<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.conspiracywatch.info/xml/rss.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.conspiracywatch.info/xml/rss.css" type="text/css" media="screen"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
  <description><![CDATA[Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot]]></description>
  <link>http://www.conspiracywatch.info/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-19T19:22:52+02:00</dc:date>
  <image>
   <url>http://www.conspiracywatch.info/var/style/logo.jpg</url>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/</link>
   <title>Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme</title>
  </image>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="http://www.conspiracywatch.info/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-5282145</guid>
   <title>Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)</title>
   <pubDate>Tue, 05 Mar 2013 20:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Stéphanie Courouble Share</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Stéphanie Courouble Share     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5282145-7882249.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Lire <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Negationnistes-quand-tombent-les-masques-1-2_a1005.html">la première partie</a>.        <br />
              <br />
       <b>Faurisson, falsificateur de l’histoire</b>       <br />
              <br />
       Nous en venons à ce qui représente l’essentiel de cet ouvrage : prouver que Faurisson n’est pas un spécialiste des chambres à gaz mais un falsificateur de l’histoire. De façon méthodique V. Igounet recense chapitre après chapitre toutes les contradictions qui ont jeté un voile sur la véritable personnalité de  Faurisson. Attachant minutieusement ses pas à ceux de Faurisson, l’historienne parvient à renvoyer l’image fidèle d’un homme qui s’est évertué tout au long de son parcours à leurrer le monde.       <br />
              <br />
       Dès les années 1958-1963, alors que Faurisson enseigne au lycée de Vichy, il conteste l’authenticité du journal d’Anne Frank. Désormais R. Faurisson, qui s’est forgé une stratégie pour l’interprétation des textes littéraires, sorte d’hypercritique des documents l’incitant à rejeter de façon systématique leur authenticité et à démonter les mythes qu’ils ont suscités, entend appliquer cette « méthode » critique aux récits et témoignages suscités par l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, sans les replacer dans leur contexte ou en les privant de tout lien entre eux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’une de ses premières « prises de conscience » survient à la lecture de P. Rassinier et à celle d’un article de Martin Broszat paru dans <span style="font-style:italic">Die Zeit</span> en 1960. Membre de l’Institut d’histoire contemporaine en Allemagne, M. Broszat distingue, dans cet article intitulé « Pas de gazage à Dachau », les camps de concentration des camps d’extermination (59). Cette différenciation est reprise par P. Rassinier (60), puis utilisée outrageusement par R. Harwood et Faurisson (61). Les négationnistes trouvent là la preuve évidente que des témoins ont menti à propos des chambres à gaz de Dachau, et <span style="font-style:italic">ipso facto</span> à propos de celles d’Auschwitz.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5282145-7882251.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" />
     </div>
     <div>
      À la fin des années soixante, Faurisson parle à des amis de sa découverte dans les archives d’Auschwitz, qui prouverait la non-existence des chambres à gaz, il ne montre pas de haine envers les Juifs, il se dit juste intéressé par la recherche (p. 119). En 1972, alors qu’il soutient sa thèse en littérature sur <span style="font-style:italic">La bouffonnerie de Lautréamont</span>, il s’attaque à un mythe littéraire. Une phrase formulée par lui lors de sa soutenance, évoquait déjà une autre prétendue mystification : les chambres à gaz. Enseignant à l’université de la Sorbonne, il répand ses idées négationnistes, ce qui commence à gêner sa hiérarchie ; il est alors subitement nommé à l’université de Lyon II en 1973. L’historienne mène l’enquête et s’interroge sur cette nomination controversée. Des rumeurs circulent ; la plus justifiée : les universitaires parisiens voulaient se séparer de Faurisson en l’envoyant à Lyon (p. 142). Des avis confidentiels sont ajoutés au dossier de sa candidature, mais ses propos négationnistes ne sont pas dénoncés. En 1974, il envoie ses premières lettres à des historiens, des déportés. Très courtois, il explique qu’il est à la recherche d’informations sur les chambres à gaz. S’appuyant largement sur des témoignages de collègues, étudiants de l’époque, V. Igounet nous livre une description complète de ses débuts négationnistes. Faurisson se voit refuser une promotion à l’université, il s’entête. Il écrit alors à M. Bernadet, son président, pour lui demander une révision et en profite pour expliquer sa conception de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. À ce moment-là, on comprend que Faurisson est persuadé de ses découvertes ; il s’est auto-convaincu. On se demande souvent si les négationnistes croient vraiment ce qu’ils affirment. En effet, tous ne sont pas convaincus de la même façon. Le journaliste allemand <b>Michael Schmidt</b> a filmé pendant deux ans des réunions néo-nazies, certaines avec des négationnistes. En 1991, il en sortira un documentaire, <span style="font-style:italic">Wahrheit macht frei</span> (62). En se faisant passer pour un néo-nazi, le journaliste a réussi à interviewer T. Christophersen, qui montrera quant à lui, des signes d’hésitation dans ses propos (63).       <br />
              <br />
       « Vous êtes accusé par certains collègues d’être fou, et non pas d’être nazi », déclare son président d’université à Faurisson (p. 161). Face à lui, V. Igounet nous renvoie l’image d’une administration qui se montre incapable de régler les difficultés provoquées par ce professeur. Abusant des procédures judiciaires, Faurisson qui ne supporte pas que ses exigences ne soient pas satisfaites, se pose en victime. À aucun moment, il ne lui vient à l’esprit de se remettre en question. En pratique, Faurisson ne gagne pas puisqu’il se voit refuser pendant cinq ans son avancement. Néanmoins, en 1976, l’université de Lyon reconnaît les « travaux de recherche » de Faurisson, puisque la question « Le Journal d’Anne Frank est il authentique ? » est inscrite officiellement dans le programme de son cours, où il mentionne le livre du négationniste universitaire A. Butz et la revue de R. Harwood, auteur anglais d’extrême droite.       <br />
              <br />
       Faurisson parvient à légitimer sa position dans la sphère publique. Spécialiste de la critique de texte, il promeut sa méthode d’analyse et il obtient un entretien aux <span style="font-style:italic">Nouvelles littéraires</span>. Il est clair que l’université aurait dû mettre un point final à ce cours, si les autorités avaient pris la peine de s’informer sur A. Butz et R. Harwood. Mais l’emploi outrancier du terme « révisionniste » par ces auteurs, la mise en avant de titres universitaires et de leurs prétendues « recherches objectives » leur ont permis de s’insérer dans l’espace public. Leur présence conférera à Faurisson un appui appréciable, justifiant désormais sa « thèse » par le fait que d’autres, « experts » en la matière partagent son point de vue. C’est ainsi que se crée le débat et, à ce stade, l’ambition de Faurisson est claire : il envisage de corriger et combler les lacunes de l’histoire officielle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les bases idéologiques du négationnisme étant posées dans les années soixante, il a suffi de les développer et de les propager, utilisant l’art de la rhétorique décrit par Aristote, faisant intervenir <span style="font-style:italic">ethos</span>, <span style="font-style:italic">pathos</span> et <span style="font-style:italic">logos</span> (64). Afin d’obtenir une légitimité, l’orateur doit se rendre crédible auprès de son auditoire ; il doit acquérir sa confiance, faire montre de bons sens : il s’agit de l’<span style="font-style:italic">ethos</span>. Le <span style="font-style:italic">logos</span> représente la construction logique de l’argumentation et le <span style="font-style:italic">pathos</span> s’adresse aux sentiments de l’auditoire. Nombreux sont les négationnistes qui sont entrés dans cette rhétorique de légitimation, mais sans vraiment cacher toutefois leurs liens avec des mouvements extrémistes ; leurs propos si extrêmes ne permettent pas non plus aux lecteurs d’être dupes sur leur but véritable. Cette logique de légitimité paradoxale s’explique par le fait qu’elle crée un meilleur scandale dans la sphère publique : les paradoxes plaisent aux médias, conférant aux négationnistes un regain de publicité.       <br />
              <br />
       En 1976, Faurisson se rend aux archives du musée d’Auschwitz avec une idée déjà tout faite, écartant l’idée d’examiner la totalité des documents conservés (p. 171-173). En août 1977, il publie dans <span style="font-style:italic">Historia</span> un article sur les prétendues incohérences techniques des chambres à gaz, publication qui va lui donner un semblant de scientificité (65). Une question s’impose : comment un magazine d’histoire a-t-il pu publier un tel article ?       <br />
              <br />
       Durant ce même été, Faurisson rencontre à Paris A. Butz. Il vient de faire ses « découvertes » dans les archives d’Auschwitz ; il est ravi et sûr de lui. Cette rencontre, que l’ouvrage n’évoque pas, est importante pour les deux hommes, d’une part parce que Faurisson voue une grande admiration à l’universitaire américain et d’autre part, parce que tous deux, dans un souci de légitimation cherchent à montrer le sérieux de leurs découvertes (66). Professeur, A. Butz s’est lui aussi retrouvé dans une controverse universitaire à la sortie de son livre. L’itinéraire commun emprunté par les deux hommes et les problèmes identiques qu’ils ont eux-mêmes engendrés ont certainement favorisé une amitié durable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5282145-7882253.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" />
     </div>
     <div>
      Durant l’année 1978, l’université de Lyon II a connaissance des travaux de Faurisson. Un texte du négationniste dans la revue d’extrême droite, <span style="font-style:italic">Défense de l’Occident</span>, ébranle (67) ; la caution scientifique de l’université choque les survivants et dérange des universitaires. L’historienne décortique et démonte sa méthode : décontextualisation, hypercriticisme et occultation (p. 192). L’affaire Faurisson débute en 1978 ; V. Igounet nous en révèle les dessous. Faurisson se voit dans l’impossibilité de faire cours, de nombreuses manifestations ont lieu. L’administration universitaire suggère alors que Faurisson enseigne à distance, quoique restant toujours rattaché à l’université, situation en fait rêvée pour lui, explique l’historienne, puisqu’il pourra désormais consacrer « son salaire et son temps libre [à] la cause négationniste ». Il faudra attendre l’année 1984 pour que le président lui interdise l’utilisation de l’en-tête universitaire dans ses correspondances privées. Après ce « tour de passe-passe extraordinaire » (p. 233), Faurisson se fait connaître dans les médias français et arabes, diabolise Israël tout en continuant à nier être antisémite (p. 250-253). Ne pouvant plus accéder à la plupart des archives, Faurisson rencontre <b>Jean-Claude Pressac</b>, hasard déterminant pour l’universitaire qui va le solliciter pour ses recherches. L’historienne nous retrace avec précision l’itinéraire de ce pharmacien d’extrême droite, éduqué dans des écoles militaires, séduit par le sujet et qui se met au service de Faurisson tout en adhérant à la cause négationniste. Quelques années plus tard, J-C. Pressac reviendra pourtant sur ses avis et, rendu conscient de son erreur par l’examen attentif des archives, deviendra en France un spécialiste en la matière (68).       <br />
              <br />
       Dans les années quatre-vingt, Faurisson gagne en respectabilité dans les médias : en 1987, on le qualifie d’historien à la télévision française, tandis que ses liens avec des néo-nazis sont de plus en plus évidents (p. 318). Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, les négationnistes à l’offensive opèrent une manœuvre de rapprochement avec le monde arabo-musulman. Une amitié entre Faurisson et le négationniste suédois d’origine marocaine <b>Ahmed Rami</b> se crée (p. 321). Le travail de P. Guillaume en faveur de la cause négationniste avance indépendamment de Faurisson et le négationniste révolutionnaire met en avant <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Du-stalinisme-a-l-antisionisme-radical-la-trajectoire-de-Roger-Garaudy_a347.html">Roger Garaudy</a>, qui réalise une tournée triomphale dans le monde arabe à l’été 1996 grâce à un ouvrage dont le titre même résume l’idéologie : <span style="font-style:italic">Les mythes fondateurs de la politique israélienne</span> (69). Faurisson se sent délaissé. L’historienne nous apprend les difficiles relations entre R. Garaudy et Faurisson et comment P. Guillaume a réussi à gagner Faurisson à la nouvelle cause négationniste (p. 343).       <br />
              <br />
       Le dernier chapitre du livre de V. Igounet analyse le négationnisme au début du XXIe siècle et son succès dans les pays arabes. Tandis que R. Garaudy est perçu comme le nouveau héraut de la cause arabe et palestinienne, le président iranien émet un premier communiqué officiel en sa faveur en 1998. L’historienne est très lucide sur les relations entre les deux auteurs : Garaudy est plus âgé que Faurisson, il a des difficultés à se déplacer. Faurisson reprend alors le « flambeau allumé dans le monde arabe » et que R. Garaudy lui avait volé (p.344). Le négationnisme, une fois Faurisson parvenu à sa tête, se laisse accaparer par le régime iranien dans son combat contre Israël et contre les Juifs, pour aboutir en janvier 2006 à une conférence internationale et à la création d’un comité de recherche sur l’holocauste en Iran. V. Igounet a enquêté sur Dieudonné et ses acolytes, elle a montré comment ces derniers vont se joindre à la cause négationniste et entretenir des relations étroites avec Faurisson. Les négationnistes de la première heure se retrouvent en Iran et « l’heure de gloire » de Faurisson sonne enfin. Le négationnisme s’est désormais transformé en une nébuleuse où l’obscur universitaire français est instrumentalisé avec son consentement.       <br />
              <br />
       Dans cette biographie, qui s’insère dans la lignée de travaux français sur les négationnistes (70), V. Igounet inaugure une analyse tournée vers le monde arabe qui montre une cohérence idéologique entre les différents courants (71). Des photos montrant les négationnistes tous réunis à la conférence internationale en Iran en 2006, ou encore Faurisson en Iran en février 2012, alors que M. Ahmadinejad ouvre le trentième festival international du film de Téhéran (72), illustrent entre autres l’étroitesse des relations ainsi nouées.       <br />
              <br />
       La gloire donc pour R. Faurisson ? Si l’on considère l’appui et le soutien financier obtenus en s’alliant à l’Iran, on peut avec V. Igounet accorder au ténébreux personnage sa victoire. Il semble néanmoins que ce succès sera de courte durée car le pacte conclu avec l’Iran prive le « chercheur » de son indépendance et fait dépendre l’avenir du négationnisme de celui de la République iranienne. La « bonne nouvelle », pour reprendre ironiquement les termes de  Faurisson, laisse prévoir un retour de bâton : la publication dans la <span style="font-style:italic">New York Review of Books</span> en février 2007 d’une lettre de protestation, signée par plus de 100 intellectuels iraniens vivant hors de l’Iran et indignés par le négationnisme étatique adopté par leur gouvernement, en est déjà un avant-goût (73).        <br />
              <br />
       Il reste toutefois que Faurisson a réussi à convaincre une frange de la population. Pour V. Igounet, Faurisson, figure incontournable du négationnisme contemporain, est en passe de devenir ce qu’il a toujours souhaité le plus ardemment : « le maître à penser du révisionnisme mondial » (p. 253). Que Faurisson, « dont les amitiés à l’extrême droite étaient peu visibles, [ait] pu, en sa qualité de chargé de cours dans une université, faire croire qu’il [n’était pas le maître d’œuvre] d’une entreprise idéologique » représente-t-il une originalité française (74) ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5282145-7882254.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2)" />
     </div>
     <div>
      De nombreux auteurs négationnistes étrangers ont fait état de leurs titres et de leurs « recherches » pour légitimer le négationnisme dans chaque pays. À l’instar de Faurisson qui va adopter comme père spirituel P. Rassinier, A. Butz deviendra la référence négationniste aux États-Unis, prenant comme père adoptif l’historien révisionniste H. Barnes.        <br />
              <br />
       En Allemagne, les auteurs négationnistes ont largement inspiré le négationnisme international et ont semé le doute dans leur pays, de par leurs qualités professionnelles, leurs procès médiatisés. En 1973, une crédibilité va être accordée aux propos de T. Christophersen et à sa brochure <span style="font-style:italic">Die Auschwitz-Lüge</span>, car il s’agit dans l’esprit de nombreux Allemands du « rapport spontané » d’un témoin des camps, d’un soldat. La description qu’il fait du camp d’Auschwitz comme d’un camp de travail entend le rapporter à « l’horreur normale de la guerre » et déculpabiliser tous les soldats allemands. Ce pamphlet apporte d’une certaine façon un soulagement, et c’est pourquoi il ne va pas susciter une complète désapprobation dans l’opinion publique ou dans les médias. T. Christophersen ne se retrouvera donc pas devant un tribunal, contrairement à son préfacier, M. Roeder.       <br />
              <br />
       Il faut également évoquer <b>David Irving</b>, journaliste, écrivain, historien anglais. Dans les années soixante, il exprime son intérêt pour la Seconde Guerre mondiale avec la publication de plusieurs livres sur le sujet (75). En 1977, considéré alors comme l’un des meilleurs spécialistes du IIIe Reich, par son livre <span style="font-style:italic">Hitler’s War</span> il entend démontrer que Hitler était un dirigeant faible, qu’il n’a jamais ordonné ni eu connaissance d’aucune politique génocidaire. À la suite du rapport de F. Leuchter, D. Irving s’engage à annuler toute référence à l’Holocauste dans la nouvelle édition de <span style="font-style:italic">Hitler’s War</span> (76) et s’affirme ouvertement proche de l’IHR (Institute for Historical Review). Le procès de D. Irving contre l’historienne américaine <b>Deborah Lipstadt</b>, l’un des plus médiatisés de ces dernières années (1996-2000), permettra de faire reconnaître celui-ci comme falsificateur, raciste et antisémite, tout en attirant l’attention sur un auteur d’une importance majeure dans cette nébuleuse.       <br />
              <br />
       Enfin, en Amérique, la Toile qui n’est pas soumise aux mêmes lois qu’en Europe, permet à une jeune génération de négationnistes de s’infiltrer facilement et de semer le trouble auprès de la population jeune ou moins jeune. Créé en 2008, l’un des sites les plus actifs, holocaustdenialvideos.com montre des images tournées à l’intérieur du camp d’Auschwitz pour expliquer de manière très pédagogique comment l’extermination dans les chambres à gaz n’a pas été possible. Ce site négationniste, fréquenté par environ 300 visiteurs chaque mois, sans être important, n’est pas négligeable. Citons aussi le film d’Eric Hunt, <span style="font-style:italic">The Last Days of the Big Lie</span>, qui réfute point par point les témoignages des survivants du dernier film de Steven Spielberg (77). Le film, réalisé avec talent, connaît un large succès sur Youtube avec plus de 51 000 visites pour la première partie depuis mai 2011. Le négationnisme américain grandit sur Internet tandis qu’en Europe des lois l’empêchent au contraire de progresser. Le site négationniste français L'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerres et d'Holocaustes (AAARGH), créé en octobre 1996, dont on attribue la paternité à S. Thion et P. Guillaume, est maintenant basé aux Etats-Unis ; il est toujours actif et diffuse également de nombreuses vidéos. Actuellement, les réseaux sociaux abreuvent les internautes de commentaires où l’idée perverse qu’il est essentiel d’avoir un débat entre deux « écoles historiques » fait encore des dégâts. Vendu sur Amazon, un livre récent d’un soi-disant universitaire, <b>Thomas Dalton</b> (Ph.D.), est l’un des exemples les plus récents de cette volonté d’une « discussion entre historiens ». Avec un titre ambigu, <span style="font-style:italic">Debating the Holocaust: A New Look At Both Sides</span> (Débattre sur l’Holocauste : un nouveau regard sur les thèses en présence), la maison d’édition cherche à cacher le fait qu’elle est dirigée par <b>Germar Rudolf</b>, négationniste néo-nazi allemand (78).       <br />
              <br />
       À l’heure où les témoins du génocide disparaissent, et malgré les lois européennes en vigueur, le négationnisme à l’échelle internationale sévit donc toujours et représente un danger manifeste, en particulier auprès des jeunes générations. Ainsi voit-on actuellement des professeurs de collèges et de lycées faire face à des propos négationnistes tenus par des élèves. Malgré les évidences historiques qui leur sont opposées, ces adolescents nourris à l’informatique et malheureusement pétris des idées navrantes que véhicule Internet se retranchent sur leur néfaste position (79).       <br />
              <br />
       Sans pouvoir prétendre à une gloire absolue, pour reprendre le terme employé par V. Igounet, Faurisson et les négationnistes réussissent à exister partout dans le monde.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (59) <span style="font-style:italic">Die Zeit</span>, « Pas de gazage à Dachau », 19 août 1960.       <br />
       (60) Gilles Karmasyn <a class="link" href="http://www.phdn.org/negation/broszat.html">sur PHDN</a>, écrit que « le premier à avoir falsifié les propos de Broszat, et par conséquent le père de cette falsification, c'est le négationniste et imposteur Paul Rassinier, en 1962 dans <span style="font-style:italic">Le Véritable Procès Eichmann</span>, Les Sept Couleurs, p. 79 ».       <br />
       (61) Faurisson, <span style="font-style:italic">Storia Illustrata</span>, août 1979, p. 7 ; R. Harwood, <span style="font-style:italic">Did Six Million Really Die ?</span>, op. cit., pp. 5-6.       <br />
       (62) Cf. supra note 14.       <br />
       (63) Cf. l’interview : <a class="link" href="http://www">http://www. vex.net/~nizkor/ftp.py?people/c/christophersen.thies/heil-hitler-thies.fr</a>. vex.net/~nizkor/ftp.py?people/c/christophersen.thies/heil-hitler-thies.fr       <br />
       (64) Cf. Robert Angove, “Holocaust Denial and Professional History-Writing”, University of Saskatchewan, 2005. Cf. Aristote (trad. Pierre Chiron), <span style="font-style:italic">Rhétorique</span>, Flammarion, 2007.       <br />
       (65) Faurisson, <span style="font-style:italic">Historia</span>, août 1977.       <br />
       (66) A. Butz, « <a class="link" href="http://vho.org/tr/2004/1/Butz7-10.html">Robert Faurisson – A Long View</a> », 2004.       <br />
       (67) Faurisson, « Le problème des chambres à gaz », <span style="font-style:italic">Défense de l’Occident</span>, juin 1978, n°158, pp. 32 – 40.       <br />
       (68) J.-C. Pressac, <span style="font-style:italic">Auschwitz. Technique and Operation of the Gas chambers</span>, New York, The Beate Klarsfeld Foundation, 1989 (<span style="font-style:italic">Les Crématoires d’Auschwitz : la machinerie du meurtre de masse</span>, CNRS Éd., 1993).       <br />
       (69) R. Garaudy, op. cit.       <br />
       (70) F. Brayard, op. cit. ; N. Fresco, op.cit. ; M. Prazan et A . Minard, op. cit.       <br />
       (71) Cf. également le livre de Meir Litvak &amp; Ester Webman, <span style="font-style:italic">From Empathy to Denial : Arab Responses to the Holocaust</span>, New York : Columbia University Press, janvier 2009.       <br />
       (72) <a class="link" href="http://www.huffingtonpost.fr/valerie-igounet/robert-faurisson-historie_b_1305920.html">http://www.huffingtonpost.fr/valerie-igounet/robert-faurisson-historie_b_1305920.html</a>       <br />
       (73) <span style="font-style:italic">New York Review of Books</span>, 15 février 2007, vol 54, n°2, cité par Mark Weitzman, “Holocaust Denial in Light of the Teheran Conference”, mars 2007.       <br />
       (74) M. Steinberg, <span style="font-style:italic">Les Yeux du témoin et le Regard du borgne, l'histoire face au révisionnisme</span>, Cerf, 1990, p. 183.       <br />
       (75) David Irving, <span style="font-style:italic">The Destruction of Dresden</span>, 1re édition Williamm Kimber and Co., 1963 (<span style="font-style:italic">La destruction de Dresde</span>, Robert Laffont, 1964).       <br />
       (76) ADL, « <a class="link" href="http://www.amazon.com/Hitlers-Apologists-Anti-Semitic-Propaganda-Revisionism/dp/9993079642">Hitler’s Apologists: The Anti-Semitic Propaganda of Holocaust &quot;Revisionism&quot;</a> », An Anti-Defamation League Publication, 1993, p. 22.       <br />
       (77) Le film <span style="font-style:italic">The Last Days of the Big Lie</span> était visible le 3 octobre 2012 à cette adresse : http://www.youtube.com/watch?v=F7tHB8tD34s       <br />
       (78) Thomas Dalton, <span style="font-style:italic">Debating the Holocaust: A New Look At Both Sides</span>, Theses &amp; Dissertations Press, 2009.        <br />
       (79) Témoignages de professeurs venus de Belgique lors de mon intervention sur le négationnisme à l’École Internationale pour l'Etude de la Shoah, Yad Vashem, 17 juillet 2012. Dans le n° 165 du Débat de mai-août 2011 sur « L’histoire saisie par la fiction », un auteur réputé indique que dans certains établissements britanniques les enseignants évitent d’évoquer la destruction des Juifs pour ne pas heurter les sentiments des élèves musulmans. Voir <span style="font-style:italic">Le Banquet</span>, n°30, juin 2012, p. 238 (NDLR).       <br />
              <br />
       <span class="u">L'auteure</span> :       <br />
       Docteur en histoire, <b>Stéphanie Courouble Share</b> est en train de terminer un ouvrage inspiré de sa thèse (titre provisoire : <span style="font-style:italic">Le négationnisme international. Analyse comparative d’un problème public : France, Angleterre, Allemagne, Canada et États-Unis, de 1946 à nos jours</span>) qu'elle a réalisée sous la direction de Pierre Vidal-Naquet. Chercheure associée à <span style="font-style:italic">The Arnold and Leona Finkler Institute of Holocaust Research</span> de l’Université de Bar-Ilan (Israël), elle est également rattachée à l'Institut d'histoire du temps présent-CNRS (Paris) et à l’<span style="font-style:italic">Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy</span> (New York). Texte publié initialement dans la revue <span style="font-style:italic">Le Banquet</span>, n° 31, hiver 2012/2013 (remerciements à Yael Bensimhoun pour la relecture de cet article).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/5282145-7882249.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Negationnistes-quand-tombent-les-masques-2-2_a1009.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-5260608</guid>
   <title>Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)</title>
   <pubDate>Tue, 26 Feb 2013 12:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Stéphanie Courouble Share</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Stéphanie Courouble Share     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5260608-7850920.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" />
     </div>
     <div>
      Auteur sans affiliation politique connue et soi-disant apolitique, <b>Robert Faurisson</b>, professeur de français dans un collège à Vichy puis maître de conférences en littérature dans une université lyonnaise en 1974, se prétend chercheur spécialiste de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et se pose en découvreur compétent sur la technicité des chambres à gaz. Il est perçu par ses acolytes comme le chef du révisionnisme moderne. Qu’en est-il vraiment ? Dans les années soixante-dix, le qualificatif d’historien lui a été attribué, lui conférant une certaine crédibilité dont il jouit encore (1). Qu’il soit désigné souvent dans la presse actuelle comme un « historien révisionniste » (2) frôle l’insoutenable lorsqu’on l’entend révéler au monde « la bonne nouvelle », à savoir que les Juifs ne sont pas morts puisque les chambres à gaz sont impossibles techniquement et qu’Israël a profité de ce mensonge pour soutirer à l'Allemagne des aides financières.       <br />
              <br />
       Les révélations contenues dans <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Sur-les-pas-de-Robert-Faurisson-heraut-du-negationnisme-francais_a814.html">l’ouvrage de Valérie Igounet</a> (3) rendent au personnage toute sa singularité, écartant ainsi l’ambiguïté qui régnait à son sujet. Cette biographie est le second ouvrage de l’historienne qui avait déjà révélé ses qualités de spécialiste du sujet, <span style="font-style:italic">Histoire du négationnisme en France</span> retraçant l’évolution du négationnisme de ces soixante dernières années (4). Avec ce livre, l’auteur expose à nouveau cette histoire mais en s’attachant cette fois à l’un de ses protagonistes. Pour l’écrire, et par souci de vérité, elle a rencontré des proches de <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/robert+faurisson/">Faurisson</a> ou s’est entretenue par correspondance avec eux. Découpé en cinq chapitres qui recouvrent chacun une période de sa vie, l’ouvrage nous invite à suivre le parcours de Faurisson de son enfance jusqu’à aujourd’hui. Au fil de pages passionnantes, le lecteur découvrira avec effroi le monde d’un homme dont la folie s’est indubitablement emparée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les obstacles liés à l’élaboration d’un tel ouvrage sont de différents ordres. Le premier réside dans le fait que la consultation de documents relatifs à la vie d’un individu est soumise à une réglementation : les archives ne sont accessibles qu'après un délai de cinquante ans. Or les dérogations sollicitées par l’historienne lui ont été refusées. De ce fait, le travail de V. Igounet s'est effectué principalement à partir des archives publiques et nationales, d'archives privées et d'entretiens avec des personnes qui ont connu l’homme (5). Le second est lié à la personnalité même du sujet choisi : écrire la biographie d'un personnage qui manie si bien la mise en scène et qui relève du pathologique est en effet un pari difficile. Sans entrer dans des détails de la vie de Faurisson qui auraient égaré le lecteur, V. Igounet s’est attachée, d’une part, à comprendre l'élaboration de sa pensée et, d’autre part, à arracher le masque de ce fabulateur, dévoilant ainsi au lecteur toute sa duplicité. Le résultat est éloquent. Nul doute, après lecture de cet ouvrage, que Faurisson est d’extrême droite, antisémite et instable psychologiquement. Grand falsificateur qui construit une histoire à travers le prisme de la haine, il apparaît également comme un provocateur égocentrique qui cherche à se mettre en avant dans les médias.       <br />
              <br />
       Dès son introduction, l’historienne est explicite sur l’évolution du négationnisme : « Le rapport à Israël est devenu central dans la thématique négationniste au XXIe siècle » (p. 16) avec comme fil conducteur inamovible dans l'idéologie : la haine des Juifs. V. Igounet observe ce changement indéniable dans la rhétorique négationniste : un ressentiment envers Israël qui dévie vers un antisionisme radical de par ses liens avec le régime iranien (p. 28).       <br />
              <br />
       Plus imposant à la fin des années soixante et soixante-dix, le discours antisioniste des négationnistes a engendré un double effet diachronique finement observé dans l’ouvrage. Dans un premier temps, ce discours, audible dans le contexte politique de l’époque, a d’abord permis de dissimuler l’antisémitisme encore mal perçu, de légitimer le négationnisme et de se rendre crédible auprès d’intellectuels. Pierre Vidal-Naquet décrit ainsi cette période : « (…) Le livre <span style="font-style:italic">Vérité historique ou vérité politique ?</span> (6) était paru. On voyait Edgar Morin trembloter et se poser des questions. Le journal <span style="font-style:italic">Libération</span> de même. Vous aviez toute une intelligentsia qui était en train de basculer » (7). Ajoutons que cette déviance d’intellectuels s’observe au même moment dans plusieurs pays (8). En 1974, en Angleterre, <b>Colin Wilson</b>, l’un des romanciers les plus connus de sa génération, se dit déconcerté par les propos du négationniste <b>Richard Harwood</b>. En 1978, l’historien allemand <b>Hellmut Diwald</b> de l’université de Erlangen-Nuremberg publie un ouvrage où il émet des doutes sur la « solution finale » (9). En 1979, <b>Noam Chomsky</b>, le célèbre linguiste américain, défenseur de la liberté d’expression, soutient Faurisson dans un « avis » qui constituera ultérieurement la préface de l’ouvrage du négationniste français (10).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5260608-7851194.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" />
     </div>
     <div>
      Trente ans plus tard, ce discours antisioniste plus que jamais d’actualité, permet d’amorcer un second virage : les négationnistes en perte de vitesse sont à la recherche d’un souffle nouveau ; ils y parviennent en s’acoquinant avec le dictateur iranien, qui annonce sans ambages que le génocide des Juifs est un « mythe judéo-sioniste ».        <br />
              <br />
       <b>Faurisson, dans une triangulaire politique ?</b>       <br />
              <br />
       Pour V. Igounet, nul doute n’est permis : Faurisson se range politiquement à l’extrême droite depuis son éveil à la conscience politique. Des camarades de classe décrivent un Faurisson, alors âgé de vingt ans, glorifiant l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Lors d’un entretien avec V. Igounet, celui-ci explique avoir lu le livre de l’intellectuel d’extrême droite <b>Maurice Bardèche</b> en 1948 (11) et en avoir été convaincu ; il se rappelle avoir jugé injuste la condamnation à mort du milicien <b>Pierre Gallet</b> la même année. Ce procès l’a rendu fou, explique-t-il (p. 48). D’autres témoignages viennent conforter cet avis porté sur Faurisson : des propos racistes envers des élèves africaines alors qu’il enseigne au lycée à Vichy de 1958 à 1963 (p. 62), des conseils de lecture de <span style="font-style:italic">Mein Kampf</span> à ses meilleures élèves (ibid.).        <br />
              <br />
       Durant la guerre d’Algérie, des rapports de police montrent que Faurisson avait déjà des activités politiques d’extrême droite (p. 80), comme le prouve sa relation avec l’ancien collaborateur <b>André Garnier</b>. Néanmoins, tout au long de ces décennies, Faurisson gardera ces contacts semi-secrets, préférant les dissimuler « pour une construction de son avenir » (p. 89). Tandis que Faurisson continue à se déclarer apolitique, V. Igounet lui apporte un démenti fondé sur des faits concrets : <b>Yvonne Schleiter</b>, la sœur de Faurisson, sa plus fidèle collaboratrice, curieusement toujours restée dans l’ombre, se trouve être aussi la femme d’un homme engagé politiquement à l’extrême droite ; publié par une revue d’extrême droite <span style="font-style:italic">Défense de l’Occident</span> (12), Faurisson est invité en septembre 1979 par le parti néo-nazi américain, <span style="font-style:italic">National Alliance</span>, à donner une conférence sur « l’inexistence des chambres à gaz » (13). On le voit en outre dans un documentaire à une réunion de néo-fascistes européens (14).       <br />
              <br />
       Dans les années soixante-dix, Faurisson est contre toute attente soutenu par des membres d’un groupuscule de l’ultra-gauche (15). Sa rencontre avec <b>Pierre Guillaume</b>, militant de l’ultra-gauche, va être déterminante. Cette relation de plusieurs décennies entre les deux hommes se révèle passionnelle, parfois conflictuelle. P. Guillaume déclare qu’il est venu apporter son soutien à Faurisson soi-disant victime d’une véritable « chasse aux sorcières » à la fin des années soixante-dix et en proie à des pulsions suicidaires. Le sauveur révolutionnaire, P. Guillaume, en voit sa vie bouleversée à tel point qu’il va lui-même être interné à l’hôpital psychiatrique au début des années 2000 (p. 376). Les relations entre les différents militants d’ultra-gauche et la cause négationniste sont admirablement décrites dans le livre, bien qu’à mon sens, le rôle de <b>Serge Thion</b>, chercheur au CNRS, figure essentielle dans ce négationnisme intellectuel  libertaire, ait été trop peu approfondi.       <br />
              <br />
       Ethnologue et sociologue, S. Thion se fait connaître par ses travaux sur l’Afrique du Sud et sur les Khmers rouges. Reconnu comme militant tiers-mondiste, il fréquente la librairie de La Vieille Taupe dans les années soixante-dix et lit les ouvrages de <b>Paul Rassinier</b> (16), un ancien déporté, résistant, libertaire qui met en doute les chambres à gaz dans les années soixante. Pendant l’affaire Faurisson, S. Thion prend la défense de l'universitaire et écrit un article, « Le comment du pourquoi », qui deviendra en 1980 l’introduction de son livre, <span style="font-style:italic">Vérité historique ou vérité politique ?</span> (17). La défense de la liberté d’expression n’est pas la seule raison qui explique l’engagement du chercheur aux côtés de Faurisson. S. Thion utilise les arguments de P. Rassinier. Sur l’existence des chambres à gaz, l’auteur, se disant « incapable de décider » (18), inaugure ainsi une nouvelle tendance que <b>Pierre-André Taguieff</b> qualifiera par la suite de « dubitationniste » (19). Il estime que de nombreuses personnes s’interrogent, mais que les enjeux politiques et les conséquences que des réponses engendreraient empêchent de dévoiler au monde la vérité. Il s’en prend au mythe politique autour du génocide des Juifs et au tabou lorsque l'on parle des Juifs. Dans l’avant-propos de l’édition arabe de son livre, prévue pour 1982, d’un antisionisme plus virulent, il évoque la connivence d’un « lobby juif international » (20). Cette haine contre Israël prédispose l’auteur à soutenir Faurisson. Dans <span style="font-style:italic">Vérité historique ou vérité politique ?</span>, avec toute la force que son titre de chercheur au CNRS lui procure, il évoque l’« école révisionniste », expression élogieuse qui ne décrit pas la réalité, mais offre à ce mouvement, simple rassemblement de négationnistes à l’échelle internationale, une reconnaissance officielle.        <br />
              <br />
       Une parenthèse s’impose ici afin de présenter quelques-uns des auteurs de cette prétendue « école ». Le négationnisme international prend forme en Europe à la fin des années soixante-dix avec les brochures de <b>Thies Christophersen</b> et R. Harwood.       <br />
              <br />
       Journaliste d’Allemagne fédérale et activiste néonazi, T. Christophersen a été pendant la guerre un SS technicien affecté au travail du caoutchouc au camp d’Auschwitz. Utilisant son expérience vécue pour faire une description idyllique du camp, il écrit en 1973 une brochure <span style="font-style:italic">Die Auschwitz-Lüge</span> (21) dont la préface est signée par <b>Manfred Roeder</b>, avocat et militant néonazi, puis, dans une nouvelle édition en 1978, par <b>Wilhelm Stäglich</b>, ancien magistrat de Hambourg, néonazi qui publie également un ouvrage négationniste la même année (22). En 1978, T. Christophersen est rejoint par un autre auteur allemand, <b>Udo Walendy</b>, politologue et activiste d’extrême droite, qui publie un ouvrage dans lequel il entend expliquer que les photos des camps ont été truquées (23). À la même époque, en Angleterre, R. Harwood, écrit une brochure intitulée <span style="font-style:italic">Did Six Million Really Die ? The Truth at Last</span>, qui nie l’extermination des Juifs dans les camps nazis (24). L’auteur y est présenté comme un « spécialiste des aspects politiques et diplomatiques de la Seconde Guerre mondiale » à l’Université de Londres alors qu’il y est en réalité inconnu. R. Harwood est en fait un pseudonyme, celui de <b>Richard Verrall</b>, activiste de l’organisation d’extrême droite The National Front.       <br />
              <br />
       De l’autre côté de l'Atlantique, un professeur d’ingénierie électronique à l’université Northwestern à Evansten, près de Chicago, <b>Arthur Butz</b>, publie en 1976 <span style="font-style:italic">The Hoax of the Twentieth Century</span>. Tandis que cet universitaire, lui aussi soi-disant apolitique, tente de démontrer tout le sérieux des « recherches » de sa « thèse » de 300 pages prouvant que « l’histoire de l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est une imposture de la propagande » (25), il en profite pour critiquer les autres travaux sur le sujet (26). Il peut néanmoins difficilement cacher le fait que son ouvrage possède quasiment le même titre que celui du nazi <b>Alfred Rosenberg</b>, <span style="font-style:italic">Le Mythe du XXe siècle</span>, écrit en 1930, lequel cherchait à réduire l'histoire à une lutte de races et à montrer la supériorité des Allemands sur les autres peuples (27) ; il ne peut pas non plus nier qu’il est publié par la même maison d’édition que R. Harwood, puis en 1977 par la maison d’édition américaine The Noontide Press, filiale du Liberty Lobby, l’une des plus puissantes et fortunées organisations antisémites, racistes et anticommunistes aux Etats-Unis (28).        <br />
              <br />
       Créé par <b>Willis A. Carto</b> en 1955, le Liberty Lobby s’est fait connaître en 1969 avec la publication du livre anonyme <span style="font-style:italic">The Myth of the Six Million</span> (<b>David Hoggan</b>, auteur confirmé) (29) ; il sera la maison mère des premiers travaux négationnistes américains et financera la première organisation négationniste en 1979. C’est ainsi que va débuter aux États-Unis la liaison entre les négationnistes néo-nazis et les révisionnistes issus du libertarianisme. D. Hoggan, auteur de <span style="font-style:italic">The Myth of the Six Million</span>, est un historien, docteur de l’université Harvard. Son premier livre, d’abord édité en Allemagne par le néonazi <b>Herbert Grabert</b> (30), avançait que la Pologne de connivence avec l’Angleterre était responsable de la Seconde Guerre mondiale, que l’Allemagne aurait été une innocente victime et que le début des hostilités avait été imposé à Hitler (31). Ce premier ouvrage avait obtenu le soutien de <b>Harry Barnes</b> et du mouvement révisionniste de la Première et de la Seconde guerres mondiales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5260608-7851258.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" />
     </div>
     <div>
      Historien américain controversé, H. Barnes est le chef de file de ce mouvement. Issus du libertarianisme, doctrine anarchiste qui prône la liberté individuelle, les libertariens refusent le pouvoir arbitraire de l’État dans l’économie, approuvent une coopération volontaire entre les individus et les groupes dans la société, tout en acceptant le capitalisme, d’où leur appellation d’« anarcho-capitalistes ». Les libertariens s’opposent à une intrusion américaine dans les conflits étrangers et refusent une vision manichéenne de l’histoire, quelle qu’elle soit. C’est donc tout naturellement que ces historiens pacifistes et isolationnistes, issus de cette philosophie politique, critiquent les motivations du gouvernement pour justifier une intervention dans la guerre, révisent les origines des deux guerres mondiales, examinent les crimes des Alliés durant la guerre ou le procès de Nuremberg. Refusant à priori l’expression « méchants » Allemands contre « gentils » Alliés, ils tentent de démontrer que le Troisième Reich n’a jamais projeté ni voulu la guerre, tandis qu’ils dénoncent la responsabilité de pays comme l’ancienne Autriche-Hongrie, l’URSS, la France, ou l’Angleterre (cela varie selon les auteurs). Durant les années soixante, le mouvement révisionniste va voir plusieurs de ces historiens, dont D. Hoggan, H. Barnes (32) et James J. Martin (33), basculer vers le négationnisme, déviance qui accorde ainsi à ce dernier une légitimité. Si le mouvement libertarien n’est pas uniformément devenu négationniste (34), il a néanmoins apporté sa pierre à l’édifice. D’ailleurs, de nos jours aux États-Unis, la mouvance libertarianiste, dont le politicien <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Ron-Paul-et-ses-theories-du-complot_a766.html">Ron Paul</a> est le représentant le plus connu, continue à flirter avec le négationnisme. D’autres passerelles peuvent y être également observées entre les négationnistes, des <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Une-breve-presentation-du-mouvement-larouchiste_a533.html">larouchistes</a> et des membres de <span style="font-style:italic">Nation of Islam</span> (NOI) du <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/louis+farrakhan/">Révérend Farrakhan</a>. L’activiste politique <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/lyndon+larouche/">Lyndon LaRouche</a>, chef de file du mouvement qui porte son nom, imagine des complots judéo-britanniques, manipulant les faits historiques avec les mêmes arguments que D. Hoggan (35). En février 1985, A. Butz est invité à s’exprimer à une journée de Convention de NOI (36). Dix ans plus tard, c’est au tour de L. LaRouche de participer à une conférence de NOI.       <br />
              <br />
       Il faut mentionner un dernier auteur, <b>Austin J. App</b>. D’origine allemande, celui-ci est un ardent défenseur du nazisme et l’un des premiers auteurs à tenir des propos négationnistes dans les années cinquante. En 1973 il diffuse son ouvrage <span style="font-style:italic">The Six Million Swindle</span> (37) qui va contenir les huit axiomes qui seront la base de la charte de la Convention internationale de l’Institut pour la Révision de l’histoire (The Institute for Historical Review), organisée la première fois en 1979 à Northrop University à Los Angeles. Sous l’initiative de W. Carto, cette première « Convention internationale des révisionnistes » réunira tout ce petit monde négationniste. Aspirant à la respectabilité, elle émet une résolution qui demande au Congrès des États-Unis d’enquêter sur la question de la responsabilité de la guerre, sur le procès de Nuremberg et sur « la vérité des prétendus six millions de Juifs exterminés en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale » (38). Les intervenants au colloque sont les Dr. J. Martin, Dr. A. Butz, U. Walendy, Dr. Faurisson, Dr. A. App, Dr. Martin A. Larson, Louis FitzGibbon, John Bennett et Devin Garrity. Durant leurs discours, un hommage sera adressé à la mémoire de H. Barnes. Les négationnistes tentent ainsi d’appuyer leurs propos sur le libertarianisme afin de gagner une légitimité nécessaire pour leur combat idéologique, mais paradoxalement, et nous y reviendrons, sans dissimuler totalement leurs liens avec le néo-nazisme. Ce tour de passe-passe leur réussit puisque vingt ans plus tard, en 1998, la prétendue diversité politique de cette « nouvelle école de pensée » est mise en avant par un auteur libertarien anglais, <b>David Botsford</b>, dans la publication <span style="font-style:italic">Libertarian Alliance</span> (39).       <br />
              <br />
       Le jugement que porte S. Thion sur les « érudits » de cette « école » est également assez tendancieux. Selon lui, ils ne font que dénoncer l’existence d’une propagande de guerre des Alliés, laquelle n’est pas particulière à la Seconde Guerre mondiale, affirme t-il, cet endoctrinement ayant également eu lieu en Algérie et au Cambodge durant les guerres. Quant à la « thèse » antisémite défendue dans leurs écrits négationnistes et qui met en avant une « propagande judéo-sioniste organisée par un complot juif », S. Thion résout posément le problème en avançant que ces auteurs sont hétéroclites. De cette manière, il occulte le fait qu’il existe un terrain idéologique commun entre les militants anarchistes et néo-nazis comme l’indiquent les propos tenus par la « Convention internationale des révisionnistes » à Los Angeles. De façon similaire, S. Thion n’hésite pas à rédiger une introduction élogieuse à l’égard de Faurisson en octobre 1979, nullement gêné que ce dernier ait donné une conférence dans une organisation néo-nazie américaine un mois plus tôt. L’appartenance politique n’a pas d’importance, explique-t-il, ce qui compte : c’est la vérité (40). Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, le chercheur du CNRS va graduellement évoluer vers le négationnisme et devenir la référence intellectuelle du négationnisme français : il demande à N. Chomsky, lui aussi libertaire, de publier un texte en faveur de Faurisson ; par ailleurs, il écrit un article dans les Annales d’histoire révisionniste en 1988 (41). Dans son second ouvrage en 1993, qui prolonge la chronologie de « l’affaire Faurisson » (42), il explique qu’il s’est laissé convaincre par le <span style="font-style:italic">Rapport Leuchter</span>, du nom de son auteur <b>Fred Leuchter</b>, « spécialiste de la peine de mort par gaz aux États-Unis », appelé au Canada en 1988 au procès d'<b>Ernst Zündel</b>, négationniste néo-nazi (43). Les réactions excessives contre Faurisson auraient été un événement déclencheur pour S. Thion. Il semble évident qu’un fond idéologique commun a permis ce soutien. Pourtant, les médias français sont restés silencieux sur cette alliance contre nature et il faudra attendre novembre 2000 pour que S. Thion soit révoqué du CNRS.       <br />
              <br />
       Dans sa définition, le libertarianisme contient une branche à l’extrême gauche que l'on nomme en France le libertarisme. Anarchistes-égalitaires, les libertaires défendent également la liberté individuelle, mais s’opposent à l’autorité de l’État et au libre marché. En France comme aux États-Unis, des membres des deux branches du libertarianisme vont se joindre à des mouvances d’extrême droite, néo-nazies et faire cause commune pour soutenir le négationnisme. Cette union entre ces extrêmes est finement analysée dans cette biographie mais V. Igounet la présente comme une spécificité française alors qu’elle a également eu lieu dans d’autres pays : aux États-Unis, on a pu assister à des rapprochements qui perdurent encore. <b>Bradley Smith</b>, auteur négationniste, est l’un des meilleurs exemples récents d’un libertarien qui entend défendre les négationnistes et qui souhaite organiser un débat public avec les deux « écoles historiques » (44). En Italie, où des liens entre fascisme, bordiguisme, maoïsme et islamisme sont indéniables, le même phénomène est observé (45).       <br />
              <br />
       Homme d’extrême droite, fortement lié à des auteurs d’ultra-gauche, R Faurisson était un cas intéressant à étudier dans la mesure où il peut révéler le mécanisme qui a permis à cette singulière tendance de s’installer. Les témoignages de collègues de Faurisson recueillis par V. Igounet font apparaître une caractéristique dominante : son ambivalence politique. Le soutien du gouvernement islamiste iranien dont il bénéficie aujourd’hui corrobore d’ailleurs ce fait. Faurisson semble davantage intéressé à prouver « l’inexistence des chambres à gaz » et à construire un scandale médiatique qu’à véhiculer une idéologie. Mais au-delà de la  versatilité ou de l’opportunisme politiques propres à l’homme, V. Igounet laisse penser qu’il existe une nouvelle tendance idéologique dans le négationnisme : une alliance antisioniste brun-rouge qui se rallie au vert (le rouge de l'extrême gauche, le brun de l'extrême droite et le vert de l'islamisme). Même si cette idée d’un rapprochement triangulaire est sujette à controverse de nos jours, cette alliance s’observe dans le négationnisme ; elle devient évidente avec la publication du livre de <b>Roger Garaudy</b> en 1995 (46) et le procès de son auteur (47). À l’aube du XXIe siècle, on la retrouve également chez l’essayiste <b>Alain Soral</b> et son organisation Égalité et Réconciliation, qui revendique un « nationalisme de gauche », proclame une admiration pour l’Islam, une adhésion au Front National et un soutien à « l’humoriste » <b>Dieudonné</b>, devenu lui aussi un allié des négationnistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5260608-7851263.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" />
     </div>
     <div>
      <b>Les troubles de la personnalité de Faurisson</b>       <br />
              <br />
       Sans tomber dans l’écueil de l’introspection psychologique de Faurisson, l’historienne réussit, grâce en partie aux divers témoignages recueillis, à démêler l’imbroglio qui entoure sa personnalité. Faurisson est perçu comme un homme de qualité, d’intelligence et de culture, un charmeur aussi, mais il est également obtus, incapable d’entendre quiconque a un avis différent du sien et manipulateur. Ses accès d’humeur dénotent en outre une nature colérique, voire un caractériel.        <br />
              <br />
       V. Igounet ne tentera pas de s’engager dans les méandres de l’esprit de Faurisson. Comme l’historienne l’affirme dans sa conclusion, son rôle diffère de celui du psychanalyste : « Il s’agissait avant tout de relater la vie d’un homme, à l’origine d’une doctrine politique émergeant dans un contexte historique précis » (p. 404). Avec ce livre, son objectif a été atteint ; mais au-delà de cette seule exigence, il apparaît que Faurisson présente des troubles de la personnalité, se traduisant notamment par des changements d’humeur fréquents, une irritabilité, des manifestations de crainte et d’hostilité, une difficulté à maîtriser ses impulsions, en somme tous les symptômes du <span style="font-style:italic">borderline personality disorder</span> (48).       <br />
              <br />
       Ces désordres psychologiques apparaissent également chez d’autres négationnistes. En s’appuyant sur des entretiens réalisés auprès de leurs familles dans un article web paru en 2009 sous la plume du journaliste américain <b>Mark Oppenheimer</b>, on apprend de la bouche même de son ex-compagne que B. Smith est également atteint de troubles de la personnalité, ne pouvant pas être « mis dans une situation de conflit ou de désarroi » (49). <b>Robert S. Wistrich</b>, directeur du Vidal Sassoon International Center for the Study of Antisemitism, qui a effectué également des entretiens avec des négationnistes (50), estime toutefois que les qualitatifs développés par V. Igounet pour Faurisson ne se retrouvent pas nécessairement chez les autres auteurs négationnistes : « ils peuvent tous être des dingues, écrit-il, chacun d'entre eux a une sorte différente de folie » (51).        <br />
              <br />
       Aux troubles du comportement viennent s’ajouter chez les négationnistes un sentiment de persécution qui dénote des signes de paranoïa. Malgré la difficulté à diagnostiquer de façon stricte cette maladie, l’historien <b>Jacques Kornberg</b> observait déjà, dans un texte paru dans les années quatre-vingt-dix, que les discours d’A. Butz comportaient indubitablement des signes de paranoïa (52). Pour comprendre l’imbrication qui existe entre le discours pamphlétaire et la paranoïa, on doit se référer à l’étude de <b>Marc Angenot</b> (53). Se fondant sur un corpus de textes pamphlétaires, l’historien canadien remarque qu’une même démarche s’inscrit à l’origine : pour tous, il s’agit de dénoncer un mensonge et démontrer l’imposture qui se serait emparée du sens commun. Pareillement, les négationnistes estiment rétablir des évidences. Comme dans l’allégorie de Platon, les hommes sont, selon eux, enchaînés dans une « caverne » avec leurs illusions et refusent de faire l’effort nécessaire pour en sortir, pour retrouver lumière et vérité. Les négationnistes vivent ainsi avec le sentiment qu’il existe un complot, nommé par M. Angenot, la « paranoïa de la conspiration », se traduisant par des délires d’interprétation, l’amalgame des personnes, des phénomènes, la haine et la peur de l’autre. Avec les négationnistes, la conspiration perdure puisqu’on les empêche de s'expliquer. Selon eux, les lois en vigueur dans plusieurs pays leur interdisant de s'exprimer sont une preuve supplémentaire qu'ils ont raison (54). Les négationnistes créent des situations où ils peuvent se poser en victimes, ils développent, ce que l'on peut nommer, le « syndrome de Galilée » : ce sont des révolutionnaires persécutés à qui l’on n’octroie pas la parole.       <br />
              <br />
       Ce raisonnement paranoïaque peut aussi être construit pour justifier la haine du Juif ; remarque qui nous amène à un autre point de la biographie de Faurisson, l’antisémitisme de l’universitaire, même si la judéophobie de Faurisson ne semble pas le facteur déclenchant.        <br />
              <br />
       <b>Faurisson, antisémite</b>       <br />
              <br />
       Comme le souligne l’auteure, Faurisson s’est toujours défendu d’être antisémite, soucieux de son image dans les médias. V. Igounet ramène cependant plusieurs preuves irréfutables de cet antisémitisme : d’abord l’admiration sans bornes que voue l’homme à l’écrivain antisémite Céline, lequel avait lui aussi adopté la cause négationniste avec, entre autres, les ouvrages de P. Rassinier (p. 137), puis les propos antisémites tenus par Faurisson, entré en furie après que son éditeur des années soixante eut refusé de publier son ouvrage parce qu’il contestait l’existence des chambres à gaz (p. 187).        <br />
              <br />
       En outre, le négationnisme de R Faurisson témoigne lui-même de son antisémitisme car en arguant qu’un mensonge a été créé de toutes pièces, il laisse entendre qu’il y a eu complot, conspiration évidemment fomentée par le monde juif et par ceux liés à l’Etat hébreu. Mais, cette « thèse » quoique éclatante à maints égards ne saurait constituer une preuve irréfutable de l’antisémitisme de son auteur. Faurisson saura en profiter lors de l’accusation portée à son encontre à la fin des années soixante-dix par des journalistes, ou au sein même de l’université dans laquelle il enseignait par des étudiants juifs outrés, décidés à boycotter ses cours à Lyon II. En effet, pour <b>Claude Martin</b>, directeur de l’UER de Lettres et civilisations, comme pour <b>Maurice Bernadet</b>, président de l’Université, un doute subsiste pour le moins et Faurisson ne peut être, selon eux, reconnu comme antisémite « au sens strict du terme » (55). Cette question largement débattue à l’époque, a opposé le milieu universitaire et les associations juives. Il serait d’ailleurs intéressant de comprendre pourquoi une telle dichotomie dans le discours a pu avoir lieu.       <br />
              <br />
       La rhétorique négationniste qui consiste à répandre un message pseudo-scientifique, partant de l'a priori que « puisque les chambres à gaz n'ont pas pu exister matériellement, le génocide est donc une invention », a été tolérée dans les sphères publiques de l’époque. Dans la conscience collective du moment, l’ampleur et les conséquences du discours négationniste n’ont pas été mesurées comme elles auraient dû l’être. C’est aussi dans ce contexte ambigu que le débat s’est concentré sur la singularité juive du génocide nazi. Ainsi, le quotidien <span style="font-style:italic">Libération</span> va prendre des positions particulières en ce premier moment médiatique de Faurisson. De la part du rédacteur en chef <b>Serge July</b>, Faurisson va ainsi bénéficier d’un soutien, non pour ses propos, mais au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. S. July justifie ainsi sa position : il est important, écrit-il, que « les racismes s’expriment plutôt qu’ils ne se pratiquent », tout en concluant son discours par cette phrase : « et si Faurisson n’avait pas plus d’importance que cela ? » (56). Pourtant, si Faurisson, caricature de l’antisémite, est utilisé comme prétexte par le quotidien, il reste que <span style="font-style:italic">Libération</span> confère au personnage une forme de notoriété dont celui-ci saura faire usage. À la même époque, on diffuse le téléfilm <span style="font-style:italic">Holocauste</span>, qui montre les Juifs comme principales victimes de la folie nazie et soulève deux débats, dont l’un porte sur l’unicité juive du génocide (57). C’est dans ce contexte que <span style="font-style:italic">Libération</span> va permettre à P. Guillaume de s’exprimer, pour minimiser les meurtres commis envers les Juifs et nier la spécificité du génocide. « On a encore, hélas, décroché le pompon à <span style="font-style:italic">Libération</span>, écrira avec amertume un journaliste du même quotidien, <b>Julien Brunn</b>. On a publié un texte à propos d’<span style="font-style:italic">Holocauste</span> qui pue, qui transpire l’antisémitisme » (58).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/5260608-7851284.jpg" alt="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" title="Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2)" />
     </div>
     <div>
      Le contexte médiatique lors de la diffusion du téléfilm, le débat sur la singularité juive du génocide qui s’en est suivi, vont se mêler à cette ambiguïté ambiante vis-à-vis de la rhétorique faurissonienne et de son antisémitisme. Ces premiers moments de Faurisson dans l’espace public, bien que peu importants quantitativement, sont essentiels à observer, car ils posent les bases de la représentation du phénomène en France. L’universitaire apporte une légitimité au négationnisme, tandis que l’ultra-gauche en devient un élément essentiel et qu’elle va le rester. Néanmoins, il faut attendre « l’avis » de N. Chomsky sur le livre de Faurisson pour observer une prise de conscience collective de l’implication de l'ultra-gauche dans le phénomène. (...)       <br />
              <br />
       Lire <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Negationnistes-quand-tombent-les-masques-2-2_a1009.html">la deuxième partie</a>.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Notes</span> :       <br />
       (1) <span style="font-style:italic">Les Nouvelles Littéraires</span>, 10-17 février 1977.       <br />
       (2) <span style="font-style:italic">Le Monde</span>, 25 septembre 2009 ; <span style="font-style:italic">StreetPress</span>, 10 février 2012.       <br />
       (3) Valérie Igounet, <span style="font-style:italic">Robert Faurisson, portrait d'un négationniste</span>, Denoël, 2012.       <br />
       (4) Valérie Igounet, <span style="font-style:italic">Histoire du négationnisme en France</span>, Seuil, 2000.       <br />
       (5) Cf. V. Igounet, <span style="font-style:italic">L’Histoire d’une négation. Négationnisme et « révisionnisme » en France de l’après-guerre à nos jours</span>, Thèse de l’Institut d’études politiques de Paris sous la direction de Pierre Milza, juin 1998. Je veux louer ici tout le courage de V. Igounet, qui n’a pas hésité à interviewer des négationnistes pour mener à bien son entreprise.        <br />
       (6) L’auteur est Serge Thion, chercheur au C.N.R.S. qui a soutenu Faurisson, cf. infra.       <br />
       (7) P. Vidal-Naquet, « Une perversion intellectuelle, Entretien avec Daniel Dobbels et Michel Surya », <span style="font-style:italic">Lignes</span>, 2 février 1988, p. 91.       <br />
       (8) Il faut préciser que, pour ces auteurs et d’autres, l’antisionisme tout comme l’antisémitisme ne constituent pas a priori leurs seules motivations.       <br />
       (9) Hellmut Diwald, <span style="font-style:italic">Geschichte der Deutschen</span>, Frankfurt/M – Berlin – Wien : Propyläen, 1978.       <br />
       (10) R. Faurisson, <span style="font-style:italic">Mémoire en défense. Contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire. La question des chambres à gaz. Précédé d’un avis de Noam Chomsky</span>, La Vieille Taupe, 1980.       <br />
       (11) Maurice Bardèche, <span style="font-style:italic">Nuremberg ou la Terre promise</span>, Les Sept Couleurs, 1948.       <br />
       (12) Faurisson, « Pour une histoire véridique de la Seconde Guerre mondiale ». « Le problème des chambres à gaz », <span style="font-style:italic">Défense de l’Occident</span>, juin 1978, n°158, pp. 32 – 40.       <br />
       (13) Cette conférence, peu citée par la presse française de l’époque, fut rapportée par le journal du parti, <span style="font-style:italic">National Alliance</span>, Bulletin, octobre 1979, cf. Nadine Fresco, « Denial of the Dead », <span style="font-style:italic">Dissent</span>, automne 1981, note 34.       <br />
       (14) Michael Schmidt, <span style="font-style:italic">Wahrheit macht frei</span> (1991 - La liberté rend libre pour parodier la devise Arbeit macht frei au-dessus des portes du camp de concentration), documentaire pour la télévision, 60 min (film <a class="link" href="http://video.google.com/videoplay?docid=8385094389442728736">visible sur la Toile le 3 octobre 2012</a> ) ; voir aussi son ouvrage : <span style="font-style:italic">Néo-nazis : la terrible enquête</span>, J.-C. Lattès, 1993. p. 382. M. Schmidt se serait infiltré dans l’organisation nazie en demandant la permission à son dirigeant, Michael Kühnen, de filmer. Croyant le journaliste lié à la cause néo-nazie, celui-ci a accepté et l’organisation n’a pas posé de question.       <br />
       (15) Dans les années soixante, les disciples d'Amadeo Bordiga (politicien italien de l’ultra-gauche) analysent le fascisme nazi et l’anti-fascisme. Pour eux, l’anti-fascisme est un élément de cimentation entre ouvriers et démocrates grâce à l’événement-génocide ; Auschwitz représente un alibi. En avril-juin 1960, ils publient un article, « Auschwitz ou le Grand Alibi » (<a class="link" href="http://amveat.free.fr/bordiga_auschwitz.pdf">texte disponible sur la Toile le 2 octobre 2012</a> ). Cette ultra-gauche pense que l’exploitation du génocide vise à dissuader les ouvriers de se révolter, en leur montrant de façon obsessionnelle une situation bien pire que leur quotidien. Les impérialistes utilisent le génocide comme un alibi destiné à duper les prolétaires en établissant une opposition fictive entre démocratie et fascisme.       <br />
       (16) Cf. F. Brayard, <span style="font-style:italic">Comment l’idée vint à M. Rassinier. Naissance du révisionnisme</span>, Fayard, 1996 ; N. Fresco, <span style="font-style:italic">Fabrication d’un antisémite</span>, Seuil, 1999.       <br />
       (17) S. Thion, <span style="font-style:italic">Vérité historique ou vérité politique ?</span>, La Vieille Taupe, 1980.       <br />
       (18) <span style="font-style:italic">Ibid</span>., p. 27.       <br />
       (19) Cf. Pierre-André Taguieff, « La nouvelle judéophobie. Antisionisme, Antiracisme, Anti-impérialisme », <span style="font-style:italic">Les Temps modernes</span>, novembre 1989.       <br />
       (20) Le livre n’a pas été publié en langue arabe en 1982. L’auteur s’en explique dans <span style="font-style:italic">Une Allumette sur la banquise. Écrits de combat (1980 – 1992)</span>, éd. privée hors commerce, Le Temps irréparable, 1993, où il donne le contenu de cet avant-propos. Citation sur le « lobby juif », p. 180.       <br />
       (21) T. Christophersen, <span style="font-style:italic">Die Auschwitz-Lüge</span>, Mohrkirch, West Germany : Kritik-Verlag, 1973 (<span style="font-style:italic">Le mensonge d’Auschwitz</span>, Fane, 1976).       <br />
       (22) Wilhelm Stäglich, <span style="font-style:italic">Der Auschwitz Mythos</span>, Tubingen : Grabert-Verlag, 1978, (<span style="font-style:italic">Le Mythe d’Auschwitz</span>, La Vieille Taupe, 1986).       <br />
       (23) Udo Walendy, <span style="font-style:italic">Bild-'Dokumente' für die Geschichtsschreibung</span>, Weser : Vlotho, Verlag für Volkstum und Zeitgeschichtsforschung, 1973 (<span style="font-style:italic">La Rééducation d'un peuple</span>, La Vieille Taupe, 1979).       <br />
       (24) Richard Harwood, <span style="font-style:italic">Did Six Million Really Die? The Truth at Last</span>, Brighton: Historical Review Press, 1974 (<span style="font-style:italic">Six millions de morts le sont-ils réellement ? Enfin la vérité</span>, Cahiers européens, 1976).       <br />
       (25) Arthur R. Butz, <span style="font-style:italic">The Hoax of the Twentieth Century</span>, Surrey: Historical Review Press, 1976, p. 68 (<span style="font-style:italic">La mystification du XXe siècle</span>, première édition internet 2001).       <br />
       (26) <span style="font-style:italic">The Myth of the Six Million</span> est jugé par lui « terrible », <span style="font-style:italic">ibid</span>., p. 12 ; P. Rassinier est considéré comme un « pionnier courageux », <span style="font-style:italic">ibid</span>., p. 11.       <br />
       (27) Alfred Rosenberg, <span style="font-style:italic">Der Mythus des 20. Jahrhunderts, eine Wertung der seelisch-geistigen Gestaltenkämpfe unserer Zeit</span>, München : Hoheneichen, 1932.       <br />
       (28) Cf. Frank P. Mintz, <span style="font-style:italic">The Liberty Lobby and the American Right : Race, Conspiracy, and Culture</span>, Westport, Connecticut: Greenwood Press, 1985.        <br />
       (29) Anonyme, <span style="font-style:italic">The Myth of the Six Million</span>, Los Angeles, Calif.: Noontide Press, 1969. Dans l’introduction du livre, E. L. Anderson, alias W. Carto, explique que celui-ci est écrit par un professeur d’université qui préfère garder l’anonymat pour protéger son statut universitaire. En fait, en 1969, D. Hoggan poursuit en justice la maison d’édition du livre en prétendant à la paternité de cet ouvrage, cité par Lucy S. Dawidowicz, « Lies About the Holocaust », <span style="font-style:italic">Commentary</span>, 8 décembre 1980, p. 33. Le procès a duré jusqu’en 1973, lorsque D. Hoggan a décidé de retirer sa plainte. Un accord tacite semble avoir été trouvé entre lui et W. Carto, car en 1974, la nouvelle édition du livre est toujours anonyme.       <br />
       (30) Herbert Grabert est aussi l’éditeur du journal, <span style="font-style:italic">The Deutsche Hochschullehrer-Zeitung</span>, distribué pour soutenir les professeurs anciens nazis et victimes de la « dénazification ».        <br />
       (31) David L. Hoggan, <span style="font-style:italic">Der erzwungene Krieg : Die Ursachen und Urheber des 2 Weltkriegs</span>, 1ère édition 1955, Tübingen: Verlag der Deutschen Hochschullehrer-Zeitung, 1961.       <br />
       (32) Harry Barnes, <span style="font-style:italic">Revisionism and Brainwashing : A Survey of the War-Guilt Question in Germany After Two World Wars</span>, 1ère édition privée 1962, Tübingen : Verlag der Deutschen Hochschullehrer-Zeitung, 1964, p. 42. Cf. aussi H. Barnes, « The Public Stake in Revisionism », <span style="font-style:italic">Rempart Journal</span>, été 1967, pp. 19-41.        <br />
       (33) Historien, libertarien, James J. Martin publie en 1964, <span style="font-style:italic">American Liberalism and World Politics, 1931–1941</span> qui est considéré par H. Barnes comme la réalisation la plus aboutie en matière de révision de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. J. Martin publie aussi dans un magazine, le <span style="font-style:italic">New Libertarian</span>, qui va collaborer avec l'IHR (The Institute for Historical Review, négationniste, à ne pas confondre avec l’IHR, <a class="link" href="http://www.history.ac.uk/">The Institute of       <br />
       Historical Research de l’université de Londres</a> ).       <br />
       (34) Cf. The Village Voice, « Gas Chamber Games. Crackpot History and the Right To Lie », juin 1981.         <br />
       (35) Julien Giry, « <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-et-le-mythe-de-la-synarchie-judeo-britannique-1-2_a817.html">Lyndon LaRouche et le mythe de la ''synarchie judéo-britannique''</a> », <span style="font-style:italic">Conspiracy Watch</span>, 20 avril et 12 mai 2012.       <br />
       (36) Cf. &quot; <a class="link" href="http://www.nizkor.org/hweb/orgs/american/adl/larouche-noi/lni-02.html">Partners in Bigotry. The LaRouche Cult &amp; the Nation of Islam</a> &quot;, <span style="font-style:italic">The Nizkor Project</span>.       <br />
       (37) Austin App, <span style="font-style:italic">The Six Million Swindle : Blackmailing the German People for Hard Marks with Fabricated Corpses</span>, Takoma Park, Maryland : Boniface Press, 1973.       <br />
       (38) <span style="font-style:italic">Spotlight</span>, 24 septembre 1979, p. 16.       <br />
       (39) David Botsford, « <a class="link" href="http://www.libertarian.co.uk/lapubs/histn/histn029.pdf">Freedom of Expression, Dissenting Historians, and the Holocaust Revisionists</a> », <span style="font-style:italic">Historical Notes</span>, no. 29, The Libertarian Alliance. Pour une analyse critique, cf. Richard J. Green, « <a class="link" href="http://www.holocaust-history.org/~rjg/botsford/">Deconstructing Botsford</a> ».       <br />
       (40) S. Thion, <span style="font-style:italic">Vérité historique ou vérité politique ?</span>, op. cit., p. 33.       <br />
       (41) S. Thion, « Du bon et du mauvais usage du révisionnisme », <span style="font-style:italic">Annales d’histoire révisionniste</span>, 1988, n°4.       <br />
       (42) S. Thion, <span style="font-style:italic">Une Allumette sur la banquise. Écrits de combat (1980 – 1992)</span>, op. cit.       <br />
       (43) F. Leuchter a produit un rapport pseudo-scientifique affirmant que les chambres à gaz n’ont pas existé comme moyen d’exécution, <span style="font-style:italic">The Leuchter Report. The End of a Myth</span>, Samizdat Publication, 1988 (« Le rapport Leuchter », <span style="font-style:italic">Annales d'histoire révisionniste</span>, n° 5, 1988). Pour une analyse de F. Leuchter : cf. Shelly Shapiro (ed), Truth Prevails : <span style="font-style:italic">Demolishing Holocaust Denial : the End of « The Leuchter Report »</span>, New York : Beate Klarsfeld Foundation, 1990.       <br />
       (44) B. Smith, « The Holocaust Controversy : The Case For Open Debate », <span style="font-style:italic">The Chronicle</span>, 5 novembre 1991.       <br />
       (45) Cf. Guido Caldiron, « Liaisons romaines », in Alain Bihr, et al., <span style="font-style:italic">Négationnistes : les chiffonniers de l’histoire</span>, Syllepse et Golias, 1997, pp. 179-191.       <br />
       (46) Roger Garaudy, <span style="font-style:italic">Les Mythes fondateurs de la politique israélienne</span>, Samiszdat, 1996 (2e édition).       <br />
       (47) Cf. Michaël Prazan et Adrien Minard, <span style="font-style:italic">Roger Garaudy, itinéraire d'une négation</span>, Calmann-Lévy, 2007.       <br />
       (48) L’auteure remercie le psychohistorien israélien Avner Falk d’avoir pris le temps de l’initier à la « Borderline personality disorder ». Cf. A. Falk, <span style="font-style:italic">Anti-Semitism: A History and Psychoanalysis of Contemporary Hatred</span>. Westport, Connecticut: Praeger, 2008.        <br />
       (49) Mark Oppenheimer, « <a class="link" href="http://www.tabletmag.com/jewish-news-and-politics/7264/the-denial-twist">The Denial Twist</a> », <span style="font-style:italic">Tablet</span>, 23 juin 2009.       <br />
       (50) Les entretiens n’ont pas été retenus dans son documentaire, <span style="font-style:italic">The Longest Hatred</span>, diffusé en 1991.       <br />
       (51) Robert S. Wistrich, correspondances privées, mai 2012.       <br />
       (52) Jacques Kornberg, « The Paranoid Style: Analysis of a Holocaust-denial Text », <span style="font-style:italic">Patterns of Prejudice</span>, vol. 29, 1995.       <br />
       (53) Marc Angenot, <span style="font-style:italic">La Parole pamphlétaire. Typologie des discours modernes</span>, Payot &amp; Rivages, 1995.       <br />
       (54) B. Smith, « The Holocaust Controversy : The Case For Open Debate », op. cit., 1990.        <br />
       (55) <span style="font-style:italic">Le Nouvel Observateur</span>, 26 mars 1979.        <br />
       (56) <span style="font-style:italic">Libération</span>, 24 novembre 1978.       <br />
       (57) Le premier est sur la représentation du génocide dans la fiction.        <br />
       (58) <span style="font-style:italic">Libération</span>, 8 mars 1979.       <br />
              <br />
       <span class="u">L'auteure</span> :       <br />
       Docteur en histoire, <b>Stéphanie Courouble Share</b> est en train de terminer un ouvrage inspiré de sa thèse (titre provisoire : <span style="font-style:italic">Le négationnisme international. Analyse comparative d’un problème public : France, Angleterre, Allemagne, Canada et États-Unis, de 1946 à nos jours</span>) qu'elle a réalisée sous la direction de Pierre Vidal-Naquet. Chercheure associée à <span style="font-style:italic">The Arnold and Leona Finkler Institute of Holocaust Research</span> de l’Université de Bar-Ilan (Israël), elle est également rattachée à l'Institut d'histoire du temps présent-CNRS (Paris) et à l’<span style="font-style:italic">Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy</span> (New York). Texte publié initialement dans la revue <span style="font-style:italic">Le Banquet</span>, n° 31, hiver 2012/2013 (remerciements à Yael Bensimhoun pour la relecture de cet article).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/5260608-7850920.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Negationnistes-quand-tombent-les-masques-1-2_a1005.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-4057777</guid>
   <title>Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français</title>
   <pubDate>Mon, 02 Apr 2012 18:39:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Valérie Igounet/Rudy Reichstadt</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ressources]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien avec Valérie Igounet     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4057777-6156525.jpg" alt="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" title="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" />
     </div>
     <div>
      <b>Conspiracy Watch : Valérie Igounet, vous publiez ces jours-ci une biographie du négationniste Robert Faurisson aux éditions Denoël (ci-contre). En quoi le parcours, la vie et les écrits de Robert Faurisson justifiaient-ils qu’on y consacre un ouvrage de près de 500 pages ? Qu’est-ce que la trajectoire personnelle de Faurisson dit de notre société actuelle ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Valérie Igounet :</b> En 2007, Faurisson a poursuivi en justice Robert Badinter qui l’avait qualifié de <span style="font-style:italic">« faussaire de l’histoire »</span>. J’étais une des témoins de ce procès au cours duquel Faurisson a, une nouvelle fois, déclaré que jamais personne n'avait <span style="font-style:italic">« prouvé »</span> qu'il était antisémite, d'extrême droite, etc. C’est là que j’ai décidé d'écrire sa biographie.       <br />
              <br />
       Robert Faurisson peut être considéré comme l'idéologue du négationnisme. Par lui et avec lui, cette idéologie a évolué et s'est adaptée aux contextes national et international. Elle a surtout, à la fin des années soixante-dix, été médiatisée en France. Robert Faurisson est celui qui a fait sortir le négationnisme de son confinement. C'est donc un homme central. Aussi, je pense qu'il était nécessaire de mettre au jour des faits concernant cet homme. Car il faut savoir autre chose : Robert Faurisson occulte certains aspects de sa vie. Cette attitude s'explique facilement. Des informations peuvent nuire à cette sorte d'autobiographie qu'il dresse à son propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>C. W. : Vous l’écrivez :</b> <span style="font-style:italic">« depuis une quarantaine d’années, Robert Faurisson officie dans le négationnisme. Il est payé pour cela. Il vit pour cela »</span>. <b>Mais qu’est-ce que la trajectoire personnelle de Faurisson dit de notre société actuelle ?</b>       <br />
              <br />
       <b>V. I. :</b> La trajectoire de cet homme montre à quel point – et de quelle manière – il a voulu laisser son nom dans l'histoire. Elle expose aussi le renouveau d'une idéologie, « l'antisémitisme », sous une autre dénomination. Elle lie l'histoire de ce propagandiste avec d'autres. Enfin, elle expose les différentes réactions françaises face à Robert Faurisson et au négationnisme.       <br />
              <br />
       <b>C. W. : En lisant, en écoutant, en rencontrant Robert Faurisson et en recueillant les témoignages de ceux qui l’ont rencontré, vous êtes-vous demandé s’il croyait réellement à ce qu’il disait ? Quelle est la part d’aveuglement volontaire, de mauvaise foi, de sincérité ?</b>       <br />
              <br />
       <b>V. I. :</b> C'est une question qu'on se pose. C'est évident. Comment est-il parvenu à ce résultat ? Pourquoi des hommes nient un des événements les plus douloureux du XXème siècle ? Pour quelles raisons ? Et est ce qu'ils y croient réellement ?       <br />
              <br />
       Robert Faurisson est un homme à part dans l'histoire du négationnisme car c'est un des seuls qui réfute autant son passé. La raison en est simple : les négationnistes affirment que leur discours est apolitique alors qu'il est une construction idéologique. Lorsqu'on lit le livre, je pense qu'on est convaincu que la mauvaise foi de Robert Faurisson stimule sa négation. Je considère qu'il n'y a aucune sincérité dans ce discours. Une part d'aveuglement volontaire ? Oui. Croit-il à ce qu'il dit aujourd'hui ? Je ne le pense pas. Comme vous pouvez le voir, Robert Faurisson s'était illustré avec d'autres sujets pour tenter de se faire connaître en France. Il faut également voir le négationnisme comme un moyen de devenir un homme « célèbre ». Lorsqu'on étudie l'itinéraire de Robert Faurisson, cet aspect de sa personnalité s'impose : l'homme ne voulait pas passer inaperçu. C'est un provocateur depuis de longues années.       <br />
              <br />
       Beaucoup de personnes rencontrées le décrivent comme un homme jusqu'au-boutiste. Certains parlent de <span style="font-style:italic">« savant fou »</span> : un autre de <span style="font-style:italic">« petit prof »</span> mais <span style="font-style:italic">« grand fou »</span>. Une ancienne élève salue son talent. Vous voyez, Robert Faurisson a une personnalité complexe. Son itinéraire personnel stimule sa négation. C'est évident. Mais d'autres facteurs entrent en jeu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>C. W. : Vous montrez que Faurisson est très soucieux d’apparaître aux yeux de l’opinion comme un citoyen libre de toute idéologie, ni de droite ni de gauche, mû par la seule recherche de la vérité historique. Quelle fonction cette posture vous paraît-elle remplir ?</b>       <br />
               <br />
       <b>V. I. :</b> Elle est essentielle pour lui. Elle lui a permis de s'avancer à visage couvert. Robert Faurisson a toujours clamé son apolitisme car il entend diffuser une théorie scientifique, stimulée par la seule recherche de la vérité. Il faut rappeler que Robert Faurisson a été maître de conférences de littérature du XXème siècle en université. Lorsqu'il se rend à Auschwitz, il demande au conservateur du <a class="link" href="http://en.auschwitz.org/m/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=817&amp;Itemid=7">Musée d'Auschwitz</a> sous le prétexte inexact d'une <span style="font-style:italic">« publication et éventuellement une exposition à l'université »</span> de lui fournir des documents. Il a tenté de faire entrer ses prétentions dans le cadre d'une recherche rigoureuse. Certains d'ailleurs se sont trompés à son sujet. Aujourd'hui encore, des observateurs le présentent comme un <span style="font-style:italic">« historien »</span> négationniste.       <br />
              <br />
       <b>C. W. : Qu’est-ce qui vous paraît avoir changé au cours des douze années qui nous séparent de la publication de votre</b> <span style="font-style:italic">Histoire du négationnisme en France</span> <b>(Seuil, 2000) concernant la diffusion et surtout la réception des thèses niant la réalité du génocide des Juifs ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4057777-6156844.jpg" alt="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" title="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" />
     </div>
     <div>
      <b>V. I. :</b> Le contexte et une radicalisation du discours. Le début du XXIème siècle et la seconde Intifada sont déterminants dans l'internationalisation du négationnisme. Le négationnisme a, en quelque sorte, terminé sa mue. Au début des années quatre-vingt, Robert Faurisson entendait mettre en avant les incohérences d'une histoire technique du génocide des Juifs. Aujourd'hui, les prétendus arguments techniques ont fait place à la dénonciation du <span style="font-style:italic">« complot judéo-sioniste »</span>. Le négationnisme est sans conteste un instrument de propagande politique utilisé par certains pays. En Iran, nous le savons, il faut parler d'un négationnisme d'État. Rappelons la <a class="link" href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/084/article_48114.asp">conférence de Téhéran en 2006</a> réunissant une soixante de négationnistes. Six ans plus tard, <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Robert-Faurisson-historien-officiel-de-l-Iran_a796.html">M. Ahmadinejad remet à Robert Faurisson un premier prix</a> <span style="font-style:italic">« honorant le courage, la résistance et la combativité »</span> du négationniste dans le cadre d'une conférence internationale sur <span style="font-style:italic">« L'hollywoodisme et le cinéma »</span>. Dès le début des années 2000, Robert Faurisson a commencé une nouvelle carrière. On le voit en Iran... mais aussi <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Et-Dieudonne-fit-applaudir-Robert-Faurisson_a260.html">sur la scène du Zénith, en décembre 2008, invité par Dieudonné M'bala M'bala</a>. Cet homme et d'autres personnes sont venus apporter leur soutien à Robert Faurisson... et une nouvelle audience à sa propagande.       <br />
              <br />
       <b>C. W. : Ce qui frappe, c’est cette dénonciation d’un vaste complot juif international. Diriez-vous que le conspirationnisme préexiste au négationnisme, qu’il en est en quelque sorte la première étape ?</b>       <br />
              <br />
       <b>V. I. :</b> C'est exact. Le conspirationnisme est une des bases discursives du négationnisme. Je vous rappelle  qu'il apparaît l'année de la création d'Israël, en 1948. Ce n'est pas anodin. Immédiatement, il doit être perçu comme un discours de combat avancé par une génération de vaincus. Dès ses origines, il réactualise le mythe du <span style="font-style:italic">« complot juif »</span> international. Le négationnisme nie la politique d'extermination des juifs d'Europe et disculpe le nazisme en délivrant ce message : les juifs mentent depuis plus de soixante ans. Ils ont permis la création d'Israël en culpabilisant l'Occident avec l'invention du génocide.       <br />
              <br />
       Il faut également se rappeler les mots de <a class="link" href="http://www.phdn.org/negation/rassinier/bardeche.html">Maurice Bardèche</a>, l'initiateur du négationnisme dans son ouvrage <span style="font-style:italic">Nuremberg ou la terre promise</span> (1948) : <span style="font-style:italic">« Nous vivons depuis trois ans sur une falsification de l'histoire. Cette falsification est adroite : elle entraîne les imaginations, puis elle s'appuie sur la conspiration des imaginations »</span>.       <br />
              <br />
       Enfin, cette phrase de Robert Faurisson, prononcée en décembre 1980 sur Europe 1, montre bien à quel point le mythe du <span style="font-style:italic">« complot juif »</span> est inhérent au négationnisme faurissonien : <span style="font-style:italic">« Les prétendues ''chambres à gaz'' hitlériennes et le prétendu ''génocide'' des Juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico financière dont les principaux bénéficiaires sont l'État d'Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier »</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>C. W. : Qu’est-ce qui rapproche les deux types de discours, négationniste et conspirationniste ?</b>       <br />
              <br />
       <b>V. I. :</b> Les négationnistes partent d'un postulat : les chambres à gaz n'ont jamais été utilisées pour gazer des êtres humains. A partir de celui-ci, ils montent un discours basé sur l'hyper criticisme, l'ignorance du contexte et des auteurs, l'omission de certains faits qui ne rentrent pas dans le cadre <span style="font-style:italic">« historique »</span> de leur propagande. Si des informations ne peuvent être niées, ils les réinterprètent et leur donnent un autre sens. Cette méthode sert à d'autres discours conspirationnistes.       <br />
              <br />
       <b>C. W. : Bien que sa doctrine soit de toute évidence construite sur des présupposés haineux et une vision du monde confinant à la paranoïa, Faurisson a pu bénéficier, au nom de la défense de la liberté d’expression, du soutien moral et de la caution intellectuelle de militants se réclamant d'une certaine gauche. Les intentions de ces « compagnons de route » en négationnisme étaient-elles si pures que ce qu’ils en disent ? N’assistons-nous pas à une tentative consciente de banaliser le négationnisme, de le rendre fréquentable, respectable, de le « dédiaboliser » ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/4057777-6156848.jpg" alt="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" title="Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français" />
     </div>
     <div>
      <b>V. I. :</b> C'est vrai. Robert Faurisson a reçu des soutiens inattendus. Celui, par exemple, de <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/chomsky/">Noam Chomsky</a>. Le linguiste américain a signé une préface d'un livre de Robert Faurisson, édité par la Vieille Taupe (ci-contre). Il serait nécessaire de revenir sur les conditions de cette préface qui, en premier lieu, était un texte défendant la liberté d'expression qui n'était pas destiné à figurer dans un livre du négationniste. Ceci dit, le livre a été imprimé avec ce texte de Noam Chomsky en préface et la sortie du livre de Faurisson a été annoncée  ainsi : <span style="font-style:italic">« au nom de la liberté d'expression, M. Noam Chosmky accepte de préfacer un livre de M. Faurisson »</span> (<span style="font-style:italic">Le Monde</span>, 16 décembre 1980). C'est par ces « coups » médiatiques que le négationnisme a investi le domaine public à ce moment. Noam Chomsky, s'il s'est exprimé plusieurs fois sur ce papier, <a class="link" href="http://www.rue89.com/2010/09/12/chomsky-se-risque-encore-dans-le-bourbier-des-negationnistes-166289">a de nouveau signé une pétition</a> <span style="font-style:italic">« pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste Vincent Reynouard »</span>. L'attitude de Chomsky face au négationnisme pose donc des questions.       <br />
              <br />
       D'autres soutiens ont été moins médiatisés comme celui de <b>Jean-Gabriel Cohn-Bendit</b>. Lui a exprimé ses regrets. Mais ces hommes qui sont venus apporter une caution intellectuelle et morale à Robert Faurisson à la fin des années soixante-dix ont, sans aucun doute, donné une audience au négationnisme. En France, quelques hommes se réclamant de gauche ou de l'ultra-gauche, juifs pour la plupart, ont soutenu un temps Robert Faurisson. A l'origine leur soutien est radicalement différent de celui de l'extrême droite. Il prend sa source dans la critique de l'antifascisme et dans l'antisionisme. Il est certain que cette attitude a banalisé le négationnisme.       <br />
              <br />
       <b>C. W. : L’histoire du négationnisme – et celle, particulière, du « faurisonnisme » – est indissociable de l’histoire de ces convergences des extrêmes que l’on qualifie de « rouge-brunes ». De sorte que le négationnisme s’inscrit à la fois dans l’histoire d’une certaine extrême droite et en même temps dans celle d’une certaine extrême gauche. Comment cela est-il possible ?</b>       <br />
              <br />
       <b>V. I. :</b> C'est la suite de ce que je viens de dire. Le négationnisme a, en France et en Italie, réunit ces extrêmes. Cependant, et il faut insister sur ce point, si leur « argumentation » est différente sur certains points, elle se rejoint sur la conclusion, la négation de l'extermination des juifs par les nazis. Le parcours d'hommes témoigne d'ailleurs d'une dérive. <b>Pierre Guillaume</b>, un militant d'ultra-gauche dans les années soixante, à l'origine de la librairie La Vieille Taupe, a été séduit par les thèses de Paul Rassinier. En 1978, Robert Faurisson lui apporte les éléments manquants. Pierre Guillaume réactive un réseau et se bat pour faire connaître cet homme et ses thèses. Il édite, à l'enseigne de La Vieille Taupe, les publications de Faurisson et d'autres ouvrages négationnistes. Il s'investit énormément dans la défense et la médiatisation du négationniste. Je pense que l'on sent bien dans le livre l'espèce de fascination qu'exerce Robert Faurisson auprès de certains hommes. Pierre Guillaume le dit d'ailleurs lui même à plusieurs reprises : il ne pouvait se détacher de l'emprise de Robert Faurisson. La dérive de cet ancien militant est manifeste. Il n'est pas le seul dans ce cas. Pierre Guillaume ou Dieudonné M'bala M'bala fréquentent aujourd'hui des personnes qui, quelques années auparavant, étaient à l'opposé de leur positionnement politique. Cependant il faut insister sur le fait que le négationnisme est un discours qui s'imbrique dans le patrimoine discursif de l'extrême droite. Le soutien d'une certaine gauche à Robert Faurisson est minoritaire. Mais par lui, le négationnisme est parvenu à troubler certains.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Valérie Igounet</b> est historienne, chercheuse associée à l'Institut d'Histoire du temps présent. Spécialiste de l'extrême droite et du négationnisme, elle est l'auteur d'<span style="font-style:italic">Histoire du négationnisme en France</span> (Seuil, 2000).       <br />
              <br />
       <span class="u">Voir aussi</span> :       <br />
       * <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Les-cinq-ages-du-negationnisme_a744.html">Les cinq âges du négationnisme</a>, par Valérie Igounet (vidéo)       <br />
       * Le site spécialisé sur le négationnisme : <a class="link" href="http://www.phdn.org/">Pratique de l'histoire et dévoiements négationnistes</a>       <br />
       * Valérie Igounet, « <a class="link" href="http://www.anti-rev.org/textes/Igounet98a/">Un négationnisme stratégique</a> » (Dossier : « Les terroirs de l'extrême-droite »), <span style="font-style:italic">Le Monde diplomatique</span>, mai 1998 (reproduit sur anti-rev.org).       <br />
       * Pierre Vidal-Naquet, « <a class="link" href="http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/">De Faurisson et de Chomsky</a> », texte publié en appendice II à « <a class="link" href="http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet87a/">Un Eichmann de papier</a> », <span style="font-style:italic">Esprit</span>, septembre 1980.       <br />
       * Jérôme Segal, « <a class="link" href="http://www.nonfiction.fr/article-6109-la_vie_et_et_loeuvre_dun_negationniste.htm">La vie et et &quot;l'oeuvre&quot; d'un négationniste</a> », <span style="font-style:italic">nonfiction.fr</span>, 27 septembre 2012.       <br />
       * Jean-Yves Camus, « <a class="link" href="http://www.phdn.org/negation/camusnegation.html">Le négationnisme dans le monde occidental : un paravent pseudo-scientifique de l’antisémitisme</a> », <span style="font-style:italic">phdn.org</span>, 25 juillet 2012.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/4057777-6156525.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Sur-les-pas-de-Robert-Faurisson-heraut-du-negationnisme-francais_a814.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-3654979</guid>
   <title>Attentat du 6 avril 1994 : la théorie du ''complot tutsi'' annihilée</title>
   <pubDate>Thu, 12 Jan 2012 18:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Rudy Reichstadt</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Veille]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.conspiracywatch.info/photo/art/default/3654979-5352504.jpg" alt="Attentat du 6 avril 1994 : la théorie du ''complot tutsi'' annihilée" title="Attentat du 6 avril 1994 : la théorie du ''complot tutsi'' annihilée" />
     </div>
     <div>
      Depuis mardi dernier, date de la présentation d’un rapport d’expertise écartant définitivement la thèse selon laquelle l’attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président du Rwanda – élément déclencheur du génocide de 1994 – aurait été commandité par les forces tutsi de Paul Kagamé, il ne reste rien de la théorie du « complot tutsi ».       <br />
              <br />
       Le rapport de six experts mandatés par le juge antiterroriste Marc Trévidic tient en 400 pages. Il a pour conséquence de faire opérer un tournant à 180 degrés à l’enquête française qui, démarrée en 1996 lorsque l'épouse d'un des deux pilotes français de l'avion présidentiel a saisi la justice, <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/11/genocide-rwandais-le-camp-kagame-innocente_1628213_3212.html">devrait désormais se tourner vers la piste d’un attentat perpétré par des extrémistes hutu</a>. Ces derniers reprochaient au président Habyarimana d’avoir accepté de partager le pouvoir avec les Tutsi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La thèse faisant des Tutsis du FPR les principaux, sinon les uniques responsables du génocide est distillée depuis près de dix-huit ans par les ultras du <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hutu_Power">Hutu Power</a>, sur la Radio-Télévision des Mille Collines notamment. D’inspiration négationniste, cette théorie du complot a trouvé un relais en France en la personne du juge <b>Jean-Louis Bruguière</b> (le prédécesseur de Trévidic), dont la conviction, <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/11/genocide-rwandais-le-camp-kagame-innocente_1628213_3212.html">explique</a> <span style="font-style:italic">Le Monde</span>, <span style="font-style:italic">« reposait essentiellement sur des témoignages soutenant l'existence d'un complot »</span>. L'un des témoins clés du juge, <b>Abdul Joshua Ruzibiza</b>, qui déclarait avoir fait partie d'une unité secrète du FPR chargée de commettre l'attentat, s’est ainsi rétracté en novembre 2008, qualifiant d'<span style="font-style:italic">« inventions »</span> ses précédentes dépositions et révélant comment il aurait été contacté par la DGSE avant d'accepter de rencontrer Jean-Louis Bruguière en contrepartie d’un visa pour l’Europe.       <br />
              <br />
       Le journaliste <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Pierre-Pean-est-il-un-adepte-de-la-theorie-du-complot-tutsi_a215.html">Pierre Péan</a> est l’autre grand propagateur en France de la théorie du complot s’agissant du Rwanda. Dans son livre paru en 2010 (<span style="font-style:italic">Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique</span>), il tente ainsi de démontrer que l’attentat contre le Falcon 50 de Juvénal Habyarimana a été commandité par Paul Kagamé avec l’aide des Etats-Unis et d’Israël, qui se seraient servis des Tutsi dans le cadre d’une grande conspiration internationale visant à évincer la France de la région des Grands Lacs et à isoler le Soudan.       <br />
              <br />
       La thèse faisant des Tutsi les auteurs de l’attentat est aussi celle de <b>Charles Onana</b>, un journaliste dont Péan a préfacé le livre (<span style="font-style:italic">Les secrets de la justice internationale : Enquêtes truquées sur le génocide rwandais</span>, éd. Duboiris, 2005) et qui est allé jusqu’à <a class="link" href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/072/article_40367.asp">déclarer publiquement</a> que la justice internationale <span style="font-style:italic">« ne dispose pas de preuves du génocide des hutu contre leurs compatriotes tutsi »</span>. Onana s'illustre depuis plusieurs années dans la défense des thèses des partisans de l'ancien régime rwandais et dans la dénonciation des manoeuvres occidentales au Soudan ou en Côte d'Ivoire (il considère par exemple que <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Cote-d-Ivoire-Gbagbo-et-ses-partisans-degainent-la-theorie-du-complot_a607.html">Laurent Gbagbo a été victime d'un «coup d'Etat»</a>).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Dans ces conditions, faut-il s’étonner que toute une littérature conspirationniste prospère autour de l’attentat du 6 avril 1994, notamment sur Internet ? Plusieurs théoriciens du complot se sont en effet engouffrés dans la brèche de la tragédie rwandaise.       <br />
              <br />
       C’est le cas de l’Américain <a class="link" href="http://www.conspiracywatch.info/tags/wayne+madsen/">Wayne Madsen</a>. Ce commentateur invité régulièrement sur la chaîne de télévision Russia Today ou dans l’émission de radio d’<a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Alex-Jones-le-show-conspirationniste-permanent_a431.html">Alex Jones</a>, est spécialisé dans la fabrication de théories du complot sur le 11-Septembre, la <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Grippe-A-H1N1-Rue89-et-Arret-sur-images-enquetent-sur-les-rumeurs-complotistes_a387.html">grippe H1N1</a>, <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Wikileaks-manipule-par-la-CIA-decryptage-d-une-theorie-du-complot_a552.html">Wikileaks</a>, la <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Oui-la-repression-en-Syrie-est-bien-reelle-n-en-deplaise-a-Meyssan-et-Cie_a764.html">répression en Syrie</a> ou encore le <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Attentat-en-Norvege-la-theorie-du-complot-atlantico-sionisto-maconnique_a697.html">double-attentat d’Anders Breivik</a> en Norvège (liste non exhaustive). Madsen est notamment l’auteur d’une contribution (« Comment l’attentat du 6 avril 1994 a déstabilisé le Rwanda et toute la région des Grands Lacs ») publié dans l’ouvrage collectif dirigé par Charles Onana, <span style="font-style:italic">Silence sur un attentat. Le scandale du génocide rwandais</span> (éd. Duboiris, 2005). L’ouvrage reprend les actes d’un <a class="link" href="http://www.liberation.fr/monde/0101484479-commemoration-du-genocide-les-tutsis-prives-de-trocadero">colloque organisé le 6 avril 2004 à La Sorbonne</a> où étaient conviés le Québécois <b>Robin Philpot</b> (auteur de <span style="font-style:italic">Ca ne s'est pas passé comme ça à Kigali</span>, éd. Duboiris, 2004) ainsi que l’ex-congressiste américaine <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Cynthia-McKinney-icone-du-conspirationnisme-post-11-Septembre_a518.html">Cynthia McKinney</a>.       <br />
              <br />
       Personnalité phare du mouvement conspirationniste sur les attentats du 11-Septembre, McKinney avait organisé en mai 2001, du temps où elle siégeait à la Chambre des représentants américaine, une table-ronde sur les événements de 1994. Elle y avait fait auditionner Wayne Madsen qui défendait alors la thèse dite du <span style="font-style:italic">« double-génocide »</span> et de la responsabilité des Etats-Unis dans la mort d’Habyarimana. Préfacière du livre de Charles Onana (<span style="font-style:italic">Ces tueurs Tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise</span>, éd. Duboiris, 2009), McKinney estime que <span style="font-style:italic">« ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères »</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Plus récemment, <b>Edward S. Herman</b> et <b>David Peterson</b> ont également accrédité la thèse selon laquelle Kagamé était le commanditaire de l’attentat du 6 avril 1994 dans <span style="font-style:italic">The Politics of Genocide</span> (2010), un livre postfacé par <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/11-Septembre-Chomsky-souffle-le-chaud-et-le-froid_a593.html">Noam Chomsky</a>.       <br />
              <br />
       On peut d’ores et déjà deviner les arguments qui seront avancés dans les jours qui viennent par les partisans de la théorie du « complot tutsi ». Ils insinueront que la justice française est « aux ordres » et que le rapport diligenté par le juge Trévidic tombe à point nommé alors que Paris et Kigali cherchent à normaliser leurs relations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La balistique est pourtant formelle. Elle prouve que la zone d'où a été tiré le missile ne peut pas être la &quot;Ferme de Masaka&quot;, une clairière où des rebelles tutsi auraient réussi à pénétrer pour abattre l'avion présidentiel. Il y a désormais des raisons objectives de penser que le FPR était étranger à l'attentat et que le tir venait du camp militaire Kanombé, qui était sous le contrôle des forces loyalistes. D’autant que, comme l’explique le politologue Jean-François Bayart <a class="link" href="http://www.liberation.fr/monde/01012382926-des-1990-les-chercheurs-avaient-mis-en-garde-contre-le-futur-genocide-rwandais">dans un entretien à Libération</a>, <span style="font-style:italic">« le rapport confirme sur un plan technique l’hypothèse qui était la plus logique pour un analyste politique (...) les ultras</span> [étant] <span style="font-style:italic">déterminés à empêcher par tous les moyens un partage du pouvoir avec le FPR »</span>. Hypothèse qui <a class="link" href="http://www.mediapart.fr/journal/international/120112/rwanda-le-rapport-trevidic-concorde-avec-les-analyses-de-plusieurs-serv">concorde également avec les analyses de plusieurs services de renseignements</a>, longtemps ignorées en France.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Voir aussi</span> :       <br />
       * Maria Malagardis, « <a class="link" href="http://www.liberation.fr/monde/01012382607-rwanda-la-preuve-d-un-genocide-planifie">Rwanda, la preuve d’un génocide planifié</a> », <span style="font-style:italic">Libération</span>, 11 janvier 2012.       <br />
       * Maria Malagardis, « <a class="link" href="http://www.liberation.fr/monde/01012382611-les-dix-huit-ans-d-intoxication-d-une-enquete-a-sens-unique">Les dix-huit ans d’intoxication d’une enquête à sens unique</a> », <span style="font-style:italic">Libération</span>, 11 janvier 2012.       <br />
       * « <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/11/rwanda-deux-versions-en-question_1628072_3212.html">Génocide rwandais : deux versions en question</a> », <span style="font-style:italic">Le Monde.fr</span>, 11 janvier 2012.       <br />
       * Christophe Châtelot, « <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/11/genocide-rwandais-le-camp-kagame-innocente_1628213_3212.html">Rwanda : retour aux origines du génocide</a> », <span style="font-style:italic">Le Monde</span>, 12 janvier 2012.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.conspiracywatch.info/photo/art/imagette/3654979-5352504.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Attentat-du-6-avril-1994-la-theorie-du-complot-tutsi-annihilee_a773.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.conspiracywatch.info,2013:rss-2967572</guid>
   <title>Au moins, les choses sont claires</title>
   <pubDate>Wed, 11 May 2011 23:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Meïr Waintrater</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Veille]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Meïr Waintrater     <div>
      On s’est beaucoup moqué de la chanteuse <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Veronique-Sanson-plus-forte-que-Marion-Cotillard_a665.html">Véronique Sanson</a>, qui a déclaré sur Canal+ après la mort de Ben Laden : <span style="font-style:italic">« On l’a pas assassiné et c’est pas lui »</span>. Certains ont prétendu que Véronique Sanson semblait un peu alcoolisée lors de son intervention télévisée. De fait, ses propos ne brillaient ni par la capacité d’analyse ni par l’élocution. Mais elle n’a pas vraiment dit autre chose que le conspirationniste <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Dossier-L-imposture-Thierry-Meyssan_a296.html">Thierry Meyssan</a>.       <br />
              <br />
       Sur son site internet nommé Réseau Voltaire, Meyssan explique que Ben Laden n’a pas été assassiné pour la bonne raison qu’il est mort en décembre 2001. Selon lui, de même que l’empire américano-sioniste a fabriqué de toutes pièces les prétendus attentats du 11-Septembre, il a entretenu artificiellement les mythes d’Al-Qaida et de Ben Laden.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Autre adepte du grand complot : <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Jacques-Cheminade-la-voix-de-LaRouche-en-France_a106.html">Jacques Cheminade</a>, qui dirige l’antenne française du <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Une-breve-presentation-du-mouvement-larouchiste_a533.html">mouvement sectaire</a> créé par un Américain d’extrême droite, <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/Lyndon-LaRouche-ou-la-theorie-du-complot-comme-cle-d-explication-du-monde_a105.html">Lyndon LaRouche</a>. Il dénonce dans l’exécution annoncée de Ben Laden <span style="font-style:italic">« un extraordinaire montage »</span> qui est le prolongement du <span style="font-style:italic">« montage du 11-Septembre »</span>.       <br />
              <br />
       Le conspirationnisme a le vent en poupe. Voyez <a class="link"  href="http://www.conspiracywatch.info/11-Septembre-Chomsky-souffle-le-chaud-et-le-froid_a593.html">Noam Chomsky</a>. Dans un <a class="link" href="http://www.france-palestine.org/article17334.html">article</a> traduit et mis en ligne par l’Association France Palestine Solidarité, le célèbre universitaire américain <a class="link" href="http://www.slate.fr/story/38041/chomsky-ben-laden-11-septembre-delire">exprime ses doutes</a> quant aux responsabilités de Ben Laden dans les attentats du 11-Septembre. Et il accuse le président Obama d’avoir <span style="font-style:italic">« tout simplement menti »</span> quand il a déclaré <span style="font-style:italic">« que les attaques du 11-Septembre avaient été perpétrées par Al-Qaida »</span>.       <br />
              <br />
       Les islamistes, eux, ont moins de doutes. L’émir de l’organisation Al-Qaida au Maghreb Islamique reconnaît la mort de son maître à penser. Dans un communiqué, il appelle à venger Ben Laden, et pour cela à <span style="font-style:italic">« contrecarrer l’agression américaine sioniste »</span> et à <span style="font-style:italic">« combattre les chrétiens et leurs laquais juifs et chiites »</span>. En Egypte, le site du mouvement des Frères Musulmans met en ligne un article rendant hommage à Ben Laden, qui a <span style="font-style:italic">« brandi la bannière du Jihad pour Allah, alors que les pays islamiques y avaient renoncé dans le cadre du combat contre le sionisme en Palestine, le communisme en Afghanistan et l’hindouisme au Kashmir »</span>.       <br />
              <br />
       Pendant ce temps, chez nous en France, le site internet Palestine-Solidarité met en ligne un <a class="link" href="http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Faouzia_Zebdi-Ghorab.080511.htm">article</a> déclarant que <span style="font-style:italic">« s’ils ont eu le corps Ben Laden ils n’ont pas effacé l’esprit benladénien »</span>, et appelant à poursuivre le combat contre <span style="font-style:italic">« les forces de l’axe américano-sioniste »</span>. Au moins, les choses sont claires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</div>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.conspiracywatch.info/Au-moins-les-choses-sont-claires_a667.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
