Alors que la Russie a dévoilé il y a quelques jours un projet de résolution au Conseil de sécurité condamnant notamment « l’usage disproportionné de la force par les autorités syriennes », qui aurait fait probablement plus de 5 000 morts à ce jour selon l’ONU, la complosphère persiste à s’enferrer dans le déni de réalité.

Depuis plusieurs semaines, les professionnels de la théorie du complot prétendent que les snipers qui tirent sur les foules de manifestants en Syrie sont en réalité des « mercenaires », des soldats d’élites infiltrés, d’obscures « forces spéciales » envoyées par l’OTAN.

Sur mondialisation.ca, Wayne Madsen explique que des « escadrons de la mort » armés par les Etats-Unis et Israël « ont non seulement mené des attaques contre les forces de sécurité syriennes, mais ont aussi massacré des civils dans des opérations sous “faux drapeau” attribuées par la suite aux forces du gouvernement syrien ». L’ex-larouchiste Webster Tarpley évoque quant à lui une « production conjointe de la CIA, du MI6, du Mossad ». Marc George, un ancien du Front national actuellement directeur du site medialibre.eu (après avoir été directeur de campagne de Dieudonné et secrétaire général de l’association d’Alain Soral) accuse tout bonnement « l’empire israélien » et le « lobby juif » de vouloir la peau de « l’Etat syrien ». De son côté, Thierry Meyssan affirme noir sur blanc que les manifestants anti-Assad n’ont jamais existé, que le bon président Assad a expressément interdit à ses hommes de tirer sur les manifestants et que les tortures infligées aux enfants par les services de sécurité syriens ne sont qu’une invention des médias occidentaux.

Rappelons que Marc George, Webster Tarpley et Francesco Condemi (Clap36) ont fait partie de la fine équipe qui s’est rendue en Syrie le mois dernier à l’initiative de Thierry Meyssan… et du régime de Damas.

Le reportage de la journaliste Manon Loizeau, diffusé récemment sur France 2, balaie en trente minutes toute cette désinformation (voir ci-dessous). Entrée clandestinement en Syrie (le pays est fermé à la presse internationale), Manon Loizeau s’est rendue à Homs où elle a rencontré des déserteurs de l’armée syrienne – ceux-là même dont le président du Réseau Voltaire affirme qu’ils ne sont qu’une poignée et ont quitté la Syrie.

Pour prendre la mesure de la désinformation à laquelle se livrent les supplétifs du régime de Bachar el-Assad, on se reportera également au dernier rapport de Human Rights Watch, décrit par Le Monde comme « l’étude la plus détaillée sur les responsables au jour le jour de la répression et sur la façon dont elle est menée ».

1ère partie :

2ème partie :

3ème partie :

Voir aussi :
* L’écœurante propagande du régime syrien
* Troubles en Syrie : un complot pour l’apéro ?
* Manifestations en Syrie : Assad et Chavez dénoncent la main de l’étranger