Le chroniqueur Thomas Legrand poussait un coup de gueule mercredi matin dernier sur France Inter contre l’atmosphère de défiance généralisée qui selon lui pourrit le débat public :

« FNPS, UMPS… ceux qui abusent de ces accouplements d’acronymes rependent l’idée que tous, sauf eux, ont un agenda caché ou s’entendent pour nous manipuler. Manuel Valls fait pareil quand il accuse les frondeurs, non pas d’avoir un avis différent sur la loi Macron, mais d’abord de vouloir préparer le prochain Congrès du PS. Il s’agit-là d’une tournure d’esprit qui accrédite l’idée que la vie politique n’est qu’un théâtre d’ombre, peuplés d’ambitieux, peu soucieux du bien commun.

Et là, j’entends derrière le poste, une foule d’auditeur dire « ben oui ! ». Mais non, en fait. Il y a de la tactique, de l’ambition et il y a aussi des vraies convictions et une envie d’agir. Les journalistes politiques (nous !) sommes coresponsables de la « house-of-cardisation » ambiante. Nous dépolitisons tout en analysant principalement, par reflexe, paresse ou inculture, l’aspect stratégique et tactique de la vie politique. Et bien sûr le premier bénéficiaire, de cet état du débat, est aussi, celui qui donne de la politique, la lecture la plus complotiste et paranoïaque : le FN. »


L'édito politique : "Le débat politique pollué… par franceinter

Source : France Inter, 11 mars 2015.