Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Recherche

Facebook
Twitter
Rss
YouTube Channel











Dernières notes



La Bibliothèque
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
Les rhétoriques de la conspiration, sous la direction d'Emmanuelle Danblon & Loïc Nicolas
L'effroyable mensonge, de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel
La Société parano, de Véronique Campion-Vincent
Les Nouveaux imposteurs, d'Antoine Vitkine
Mythes et mythologies politiques, de Raoul Girardet
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff
Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amérique, de Richard Hofstadter
L'Effroyable Imposteur, de Fiammetta Venner





Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
Penser d'une façon conspirationniste, c'est non pas croire que les complots existent, car ils n'ont jamais cessé d'exister, mais voir des complots partout et croire qu'ils expliquent tout ou presque dans la marche du monde. Il faut clarifier les termes employés, car l'expression « théorie du complot » (conspiracy theory, Verschwörungstheorie) est trompeuse. L histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fictifs ou imaginaires attribués à des minorités actives ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.), objets de croyances collectives. Dans l'expression mal formée « théorie du complot », le « complot » est nécessairement un complot. Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l'adhésion aux « grands récits » de nature religieuse a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, aussi délirants soient-ils, présentent l'avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d'échapper au spectacle terrifiant d un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D'où le succès public de ces récits. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées, et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. Les cas fourmillent, de l'« affaire DSK » à la grande crise financière actuelle...

Historien des idées, philosophe et politologue, Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS (Cevipof). Derniers ouvrages parus : Dictionnaire historique et critique du racisme (PUF, 2013) ; Le nouveau national-populisme (CNRS, 2012) ; Wagner contre les juifs (Berg International, 2012).