A l’heure des commémorations italiennes sur les attentats de la gare de Bologne, l’historien Guillaume Origoni revient sur les hypothèses avancées par certains juges d’instruction qui accusent la France d’être complice de l’assassinat d’Aldo Moro ou du crash du DC9 qui reliait Bologne à l’île d’Ustica. Des théories qui flirtent avec le complotisme.

L’Italie a été durement touchée par le terrorisme. De l’attentat de Piazza Fontana (12 décembre 1969) perpétré par les groupes néo-fascistes aux derniers soubresauts des Brigades Rouges à la fin des années 1980, le pays a été endeuillé par une suite d’attaques incessantes à son ordre démocratique.

La particularité du terrorisme italien réside dans la difficulté d’en faire une lecture historique et par voie de conséquence d’en tirer une historiographie qui fasse consensus a minima. Cet état de fait est souvent favorisé par l’impossibilité d’aboutir à des condamnations claires et définitives sur la plupart des violences (les « stragi » en italien) endurées par la société italienne.

Il est vraisemblable que c’est au cœur de cette confusion historico-judiciaire que se nichent les suspicions et les attaques mettant en cause la responsabilité de l’Etat français dans la mort d’Aldo Moro (9 mai 1978) mais aussi dans l’attentat de la gare de Bologne (85 morts et 200 blessés le 2 août 1980) ou encore dans le crash du DC9 qui reliait Bologne à Ustica (81 morts le 27 juin 1980).

Ces accusations sont le fruit d’une campagne conduite par une poignée de juges d’instruction, de journalistes, de parlementaires et parfois d’historiens. Nous assistons depuis plus de trente ans à la résurgence régulière d’hypothèses faisant des services de renseignements français – le SDECE puis la DGSE, mais aussi la DST ou la DCRG – les deus ex machina de ces tragédies sur lesquelles planent encore de réelles zones d’ombre. (…)

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Voir aussi :
* Brigades rouges : l’Italie vit toujours avec le fantôme d’Aldo Moro