la domination coloniale de l'Empire britannique, seraient les premiers instruments, au même titre que le trafic de l'opium (11), permettant à la Grande-Bretagne d'asseoir encore un peu plus sa domination. À titre d'exemple, la crise de 1929, comme celle de 2008, seraient des tentatives de destruction du <span style="font-style:italic">« modèle américain »</span> par le <span style="font-style:italic">« système britannique »</span> selon la terminologie employée par LaRouche dans son film <span style="font-style:italic">1932 : Le système américain contre l'Empire britannique</span>.       <br />
              <br />
       Grâce à ses <span style="font-style:italic">« qualités exceptionnelles »</span>, rappelons avec Hofstadter que <span style="font-style:italic">« le leader paranoïaque »</span> est cet être capable de deviner, avant les autres, les complots (12). LaRouche était alors à même de dater de manière on ne peut plus précise le début de la conspiration :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« En 1763, à l'époque de ce long trajet en carriole au cours duquel Adam Smith reçut les instructions de Lord Shelburne concernant la destruction économique et la limitation de l'autonomie des colonies Anglaises en Amérique du Nord. A partir de là et jusqu'en 1863, l’establishment britannique, principalement regroupé à cette époque autour de la Compagnie Britannique des Indes Orientales, s'efforça de  détruire les États-Unis »</span> (13).       <br />
              <br />
       Dans l'esprit de LaRouche, il ne faisait alors aucun doute qu'une volonté délibérée de détruire les États-Unis était, et est d'ailleurs toujours, l'œuvre de la Couronne Britannique. En effet, dès l'indépendance des États-Unis, la crainte d'un complot anglais afin de reprendre la main dans les anciennes colonies se répandit rapidement dans la culture populaire, mythe que LaRouche réactualisait en faisant des conservateurs des deux côtés de l'Atlantique des alliés, et même, des Tories américains les subordonnés des Tories de Londres. Ainsi, depuis <span style="font-style:italic">« Aaron Burn, associé (…) à un groupe de Tories ayant quitté les États-Unis pour Londres et un autre groupe ayant constitué le réseau dormant d'agents britanniques demeuré sur place »</span> (14), les partis conservateurs, les Tories puis les Républicains, seraient des espions et des agents britanniques secrètement infiltrés dans les cercles de pouvoir Américains afin de mieux les détruire de l'intérieur, grâce notamment à l'économie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LaRouche d'identifier alors nommément les bénéficiaires de l'opération : <span style="font-style:italic">« les familles liées aux Compagnies des Indes Britanniques et Hollandaises, à New York et dans le New Jersey, ainsi que leurs alliés de la Nouvelle Angleterre : les Russell, Cabot, Lowell, Higginson, Perkins, Cushing, etc. »</span> (15). A sa manière, LaRouche semblait reprendre à son compte ce qui, dans la culture politique française, s'apparente au mythe des « 200 familles », popularisé par le journaliste collaborationniste <b>Henry Coston</b> (16). Il s’agit de l'idée que des cercles fortement restreints, plus ou moins occultes, dirigeraient secrètement les destinés réelles du pays. Les dirigeants politiques officiels seraient, au mieux, des écrans de fumée destinées à faire illusion et, au pire, des marionnettes. Ainsi, LaRouche identifiait ces mêmes familles <span style="font-style:italic">« derrière les insurrections jacobines de 1790, une intrigue menée par Burr pour détruire les États-Unis entre 1800 et 1804, les insurrections sécessionnistes de 1807-1808, les graves trahisons de 1813 et 1814 »</span> (17)… Tous ces événements dans le but de détruire ou, à tous le moins d'affaiblir,  les États-Unis depuis l'intérieur.       <br />
              <br />
       Avec l'assassinat d’Abraham Lincoln, fomenté, selon LaRouche par les jésuites (18), un président qui avait continuellement mis en échec le plan britannique, les principes de <span style="font-style:italic">La richesse des Nations</span> furent mis en place pour <span style="font-style:italic">« piller les États sudistes placés sous occupation militaire fédérale »</span> (19) et ainsi enrichir les familles, notamment sous les présidences Roosevelt et Wilson où leur emprise sur la société devenait globale. En somme, LaRouche reprenait le célèbre mythe antisémite du <span style="font-style:italic">« ils sont partout »</span> (20), souvent symbolisé par l'allégorie de la pieuvre tentaculaire engloutissant le monde dans les ténèbres et l'obscurité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les familles avec l'aide de leur homme de paille, Teddy Roosevelt, et leur président Woodrow Wilson, contrôlèrent les principales universités et les médias d'information libéraux, le monde du spectacle, les principales banques, comme la plupart des maisons d'éditions. Elles formaient l’establishment libéral de la Côte Est, couramment identifié comme la branche Américaine de la London Round Table, connue d'abord sous le nom de National Civic Federation avant d'adopter aujourd'hui celui de New York Council on Foreign Relations »</span> (21).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« La destruction de l'infrastructure de l'économie américaine a-t-elle été planifiée ? Dans le sens de ce que nous venons de dire au sujet des familles ? Plus ou moins précisément, oui »</span> (22). L'entrisme économique et financier britannique, par le contrôle de Wall-Street et des grandes banques, comme la banque JP Morgan responsable désigné par LaRouche de la crise de 1929, depuis Londres ou des cercles associés est bel et bien selon LaRouche le point de départ d'un complot qui se fait plus global, plus diffus au point d'en devenir une véritable synarchie avec l'alliance des libéraux, des fascistes et des nazis depuis les années 1930.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II - Les racines philosophiques et politiques de la synarchie</b>       <br />
              <br />
       S’inscrivant dans le continuum de la pensée conspirationniste (23), LaRouche d’identifier alors les jésuites et les francs-maçons comme les instigateurs initiaux du complot global britannique. En effet, dès  les années 1820 et 1830, la thématique d'un complot franc-maçon, en lien avec la mouvance anti-Jackson, contre la jeune République américaine devint une véritable <span style="font-style:italic">« obsession de la conspiration »</span> (24) pour de nombreux citoyens. Durant les décennies 1840 à 1860, ce furent les jésuites et les catholiques qui devinrent les cibles, et par là même, les victimes de théories du complot les accusant de vouloir détruire, en lien avec l'Empire austro-hongrois, <span style="font-style:italic">« les institutions politiques, civiles et religieuses »</span> (25) américaines pour substituer la religion catholique au protestantisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6236110.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
     </div>
     <div>
      <b>« Les racines du radicalisme britannique » (26) : les jésuites et les francs-maçons</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Depuis leur origine en 1527, les jésuites ont constamment opéré comme l'un des instruments les plus subversifs de l'oligarchie. Il doit être bien compris que la Société de Jésus n'est pas un ordre religieux mais une agence d'espionnage sans autre attache que l'oligarchie britannique. Leurs méthodes, et parfois leurs personnels, fournissent les bases du renseignement britannique »</span> (27).       <br />
              <br />
       Si les jésuites étaient à l'origine du <span style="font-style:italic">« radicalisme britannique »</span> (28) et du complot des oligarques, c'est surtout leur organisation, sous forme de société secrète, qui a servi de modèle au développement du réseau occulte britannique selon LaRouche. En effet, lui et ses collaborateurs voyaient les jésuites comme une véritable secte alimentant le trafic international d'opium et capable de mettre en œuvre des entreprises de subversion de par leurs capacités d'entrisme. Ainsi, Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus serait <span style="font-style:italic">« une sorte de gourou façon</span> <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Jones_(pasteur)">Jim Jones</a> <span style="font-style:italic">qui prêchait devant des foules de femmes hystériques »</span> (29) dans le but d'asseoir une sorte de culte de la sagesse basé sur les travaux d'Aristote. <span style="font-style:italic">« Les jésuites se sont eux-mêmes organisés sur le modèle d'Aristote, lequel était un agent la Ligue de Delphes, qui était au service des ligues anti-platonniques de Perse et d'Égypte dont la volonté était de submerger la Grèce en constituant un tissu de réseaux occultes. C'est Aristote qui arrangea le meurtre du pupille de l'Académie de Platon, le bâtisseur de cités, Alexandre le Grand »</span> (30). Au même titre que la Ligue de Delphes, les jésuites pratiquaient selon LaRouche un entrisme au sein des sociétés et des institutions, notamment là où leur influence pouvait être la plus importante, au niveau de l'enseignement et particulièrement de l'Université. <span style="font-style:italic">« Les écoles publiques britanniques, avec leurs rites apparemment irrationnels, est le pâle reflet de l'endoctrinement jésuite »</span> (31). Entrisme au niveau scolaire, mais entrisme également au niveau du trafic d'opium : <span style="font-style:italic">« les jésuites travaillaient avec les sociétés secrètes chinoises, comme le Lotus Blanc, qui jusqu'à aujourd'hui est l'une des plus actives dans le trafic de drogue »</span> (32). Dès lors, le narcotrafic international contrôlé par le Royaume-Uni ne serait que la continuation de pratiques anciennes, depuis les Guerres de l'Opium chinoises jusqu'à nos jours. Grâce à cette infiltration dans les sociétés, les jésuites pouvaient non seulement les contrôler mais, plus encore, les déstabiliser.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Tout au long de leur histoire, les jésuites eurent l'habitude d'utiliser leur soutane comme un moyen de couverture pour dissimuler des personnes agissant comme une force capable de déclencher un chaos social. En Amérique du Nord, au XVIIIe siècle, les jésuites ont encouragé et financé des tribus indiennes des côtés français et anglais durant la Guerre de Sept Ans pour ravager les maisons des colons Américains »</span> (33).       <br />
              <br />
       Les jésuites apparaissaient alors à LaRouche et ses collaborateurs comme des individus subversifs, dangereux, des comploteurs capables des agissements les plus horribles pour parvenir à leurs fins : <span style="font-style:italic">« les jésuites brûlèrent des livres, tuèrent des intellectuels, et plongèrent des pays entiers dans un cauchemar de terreur soutenu par la réaction aristotélicienne »</span> (34). Une fois de plus, LaRouche correspond parfaitement à l'idéal-type du leader paranoïaque qui considère son ennemi <span style="font-style:italic">« comme un parfait modèle de malice, une sorte de superman immoral et sinistre, omniprésent, puissant, cruel et s'adonnant à la luxure »</span> (35).       <br />
              <br />
       Cependant, le point culminant du complot était alors atteint au Royaume-Uni où la Société de Jésus allait totalement infiltrer l'oligarchie au point même de la remodeler selon sa convenance. En effet, <span style="font-style:italic">« en Grande-Bretagne, leur (les jésuites) principale opération fut de créer une &quot;faction protestante&quot; contre les humanistes Tudor »</span> (36) afin de prendre le pouvoir secrètement par l'accession au trône des Stuart. Les instigateurs principaux de ce changement de régime étaient alors tout désignés : <span style="font-style:italic">« C'est vers la famille Cecil que nous devons concentrer notre attention »</span> (37). Une fois encore, LaRouche et les siens incriminaient une de ces familles qui selon lui dirigerait l'oligarchie. Avec l'accession au trône du <span style="font-style:italic">« pitoyable Henry VIII »</span> (38) et sa rupture avec l'Eglise de Rome, <span style="font-style:italic">« le plan jésuite était en place »</span> (39). Néanmoins, ce fut avec le règne de Marie Tudor que le plan s'accélérait dans la mesure où la nouvelle reine s'avérait catholique et <span style="font-style:italic">« la crainte que son règne puisse placer le pays sous le joug de l'Inquisition et des jésuites »</span> (40) voyait le jour à travers le royaume. Après la mort de Marie, <span style="font-style:italic">« William Cecil mobilisa secrètement ses troupes pour semer la confusion dans les rangs humanistes »</span> (41) et favoriser alors l'accession au pouvoir d’Elisabeth Ière dont, par la suite, <span style="font-style:italic">« il devint le Secrétaire d'État »</span> (42). Non seulement Cecil se maintenait aux affaires, mais, au surplus, il accentuait même son emprise en mettant en œuvre des politiques de déstabilisation de l'Angleterre afin de renforcer le pouvoir occulte de l'oligarchie jésuite et financière : <span style="font-style:italic">« Non seulement Cecil maintenait sa position, mais il la renforçait même. Quoi qu'il en soit, le pouvoir réel qui se cachait derrière le pouvoir du trône était celui du jésuite Horatio Pallavicini, des amis les plus proches des Cecil et leurs banquiers. Pallavicini s'était converti au catholicisme romain, s'était marié avec une protestante et installé en Angleterre où il était devenu le banquier de la Couronne et de l'aristocratie »</span> (43). Des tentatives de déstabilisations au sein du pays étaient dès lors mises en œuvre par les jésuites conspirateurs, LaRouche et sa collaboratrice donnaient alors deux exemples. D'abord, <span style="font-style:italic">« la politique jésuite de Cecil (…) remarquablement similaire à la géopolitique contemporaine était de déstabiliser la France en encourageant la dissension protestante dans le pays »</span> (44). Ensuite les jésuites provoquèrent le déclenchement de la Guerre de Trente Ans <span style="font-style:italic">« en encourageant la résistance protestante en Hollande tout en utilisant leur jouet, le roi Philippe d'Espagne, pour instituer des mesures de répression contre les alliés de l'Angleterre »</span> (45). De même, sur le plan interne, Cecil et les jésuites allaient promouvoir ce que les larouchistes perçoivent comme une véritable tare ou dépravation morale : l'homosexualité. <span style="font-style:italic">« L'homosexualité, la pédérastie, la drogue sont les outils nécessaires à la subversion des Républiques »</span> (46).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les deux neveux de Cecil, Anthony et Francis Bacon exerçait directement leur influence immorale. Ils étaient tout à fait qualifiés pour cela. Anthony avait été menacé d'être expulsé de Bourgogne pour avoir pratiqué la sodomie sur de jeunes garçons, et Francis était un pédéraste notoire »</span> (47).       <br />
              <br />
       Avec la mort d'Élisabeth en 1603, <span style="font-style:italic">« la route du trône était ouverte pour Jacques Stuart. Robert Cecil avait continuellement mené des négociations secrètes avec Jacques qui était alors roi d'Écosse (…) Au moment où Jacques Ier accéda au trône, la Grande-Bretagne devint le foyer de l'oligarchie conspirationniste (sic) pour détruire le républicanisme et le capitalisme industriel »</span> (48). Cependant, si les jésuites étaient les pères fondateurs de l'<span style="font-style:italic">« oligarchie conspirationniste »</span>, ils se trouvaient secondés, selon LaRouche et ses collaborateurs les plus proches, par les francs-maçons, eux aussi conspirateurs patentés : <span style="font-style:italic">« la franc-maçonnerie servait les britannique d'une manière séculaire et analogue à la société secrète de renseignements jésuite »</span> (49).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6236117.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« La franc-maçonnerie naquit, en Angleterre, en tant que force pro-Stuart. Lorsque Jacques II dut fuir l'Angleterre, les francs-maçons s'en allèrent avec lui en France afin de former le noyau dur de la conspiration en sa faveur. Les conspirateurs jacobites qui soutenaient les prétentions Stuart au trône comptaient nombre de jésuites. Comme René Fülöp-Miller l'expliquait : &quot;il est remarquable de noter que, parmi les premiers membres des plus anciennes loges anglaises, nombreux étaient des jacobites et qu'il est raisonnable de penser que les jésuites avaient décidé de s'appuyer sur les maçons afin de restaurer le catholicisme au Royaume-Uni. Aussi, quand en 1737, Michel Ramsay décida d'introduire un soi disant rang supérieur dans la franc-maçonnerie, cela fut vite regardé comme une intrigue jésuite&quot; »</span> (50).       <br />
              <br />
       Les jésuites, les francs-maçons, tels sont les instigateurs premiers du complot oligarque britannique désignés par les larouchistes. Cependant, LaRouche, en identifiant ces groupes comme responsables et maîtres d'œuvre du complot, mobilisait un ressort classique de la paranoïa et du conspirationnisme dans la vie et la culture politique américaine. En effet, LaRouche s'adressant en priorité à un public américain, il utilisait et instrumentalisait alors des théories classiques et anciennes de la culture populaire américaine autour des complots francs-maçons et jésuites que Hofstadter (51) relevait déjà comme deux des plus fameuses théories conspirationnistes aux États-Unis. <span style="font-style:italic">« Le mouvement anti-maçon de la fin des années 1820 et 1830 devint une véritable obsession conspirationniste »</span> (52) qui ne se contentait pas de se limiter à des cercles ultra-conservateurs ou à l'extrême droite, mais qui se développait <span style="font-style:italic">« partout dans le nord des États-Unis en lien avec la culture populaire de la démocratie et de l'égalitarisme »</span> (53). Dans les faits, le complot franc-maçon se révélait être un synonyme ou un palliatif au complot jacksonnien dans la mesure où Andrew Jackson, lui-même franc-maçon, <span style="font-style:italic">« manifestait le même animus contre la possibilité pour un homme ordinaire de se battre face aux institutions aristocratiques »</span> (54). Le mouvement anti-maçon relevait alors d'un caractère politique conjoncturel, la personnalité d'Andrew Jackson, mais aussi et surtout structurel dans le sens où la maçonnerie était considérée comme une force occulte soit dirigeant discrètement le pays soit luttant pour détruire le gouvernement. <span style="font-style:italic">« La maçonnerie était considérée comme une conspiration ouverte contre le gouvernement républicain. Par exemple, la fameuse</span> <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conspiration_de_Burr">conspiration d'Aaron Burr</a> <span style="font-style:italic">a été prétendument conduite par les francs-maçons. La maçonnerie était accusée de constituer un système parallèle de loyauté, un imperium distinct de la structure fédérale et gouvernementale »</span> (55).       <br />
              <br />
       Dès lors, ce thème d'une conspiration maçonnique trouvait – et trouve d'ailleurs toujours – un écho certain dans la culture populaire, et surtout rurale, américaine. L'idée d'un complot maçonnique était <span style="font-style:italic">« un mouvement populaire d'une force considérable et, l'enthousiasme rural qui lui donnait toute son impétuosité faisait qu'ils (les ruraux) y croyaient de tout leur cœur »</span> (56). En effet, à une époque où la lutte pour l'égalité faisait rage, surtout en Nouvelle-Angleterre, les maçons étaient accusés d'être une force occulte occupant tous les postes clefs de la société civile, du gouvernent, des médias, etc. <span style="font-style:italic">« Les agents maçons infiltrés : shérifs, jurés, juges devaient êtres ligués avec les criminels et fugitifs maçons. La Presse était réputée comme &quot;muselée&quot; par des propriétaires et des éditeurs maçons qui refusaient de diffuser les informations quant à l'influence néfaste des maçons. A une époque où les citadelles de privilèges subissaient de nombreuses attaques, la maçonnerie était perçue comme une fraternité de privilégiés, accaparant toutes les opportunités commerciales et quasi-monopolisant les charges politiques »</span> (57). La franc-maçonnerie n'était pas seulement une organisation abominable et honnie dans la culture populaire américaine parmi d'autre, elle était aussi considérée comme d'instance littéralement diabolique. <span style="font-style:italic">« La franc-maçonnerie était le chef d'œuvre de l'Enfer »</span> (58), surtout lorsque l'idée d'un complot jésuite connexe venait se greffer sur celui-ci. En effet, LaRouche, en enchevêtrant les conspirations jésuite et maçonnique, faisait écho à un thème récurant de la culture populaire américaine ce qui lui permet de trouver un public d'autant plus réceptif à ses théories conspirationnistes. <span style="font-style:italic">« La peur d'un complot maçonnique eut bien du mal à s'apaiser lorsque les rumeurs d'une conspiration catholique contre les valeurs américaines virent le jour »</span> (59). Aussi, l'idée d'un plan jésuite contre la démocratie américaine <span style="font-style:italic">« embrasât même de nombreux modérés que la paranoïa ne touchait habituellement pas »</span> parmi les Américains qui souhaitent maintenir une certaine homogénéité culturelle et religieuse dans le pays. De même, l'accusation formulée contre les jésuites de représenter des intérêts extérieurs aux États-Unis trouvaient un fort écho parmi des groupes d'individus développant une culture paroissiale paroxystique ou exacerbée. <span style="font-style:italic">« La principale source de la conspiration était trouvée dans l'Autriche de Metternich »</span> (60) relevait Hofstadter qui signalait alors un ouvrage phare de l'époque appuyant cette théorie : <span style="font-style:italic">Austria is now acting in this country</span>. Néanmoins, le développement de théories conspirationnistes dans ces cercles plus ruraux et anti-catholiques semble plus attendue. L'idée d'un complot jésuite <span style="font-style:italic">« se diffusa largement, d'autant plus que l'influence de militants anti-catholiques les plus fervents, lesquels avait certainement une véritable affinité avec la culture de la paranoïa, était forte »</span> (61).       <br />
              <br />
       De ces éléments théoriques et factuels, il s'agit de retenir et comprendre que LaRouche et ses collaborateurs, en s'adressant en priorité à un public américain, utilisent des références conspirationnistes faisant écho à la culture populaire et politique américaine. En identifiant les jésuites et les francs-maçons comme les instigateurs initiaux du complot, LaRouche reprend un thème porteur auquel l'ancienneté apporte un certain crédit voire même une certaine légitimité emportant l'adhésion d'un public réceptif à ces théories conspirationnistes. Dès lors que des bases étaient trouvées au complot, il ne restait alors à LaRouche que de révéler le déploiement séculaire du complot en se focalisant tout particulièrement sur le XXe siècle.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6236120.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
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     <div>
      <b>Les  supposés plans fascistes de Bertrand Russell, H.G. Wells et Aldous Huxley</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« H.G. Wells et Bertrand Russell était les hommes les plus diaboliques qui vécurent au XXe siècle. Les horreurs qu'ils accomplirent avec sérénité éclipsaient celles de leur protégé Adolf Hitler. La propagande qu'ils écrivirent introduisit les techniques de manipulation de masse des décennies avant que Goebbels ne s'en vante à propos du Grand Mensonge. Une fois leurs écrits replacés dans leurs contextes, le voile tombe. L'empereur est nu, mais hideux et diabolique »</span> (62).       <br />
              <br />
       C'est alors dans les écrits des ces hommes diaboliques que LaRouche et ses partisans allaient rechercher leurs plans machiavéliques en vue de la fondation d'une « Nouvelle République », en d'autres termes <span style="font-style:italic">« un empire britannique avec un pouvoir mondial fasciste »</span> (63). En effet, LaRouche et White croient fermement en le caractère esotérique des ouvrages qui dissimuleraient, selon eux, des scénarios cachés que seuls les initiés sont à même de décoder. Ainsi, LaRouche voyait le Dr Moreau d'Aldous Huxley comme la révélation d'un plan de la CIA et de la Grande-Bretagne pour empoisonner les étudiants Américains. En effet, le Dr Moreau, dans le roman de Huxley, administrait à ses patients, ainsi qu'à lui-même, de fortes doses de cannabis afin de réaliser des expériences quant à l'influence de cette substance sur le comportement et la psyché des individus. Pour LaRouche et ses associés <span style="font-style:italic">« l'histoire du Dr Moreau devint réalité. Aldous Huxley était responsable d'avoir introduit les méthodes du Dr Moreau en Californie en tant que partie du plan secret MK-Ultra</span> (64) <span style="font-style:italic">de la CIA et de l'intelligence britannique, en inondant les campus de LSD au début des années 1960 »</span> (65). Néanmoins, si Huxley fut accusé de faire non seulement l'apologie de l'eugénisme, mais au surplus de le promouvoir comme modèle de société (66), c'est surtout H.G. Wells et Bertrand Russell que les larouchistes percevaient comme les éminences grises du complot.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Wells et Russell étaient les simples héritiers dégénérés des impérialistes britanniques du XIXe siècle qui pensaient déjà arrêter la croissance industrielle en France, en Allemagne, en Russie et aux États-Unis. Ils ne tentaient même pas de dissimuler leurs motifs derrières leur engagement. Sous couvert d'idéologie socialiste, tout ce qu'ils planifiaient et même plus que ce qu'ils accomplirent est rapporté dans leurs écrits. Les mouvements environnementalistes et maoïstes contemporains, associés aux mouvements de libération nationale et fondamentalistes, comme en Iran, trouvent leurs racines dans les opérations de Russell et Wells. Utilisant leur modèle de la Terreur jacobine, elle même dirigée depuis Londres, Wells et Russell avaient pour objectif de détruite le capitalisme industriel afin d'établir une hégémonie mondiale de type féodale et oligarchique, un nouvel âge noir »</span> (67).       <br />
              <br />
       Telles seraient alors les motivations secrètes de Wells et Russell : développer et faire prospérer un système oligarchique mondial refusant le progrès en tentant de maintenir une sorte de statu quo de la domination séculaire du Royaume-Uni, quitte à détruire ses ennemis ou rivaux. A titre d'exemple, LaRouche et ses partisans envisageaient l'Affaire Dreyfus comme une cabale britannique afin d'alimenter l'hostilité germanophobe et antisémite en France, ceci pour déstabiliser le pays et <span style="font-style:italic">« faire apparaître le sionisme plus attractif à des juifs crédules »</span> (68), d'autant plus lorsque Bertrand Russell était à Paris, <span style="font-style:italic">« attaché à l'ambassade de Grande-Bretagne »</span> (69). En effet, s'il est largement connu de nous jours que les accusations formulées à l'encontre de Dreyfus furent pire calomnie, il n'en demeure pas moins que LaRouche et les siens en donnaient une version bien à eux. Si l'incrimination d'Esterhazy était bien reprise, celui-ci n'apparaissait que comme une façade ou pion de l'oligarchie britannique. Non seulement <span style="font-style:italic">« Esterhazy était financé par les Rothschild depuis 1840 »</span> mais au surplus <span style="font-style:italic">« les Rothschild lui donnèrent un travail en tant qu'ami des juifs malgré ses relations avec Édouard Drumont »</span> (70), pourtant éditeur du journal ouvertement antisémite <span style="font-style:italic">La Libre Parole</span>. En outre, une fois la cabale et Esterhazy démasquée, celui-ci fuit la France <span style="font-style:italic">« pour Londres où il fut accueilli chaleureusement et où il reçut un traitement sympathique de la presse »</span> (71), preuve supplémentaire et indéniable de l'intelligence britannique pour les larouchistes. Mais encore, les dreyfusards eux aussi auraient été secrètement mu par les Rothschild : <span style="font-style:italic">« Zola n'était qu'un des nombreux artistes patronné par les Rothschild »</span>. En effet, <span style="font-style:italic">« la véritable cible de l'Affaire Dreyfus était en réalité Gabriel Hanotaux dont la politique était de forger une alliance franco-allemande »</span> (72) ; l'affaire Dreyfus, en alimentant la germanophobie et l'antisémitisme populaire tombait alors à point nommé pour faire échec à cette politique et mener à la démission de Hanotaux. L'hégémonie britannique était alors préservée. Le Royaume-Uni ne tolérait ainsi aucune concurrence et fomentait alors de nombreuses conspirations afin de maintenir sa domination séculaire sur le monde. Pêle-mêle, LaRouche de dénoncer les Rothschild comme les banquiers <span style="font-style:italic">« du Bund »</span> (73), <span style="font-style:italic">« du terrorisme des musulmans fondamentalistes »</span> (74), particulièrement en Iran, <span style="font-style:italic">« des groupes anarchistes »</span> (75), celui d'<a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman">Emma Goldman</a> notamment (76). Russell et Wells, quant à eux travaillent secrètement au développement du communisme dans le monde afin de le déstabiliser. <span style="font-style:italic">« Pour voir l'état d'esprit des aristocrates qui planifiaient les nouveaux âges sombres, il convient de se rapporter au livre de Bertrand Russell,</span> The Impact of Science on Society. <span style="font-style:italic">C'est une justification aristocratique d'un génocide de masse, pour la folle destruction de la civilisation comme on en a connu au Cambodge sous le régime de Pol Pot, soutenu par Mao Tsé-Toung, le stagiaire de Russell »</span> (77). En effet, selon les larouchistes, Mao, au même titre que Hitler, était une création et une marionnette entre les mains de l'oligarchie britannique dont Russell se révélait, avec H.G. Wells, l'une des figures de proue les plus dominantes. <span style="font-style:italic">« Le mouvement maoïste, que les britanniques avaient créé et contrôlaient, tout juste comme Hitler, se révélait le produit de l'oligarchie »</span> (78). Durant la Première Guerre Mondiale, laquelle <span style="font-style:italic">« était voulue par l'Angleterre »</span> (79) afin d'asseoir sa domination sur ses rivaux français et allemands, l'emprise de l'oligarchie se resserrait encore plus. En effet, suivant l'adage &quot;diviser pour mieux régner&quot;, <span style="font-style:italic">« la balkanisation était une vieille tactique britannique »</span> (80) ; l'oligarchie infiltrait, et prenait le contrôle même, des deux grandes puissances antagonistes du XXe siècle : les États-Unis et la Russie.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4094414-6238264.jpg" alt="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" title="Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique'' (1/2)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">« La Grande-Bretagne avait sans discrimination financé Lénine et Trotsky. Mais, à proprement parler, c'était l'Allemagne qui avait laissé Lénine, lui voulant signer un traité compréhensif d'équipement industriel avec les Allemands, rentrer en Russie via l'Allemagne, pendant que Trotsky, refusant ce traité, continuait à toucher les fonds britanniques depuis sa sortie de prison au Canada »</span> (81).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Depuis le meurtre du Président McKinley, le gouvernement des États-Unis n'était devenu rien de moins qu'un autre département du Bureau des Affaires Coloniales britanniques. La politique  de Woodrow Wilson était coordonnée au jour le jour avec Londres »</span> (82).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les familles avec l'aide de leur homme de paille, Teddy Roosevelt, et leur président Woodrow Wilson, contrôlèrent les principales universités et les médias d'information libéraux, le monde du spectacle, les principales banques, comme la plupart des maisons d'éditions. Elles formaient l'establisment libéral de la Côte Est, couramment identifié comme la branche Américaine de la</span> London Round Table, <span style="font-style:italic">connue d'abord sous le nom de</span> National Civic Federation <span style="font-style:italic">avant d'adopter aujourd'hui celui de</span> New York Council on Foreign Relations <span style="font-style:italic">»</span> (83).       <br />
              <br />
       Si Russell préparait, alimentait et développait, avec l'aide des Rothschild, les subversions les plus diverses afin de détruire de l'intérieur les ennemis et les rivaux de la Grande-Bretagne, H.G. Wells quant à lui prenait les devants et imaginait le gouvernement qui suivrait le triomphe de l'oligarchie ; il en livrait, selon LaRouche, les six points principaux dans un opus connu sous le titre <span style="font-style:italic">Le joueur de croquet</span> (1936).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Les points du programme de Wells pour le futur étaient :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1. La complète déclaration, pratique aussi bien que théorique, de la nature providentielle des gouvernements existant et de la totale obéissance dans leurs commandements.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">2. La détermination à limiter par tous les moyens possibles les conflits entre les gouvernements, leurs usages militants des individus et des propriétés, leurs interférences dans la gouvernance économique mondiale.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">3. La détermination à remplacer les systèmes crédits, les moyens de transports et la production des aliments de bases privés, locaux ou nationaux par un directoire mondial responsable au service de la race humaine.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">4. La reconnaissance pratique de la nécessité d'un contrôle biologique mondial, par exemple de la population et des maladies.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">5. La garantie d'un niveau minimum de libertés individuels et de bien-être dans le monde.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">6. La suprême obligation de subordonner sa vie personnelle à la création d'un directoire mondial capable de l'ensemble de ces tâches et de promouvoir le développement la connaissance, des capacités et du pouvoir humain »</span> (84).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(à suivre)</span>       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (1) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">So, You Wish to Learn All about Economics?</span> [1984], New York, New Benjamin Franklin House, 1984, p. 175.       <br />
       (2) Olivier Dard, <span style="font-style:italic">La synarchie, le mythe du complot permanent</span> [1998], Paris, Perrin, 1998, 294 p.  Par synarchie, il s'agit d'entendre l'idée qu'une société secrète ou qu'une engeance diabolique préside véritablement aux destinées d'un pays ; le pouvoir officielle ne serait qu'une façade qui dissimulerait la vérité du pouvoir. Ainsi, la presse collaborationniste de dénoncer, sous Vichy, l’existence d’un complot synarchique ayant débouché sur la défaite de 1940. Le terme de « synarchie » prend, chez les larouchistes, une signification indissolublement anglophobe et antisémite.       <br />
       (3) Carol White, <span style="font-style:italic">The New Dark Age Conspiracy: Britain's Plot to Destroy Civilization</span> [1980], New York New Benjamin Franklin House, 1980.       <br />
       (4) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 17.        <br />
       (5) Daniel Pipes, <span style="font-style:italic">Conspiracy. How the Paranoid Style Flourishes and Where it Comes from</span> [1997], New York, Simon &amp; Schuster, 1999, p. 26.       <br />
       (6) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 27.        <br />
       (7) Les Illuminés de Bavière ou « <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Aux-sources-des-Illuminati_a559.html">Illuminati</a> » étaient une société secrète fondée en 1776 par Adam Weishaupt. Il s’agissait d’une loge maçonnique s’inscrivant dans le mouvement des Lumières. Son but était essentiellement de promouvoir une philosophie humaniste et progressiste basée sur l'idée d'une perfectibilité humaine. Or, si cette société fut dissoute en 1785 par le gouvernement bavarois, il n'en demeure pas moins que le fantasme conspirationniste d'un développement secret des Illuminati, de leur implication dans les maux du monde ainsi que leur volonté de conquérir le pouvoir et d'imposer un « Nouvel Ordre Mondial » fait partie des thèmes les plus récurrents de la littérature complotiste, depuis la Révolution française. Voir Michael Barkun, <span style="font-style:italic">A Culture of Conspiracy. Apocalyptic Visions in Contemporary America</span> [2003], Los Angeles, University of California Press, 2003, pp. 39-64.  Pierre-André Taguieff, <span style="font-style:italic">La Foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot, extrémisme</span> [2005], Paris, Mille et une nuit, 2005, pp. 109-140.       <br />
       (8) Richard Hofstadter, « <a class="link" href="http://www.harpers.org/archive/1964/11/0014706">The Paranoid Style in American Politics</a> », <span style="font-style:italic">Harper's Magazine</span>, Novembre 1964, p. 85.       <br />
       (9) Cité in John S. Curtiss, <span style="font-style:italic">An Appraisal of the Protocols of Zion</span> [1942], New York, Columbia Press University, 1942, p. 24. <span style="font-style:italic">Les Protocoles</span> font également référence à une <span style="font-style:italic">« parenté entre les britanniques et les juifs »</span>. Herman Bernstein, <span style="font-style:italic">The Truth about &quot;The Protocols of Zion&quot; : A Complete Exposure</span> [1935], New York, Covic Friede, 1971, p. 65.       <br />
       (10) Richard Hofstadter, <span style="font-style:italic">The Age of Reform</span> [1955], New York, Vintage Book, 1960, p. 73.        <br />
       (11) Cf. infra.       <br />
       (12) Richard Hofstadter, art cit, p. 83       <br />
       (13) Lyndon LaRouche, op cit, p. 172.       <br />
       (14) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>        <br />
       (15) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>       <br />
       (16) Henry Coston, <span style="font-style:italic">Le Retour des 200 familles</span> [1960], Paris, La librairie Française, 1960, 192 pages. Henry Coston, <span style="font-style:italic">Les 200 Familles au pouvoir</span> [1977], Paris, Publications Henry Coston, 1988, 264 pages. Pour une critique ce mythe des 200 familles voir Pierre Birnbaum, <span style="font-style:italic">Le peuple et les gros. Histoire d'un mythe</span> [1979], Paris, Hachette Littérature, 1995, pages.       <br />
       (17) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 173.       <br />
       (18) Richard Hofstadter, dans l'article que nous avons déjà cité, « The Paranoid Style in American Politics », soulignait que le mythe d'un complot jésuite est l'un des thèmes les plus anciens et les plus ancrés dans la culture populaire américaine, il n'est pas dès lors étrange que LaRouche utilise également ce levier pour soutenir et &quot;légitimer&quot; sa démonstration conspirationniste.       <br />
       (19) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 173.       <br />
       (20) Daniel Pipes, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 86.        <br />
       (21) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 173.       <br />
       (22) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 178.       <br />
       (23) Richard Hofstadter, art cit, pp. 78-81.       <br />
       (24) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 79.         <br />
       (25) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 78.        <br />
       (26) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p 285.         <br />
       (27) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 287-288.       <br />
       (28) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 285.         <br />
       (29) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 291.       <br />
       (30) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 292.       <br />
       (31) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 292.       <br />
       (32) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 293.       <br />
       (33) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 295.       <br />
       (34) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 301.       <br />
       (35) Richard Hofstadter, art cit, p. 83.       <br />
       (36) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p.301.       <br />
       (37) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 302.       <br />
       (38) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 302.       <br />
       (39) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 302.       <br />
       (40) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 303.       <br />
       (41) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 303.       <br />
       (42) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 303.       <br />
       (43) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 304.       <br />
       (44) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 304.       <br />
       (45) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 304.       <br />
       (46) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 136.       <br />
       (47) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 305.       <br />
       (48) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 306.       <br />
       (49) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 313.       <br />
       (50) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 315.       <br />
       (51) Richard Hofstadter, art cit, pp. 78-80.       <br />
       (52) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (53) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (54) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (55) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (56) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (57) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (58) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 79.       <br />
       (59) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 80.       <br />
       (60) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 80.       <br />
       (61) <span style="font-style:italic">Ibid</span> p. 80.       <br />
       (62) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 36.       <br />
       (63) <span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 36       <br />
       (64) Michael Barkun, op cit, pp. 75-78. Dans les années 1970, la CIA dut reconnaître, et donc mettre un terme, au programme MK-ULTRA qui consistait à expérimenter l'usage du LSD pour interroger des prisonniers ou des militaires. Bien que ceci soit largement condamnable tant sur le plan moral que juridique, il n'en reste pas moins que l'usage du LSD sur les campus américains par la CIA tient du fantasme conspirationniste.       <br />
       (65) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 38.       <br />
       (66) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 59.       <br />
       (67) <span style="font-style:italic">Ibid.</span>  p. 39.       <br />
       (68) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 45.       <br />
       (69) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 46.       <br />
       (70) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 45.       <br />
       (71) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 46.       <br />
       (72) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 38.       <br />
       (73) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 58.       <br />
       (74) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 60.       <br />
       (75)	<span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 60.       <br />
       (76) « <a class="link" href="http://www.dailymotion.com/video/x6rclo_1932-le-systeme-americain-contre-lnews">1932 - le Système Américain contre l'Empire Britannique</a> », sous-titré en français et posté sur le compte daylimotion officiel de <span style="font-style:italic">Solidarité &amp; Progrès</span>, la branche française du mouvement de Lyndon LaRouche, dirigée par <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Jacques-Cheminade-est-il-vraiment-un-candidat-comme-les-autres_a808.html">Jacques Cheminade</a>.       <br />
       (77) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 71.       <br />
       (78) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 70.       <br />
       (79) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 62.       <br />
       (80) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 62.       <br />
       (81) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 64.       <br />
       (82) <span style="font-style:italic">Ibid.</span> p. 66.       <br />
       (83) Lyndon LaRouche, <span style="font-style:italic">So, You Wish to Learn All about Economics?</span>, op cit, p. 173.       <br />
       (84) Carol White, <span style="font-style:italic">op cit</span>, p. 78.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Julien Giry</b> est <a class="link" href="http://www.theses.fr/s38133">doctorant en science politique à l'Université de Rennes 1</a>. Après avoir consacré une étude aux idées politiques de Lyndon LaRouche, il prépare une thèse sur le conspirationnisme dans la culture politique américaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <link>http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-et-le-mythe-de-la-synarchie-judeo-britannique-1-2_a817.html</link>
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   <title>La théorie du complot et le sens de l’Histoire</title>
   <pubDate>Tue, 09 Jun 2009 19:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Nicolas Lebourg</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Réflexion]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Nicolas Lebourg     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/1421544-1886176.jpg" alt="La théorie du complot et le sens de l’Histoire" title="La théorie du complot et le sens de l’Histoire" />
     </div>
     <div>
      Bien sûr, il y a complot à partir du moment où il y a pouvoir à prendre, mais on s’attachera ici aux structures de complots imaginaires. Le thème du complot est fondamental au XXè siècle, son archétype étant la théorie du complot juif. Ainsi, la théorie du complot est un élément de l’Histoire et elle est elle même un moyen d’expliquer l’Histoire pour ceux qui y croient. Il s’agit donc d’un élément qui pour en être délirant ne permet pas moins d’appréhender une chose très complexe à saisir en histoire : l’imaginaire des sociétés, leurs fantasmes et la manière dont elles se représentent à elles-mêmes. La théorie du complot recherche un responsable aux éléments évolutifs du réel. La théorie du complot suppose une uni-causalité des faits. Elle est donc l’inverse même de l’Histoire qui repose sur la multi-causalité. Quiconque profère que l’histoire c’est le processus « une cause un effet » n’est pas un historien qui procède à un travail scientifique mais un narrateur qui conte un récit.       <br />
              <br />
       Lire la suite sur le site <a class="link" href="http://tempspresents.wordpress.com/2008/12/28/la-theorie-du-complot-et-le-sens-de-lhistoire/">Fragments sur les Temps Présents</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Source</span> : <span style="font-style:italic">Fragments sur les Temps Présents</span>, 28 décembre 2008.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <link>http://www.conspiracywatch.info/La-theorie-du-complot-et-le-sens-de-l-Histoire_a351.html</link>
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   <title>La mythologie des puissances de l'ombre</title>
   <pubDate>Thu, 14 May 2009 22:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Alain Duhamel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Veille]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Alain Duhamel     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/1377248-1820556.jpg" alt="La mythologie des puissances de l'ombre" title="La mythologie des puissances de l'ombre" />
     </div>
     <div>
      En période de crise, les théories du complot souterrain, les fantasmes conspirationnistes, la mythologie des puissances obscures et des réseaux secrets qui domineraient le monde fleurissent comme jamais. Les thrillers ésotériques à la Dan Brown, les romans d'action paranoïaques à la Robert Ludlum remportent des triomphes mondiaux. Des bandes dessinées raniment avec succès les légendes templières ou maçonniques. Des séries télévisées captent des audiences gigantesques en jouant des peurs et des boucs émissaires. Internet propage les fables les plus extravagantes mais parfois les plus haineuses pour expliquer les grands malheurs actuels par les pires conjurations de l'ombre : les attentats du 11 septembre seraient ainsi le résultat de machinations ourdies par la CIA et par Israël ! Si le système bancaire et financier vacille, si le chômage augmente violemment, c'est que les maîtres clandestins du monde en ont décidé ainsi ! La crédulité traverse toutes les frontières et franchit toutes les bornes, comme si l'anxiété, la colère et le ressentiment avaient besoin de coupables occultes, de réseaux mystérieux, de fables machiavéliques, voire de contes sataniques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ce serait pourtant une illusion de penser qu'il s'agit là d'un phénomène nouveau et d'une pathologie contemporaine. Les mythologies conspirationnistes sont éternelles et se sont toujours épanouies en France, où leurs textes les plus absurdes, les plus redoutables ont reçu le meilleur accueil. Les savantes et insoupçonnables éditions du CNRS publient justement <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/Complorama_a269.html">les extraits les plus caractéristiques des écrits les plus fameux exploitant la théorie du complot souterrain</a> (1). Ils ont été sélectionnés, réunis et présentés par Emmanuel Kreis, spécialiste du mythe du complot judéo-maçonnique. Il a choisi de se concentrer sur la période allant des prémices de la révolution de 1789 à la fin du vichysme. On voit ainsi le succès phénoménal que rencontre un faux qui prétend révéler les instructions secrètes envoyées aux Jésuites. Tout s'y trouve déjà, le pseudo-secret, la puissance cachée, l'organisation invisible, l'emprise sur les gens qui comptent le plus. La Compagnie de Jésus, avec son influence, ses méthodes, ses succès et ses entreprises politiques, s'exposait certes à de telles agressions. Les formulations sont cependant si caricaturales que l'énorme écho qu'elles suscitèrent reste troublant. La crédulité, le besoin de croire à des explications cachées de l'Histoire éclatent déjà.        <br />
              <br />
       Les théories conspirationnistes s'épanouissent cependant avec la Révolution. On avait accusé le roi et la Cour d'avoir spéculé sur les grains et organisé la famine. A partir de 1789, de part et d'autre, les fantasmes paranoïaques se multiplient. Saint-Just voit partout la main de l'étranger, anglais ou autrichien. Gassicourt fait des descendants imaginaires des templiers les instigateurs secrets de la Révolution. Barruel triomphe en faisant des loges maçonniques le ferment décisif de la révolte. D'autres en cherchent les racines chez les Illuminés de Bavière, chez les magiciens ou même chez les démonolâtres. L'Eglise catholique encourage tout au long du XIXe siècle la diabolisation de la franc-maçonnerie, avec par exemple Mgr de Ségur (fils aîné de la comtesse), qui imagine, au-delà des loges maçonniques, l'existence d'arrière-loges de Carbonari décidées à détruire le catholicisme. Bientôt, avec la montée de l'antisémitisme, c'est la thèse de la conspiration judéo-maçonnique qui fait florès. On relie même templiers, francs-maçons et juifs, estampillés « maîtres secrets du monde ». On multiplie les faux, comme le <span style="font-style:italic">Discours du rabbin</span>, l'équivalent des libelles d'antan contre les Jésuites. Drumont dénonce « la France juive », d'autres s'en prennent à l'occultisme, au satanisme, au socialisme (naturellement issus du complot judéo-maçonnique). Avec la bataille de la laïcité, le complotisme devient même un sujet de débats houleux au Palais-Bourbon. On y mêle toujours l'argent de l'étranger et, de plus en plus, le « complot socialiste et anarchiste ». Le pire est cependant atteint avec le trop fameux <span style="font-style:italic">Protocole des sages de Sion</span>, un faux fabriqué par la police tsariste, diffusé aux Etats-Unis par Henry Ford, qui sera au coeur de la propagande nazie et qui connaît encore aujourd'hui le plus grand succès au Moyen-Orient. De nos jours, les clubs internationaux, les rencontres institutionnelles entre puissants (Trilatérale, Bilderberg), les réseaux de la Nomenklatura prolongent ces thématiques qui ont pour caractéristique de transformer fantasmes et crédulité en succès commerciaux, en vecteurs d'intolérance et en croyances fort peu démocratiques.        <br />
              <br />
       1. « Les puissances de l'ombre », textes présentés par Emmanuel Kreis, CNRS Editions, 305 pages, 22 euros.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Source</span> : <span style="font-style:italic">Le Point.fr</span>, <a class="link" href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2009-05-14/la-mythologie-des-puissances-de-l-ombre/989/0/343377">14 mai 2009</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
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   <link>http://www.conspiracywatch.info/La-mythologie-des-puissances-de-l-ombre_a339.html</link>
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