L’économiste américain Paul Krugman estime dans une chronique récente du New YorK Times, que la rhétorique utilisée par l’Administration américaine à l’égard des migrants – accusés de voler les emplois des Américains ou de faire augmenter la criminalité – est comparable aux accusations de meurtres rituels qui ont visé les Juifs pendant des siècles. Statistiques à l’appui, Krugman montre que le taux d’immigration n’augmente pas, que les taux de criminalité sont plus bas dans les régions qui comptent un nombre important d’immigrés et que la plupart des économistes ne pensent pas que les salaires des Américains à faible revenus soient tirés vers le bas en raison de l’immigration. Interrogée par la Jewish Telegraphic Agency, l’historienne Deborah Lipstadt, spécialiste de la Shoah et auteure d’une tribune récente dans laquelle elle récuse toute analogie entre la politique migratoire de Donald Trump et l’Holocauste, reconnaît que la comparaison osée par Krugman n’est pas dénuée de sens, évoquant « un élément irrationnel et un manque de logique » communs aussi bien à l’antisémitisme classique qu’à la xénophobie contemporaine.