Pour le Premier ministre algérien, « le Printemps arabe est l’œuvre du sionisme et de l’OTAN »
Leader du Rassemblement national démocratique (RND) et Premier ministre algérien en exercice, Ahmed Ouyahia a développé, dimanche, « une lecture bien singulière des révoltes dans le monde arabe », comme le rapporte le quotidien El Watan :

« Les révolutions qui ont ébranlé les pays frères et amis tels que l’Irak, le Soudan, la Tunisie, le Mali, la Libye et l’Egypte ne sont pas fortuites, mais sont l’œuvre du sionisme et de l’OTAN (…). Les pays de l’OTAN accordent des visas à des jeunes selon leurs objectifs, pour les former dans les nouvelles technologies afin de créer des troubles et se transformer en bombes prêtes à exploser dans leurs pays respectifs. (…) Je demande à ces puissances pourquoi ne se penchent-elles pas sur la situation du peuple palestinien victime de l’embargo et du génocide imposés par l’Etat sioniste ? Cela dure depuis des décennies. (…) L’Algérie a déjà vécu toute seule ses printemps et ses révolutions. Le peuple algérien a toujours défendu son pays contre les forces de l’OTAN pour se libérer. Je vous appelle à voter en masse le 10 mai pour prouver aux détracteurs et à leurs parrains que l’Algérie est un pays constitué de forces patriotiques qui n’ont jamais cédé aux menaces ».

Le Premier ministre algérien a prononcé ces paroles au cours de son dernier meeting de campagne pour les élections législatives du 10 mai. Des élections que le parti d’opposition RCD a décidé de boycotter pour protester contre le manque de transparence du scrutin.

Le gouvernement algérien repose sur une coalition tripartite réunissant le RND d’Ahmed Ouyahia, les islamistes du Mouvement de la société pour la paix et les nationalistes du FLN. Depuis le début des révolutions arabes, il accuse l’opposition démocratique – le RCD tout particulièrement – d’être inféodée à des intérêts étrangers. En septembre 2011, le ministre algérien de l’Intérieur avait notamment accusé des « parties étrangères » en relation avec « l’entité sioniste » (Israël) de fomenter des troubles dans le pays.

Voir aussi :
* Quand les conspirationnistes crient haro sur le printemps arabe