Des spécialistes de la vaccination s’inquiètent de la méfiance croissante de la population envers cet outil incontournable de santé publique et souhaitent réagir « au nom de l’intérêt collectif et en particulier des plus vulnérables ».

Dans le débat sensible en cours sur la vaccination, nous avons récemment perçu dans certains médias, y compris dans les colonnes du Monde, une dérive inquiétante. Elle tend à donner la parole plus largement aux « lanceurs d’alertes », même fausses ou non confirmées, qu’aux experts académiques dont l’exigence de rigueur médico-scientifique est moins vendeuse. On cherche de plus à disqualifier ces derniers en les accusant systématiquement de connivence avec l’industrie pharmaceutique selon une application bien sentie du principe de la théorie du complot.

Nous pensons qu’un sujet aussi vital que la prévention vaccinale des maladies infectieuses justifie une présentation plus équilibrée et moins désinvolte.

De quoi s’agit-il ?

Ce que l’on nomme hésitation, voire défiance, envers la vaccination, est un sentiment compréhensible, particulièrement chez les jeunes parents au moment où leurs enfants vont être vaccinés. Le principe de vaccination universelle allait de soi lorsque des maladies infectieuses très fréquentes pesaient lourdement sur la société. Ce principe peut sembler aujourd’hui moins essentiel, voire optionnel, aux parents qui ne sont plus confrontés aux drames infectieux d’hier. Sortons pourtant de notre bulle, interrogeons les anciens, allons voir ce que sont les maladies infectieuses de l’enfance dans les pays défavorisés où les enfants sont encore très insuffisamment vaccinés, ou dans les pays en guerre comme la Syrie, où la protection vaccinale – parfois établie de longue date – a volé en éclats avec la désorganisation de la santé publique. Observons ce qu’il arrive dans nos propres pays lorsque le taux de couverture vaccinale diminue contre des maladies pourtant considérées comme ayant quasiment disparu. […]

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