« Je ne suis pas antisémite. Je suis anti-termite » : c’est par ces mots que Louis Farrakhan a accompagné le  tweet relayant l’extrait vidéo d’un de ses discours tenu le 14 octobre dernier à Détroit, dans le Michigan. En juin 2018, le leader de la Nation of Islam, âgé de 85 ans, avait prononcé un sermon au siège de son organisation, la mosquée Maryam de Chicago, dans lequel il entendait « démasquer complètement et profondément le Juif satanique et la Synagogue de Satan ». Il y affirmait que les Juifs étudient pour apprendre à « dominer » les non-juifs et expliquait qu’ils ont « infecté le monde entier par le poison et la tromperie ». Il s’était vu alors supprimer la certification de son compte Twitter. Dans un communiqué, Jonathan Greenblatt, chef de l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti-Defamation League (ADL), a appelé Twitter à « supprimer de la plate-forme les contenus haineux de Farrakhan pour l’empêcher de diffuser et de banaliser de tels messages » (source : Times of Israel, 18 octobre 2018). Chelsea Clinton, la fille de Bill et Hillary Clinton, a réagi sur Twitter en qualifiant les propos de Farrakhan d’« antisémites, faux et dangereux ». « A tous ceux qui ont condamné à juste titre la rhétorique du président Trump lorsqu’il a parlé des immigrés “infestant notre pays”, cette rhétorique devrait vous être tout aussi intolérable » a-t-elle ajouté. En plus de sa longue carrière de prédicateur antisémite, Louis Farrakhan est un complotiste notoire. Il a notamment consacré l’un de ses discours en 2015 à défendre la théorie du complot sur les attentats du 11 septembre 2001.