''Néolibéralisme(s)'' de Serge Audier : l'histoire contre les fantasmes
Par Brice Couturier
« La plupart des personnalités des partis politiques, des médias et des syndicats, sont sous l’influence directe des organisations des maîtres du monde qui orientent ainsi les décisions prises dans un grand nombre de secteurs. Ce sont les agents du Nouvel Ordre Mondial, fidèles relais de la « pensée unique » et du nouvel ordre économique, par-delà les différences apparentes, qui donnent l’illusion du pluralisme dans le débat public. » Voici ce qu’on lit sur un de ces sites inspirés par la paranoïa ambiante, reflétant une conception complotiste de l’histoire, hélas fort répandue.

Le fantasme de la convergence des super-puissants et des super-riches, en des lieux ultra-secrets et sévèrement gardés, bien sûr ! – aujourd’hui, le groupe de Bilderberg, hier la Trilatérale – pour ourdir leurs noirs complots contre les gens du commun, imposer l’ordre économique qui convient à leurs intérêts, pour miner la démocratie en corrompant les faiseurs d’opinion, ce fantasme est très ancien. L’ordre des jésuites, les prétendus Protocoles des Sages de Sion, ou tout bonnement la franc-maçonnerie ont cristallisé ce besoin d’attribuer les malheurs individuels ou collectifs à un « complot des élites », de préférence « cosmopolites » ou « mondialisées ».

Votre livre, Serge Audier, fait justice d’un mythe de cet ordre. Vous nous proposez une archéologie du concept de « néo-libéralisme », ce mot qui en est venu à valoir pour jugement et condamnation et dont on a consciencieusement oublié le sens original comme les conditions de sa conception. (…)

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Voir aussi :
* Alain Wolfelsperger, « L’ultra-antilibéralisme ou le style paranoïde dans la critique de l’économie de marché », Commentaire, vol. 29, n° 116, hiver 2006-2007.