Le 18 octobre dernier, François Burgat a commenté sur Twitter [archive] un livre sur le coup d’Etat du 15 juillet 2016 en Turquie. « Une thèse substantiellement différente de celle dont nous abreuvent les chaînes de la “télavivision” française » écrit l’islamologue, concluant son message par un smiley. Formé à partir de « Tel-Aviv » et « télévision », le terme « télavivision » est un jeu de mots suggérant que les chaînes de télévision française sont sous le contrôle de Tel-Aviv, ville côtière israélienne considérée par l’essentiel de la communauté internationale comme la capitale de facto de l’Etat hébreu.

Le tweet de François Burgat a déclenché, ce matin, la réaction de la Licra qui demande des explications sur Twitter.

Ce n’est pas la première fois que l’islamologue utilise ce terme, forgé dans un texte qu’il avait co-signé en août 2006 avec François Gèze (directeur général des éditions La Découverte) pour le site communautaire musulman Oumma.com.

Directeur de recherche émérite au CNRS (Iremam, Aix-en-Provence) et membre du comité de rédaction du site Orient XXI, François Burgat s’était déjà illustré par des propos du même acabit en 2014, en appelant de ses vœux une loi « sur la séparation du Crif et de l’Etat » (le Crif étant le Conseil représentatif des institutions juives de France).

Concernant les plaintes pour viol qui ont conduit le prédicateur Tariq Ramadan en prison, il a également spéculé sur une manœuvre « internationale » dirigée en réalité contre le Qatar.

La définition de travail de l’antisémitisme adoptée par le Parlement européen l’année dernière, inclut la circonstance de « faire des allégations mensongères, déshumanisantes, diabolisatrices ou stéréotypées sur les juifs en tant que tels ou sur le pouvoir des juifs en tant que collectivité – par exemple les mythes sur une conspiration mondiale juive ou sur les juifs contrôlant les médias, l’économie, le gouvernement ou les autres institutions de la société ».

 

(Mise à jour : 28/10/2018, 11h51)