Philippe Karsenty ne désarme pas. Un peu plus d’un an après sa condamnation dans le cadre du procès en diffamation que lui avait intenté France Télévisions et le journaliste Charles Enderlin, le chantre français de la théorie du complot sur la mort du jeune Palestinien Mohamed Al-Dura fait de nouveau parler de lui.

Karsenty, qui est aussi adjoint au Maire de Neuilly, appelle désormais le hacker extrémiste juif Grégory Chelli, alias Ulcan, à « s’occuper » de Pierre Haski, le directeur de la rédaction du site Rue89, qui avait pris parti pour Charles Enderlin. Rappelons que Grégory Chelli est visé par une information judiciaire pour « violences volontaires avec préméditation » et « dénonciation de crimes et délits imaginaires » depuis la mort par infarctus du père d’un journaliste de Rue89 qu’il harcelait.

Poursuivant de son courroux le correspondant de France 2 à Jérusalem, qu’il accuse d’avoir bidonné un reportage diffusé le 30 septembre 2000 sur la mort d’un enfant palestinien lors d’une fusillade dans la Bande de Gaza, Karsenty s’est lancé il y a deux semaines dans une nouvelle campagne de dénigrement à l’encontre d’Enderlin en détournant une campagne de publicité de France 2 :

Après l’avoir qualifié de site d’« extrême gauche », Karsenty accuse désormais Rue89 de jouer un rôle dans la radicalisation des volontaires pour le djihad… En 2010, dans une interview à la chaîne canadienne Radio Shalom, il avait qualifié Jacques Chirac d’« antisémite ». Il considère également que les anciens ambassadeurs d’Israël en France, Elie Barnavi ou Daniel Shek, sont « d’extrême gauche ».

Et sur le fond ? Rien n’a changé depuis le 30 septembre 2000. Un enfant de 12 ans du nom de Mohamed Al-Dura est mort, victime d’un échange de tirs entre soldats israéliens et forces de sécurité palestiniennes. Que les images de cette fusillade aient fait l’objet d’une exploitation propagandiste bien réelle atténue-t-il la campagne de calomnies et d’intimidations qui vise Charles Enderlin depuis lors ?

Les sous-entendus complotistes de Philippe Karsenty, qui remet en cause la mort d’un enfant ce jour-là, parle de « mise en scène » – comme s’il était aisé de tourner un film de fiction en pleine fusillade à balles réelles – et présente Mohamed Al-Dura et son père comme des « acteurs », ne reposent que sur des spéculations. Quatorze ans plus tard, les autorités israéliennes n’ont jamais manifesté la volonté de collaborer à une enquête indépendante sur ce drame.