Depuis l’été 2013, un montage accuse l’emblématique opposant vénézuélien Henrique Capriles d’être un admirateur du dictateur chilien Augusto Pinochet. Désintox.

Gouverneur de l’Etat de Miranda (Venezuela), Henrique Capriles Radonski est le principal opposant au président Nicolas Maduro qu’il a affronté lors de l’élection de 2013. Déclaré inéligible pour quinze ans en raison d’« irrégularités administratives », une décision critiquée par les ONG de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch, Capriles est la bête noire du régime. Cible d’attaques violentes de la part des partisans de Maduro, il est régulièrement dépeint comme un agent de l’étranger et un « oligarque d’extrême droite », ne se privant pas en retour de qualifier le gouvernement actuel de « fasciste ».

Fin juillet 2013, le quotidien d’opposition El Universal rendit compte d’une visite de Capriles au Chili et au Pérou et de propos tenus par ce dernier dans une émission de sa webTV. Il y évoquait la transition démocratique au Chili, source d’inspiration pour une transition du même type au Venezuela, le leader de l’opposition dressant un parallèle entre le régime chaviste et celui que le général Pinochet avait instauré au Chili de 1973 à 1990.

Quelques semaines plus tard apparut sur une page Facebook chaviste un montage mettant dans la bouche de Capriles les mots suivants :

« Pinochet fue un demócrata al servicio del pueblo chileno ».

En français : « Pinochet était un démocrate au service du peuple chilien ».

Henrique Capriles n’a évidemment jamais dit ni même suggéré une telle chose qui, du reste, contredit totalement ses propres commentaires sur son séjour au Chili. De plus, le visuel en question est un faux assez grossier… ce qui ne l’empêche pas de resurgir régulièrement des limbes d’internet depuis quatre ans et d’avoir été partagé des centaines de fois – comme ici, ,  ou encore . Sans surprise, on le trouve posté en commentaires d’un profil Facebook complotiste en français. Plus préoccupant, le 31 juillet dernier, le hoax a été posté par le député communiste chilien Hugo Gutierrez. Il a été retweeté 223 fois…