Le conspirationnisme, on peut aussi faire le choix d’en rire. Depuis un an maintenant, les couvertures parodiques de "Parano Magazine" ravissent les amateurs de délires complotistes. Qui se cache derrière "Parano Magazine" ? Quel est son but ? Pour y répondre, Conspiracy Watch est allé poser la question à celui qui se présente comme le "rédacteur en chef" de ce titre pas comme les autres : Adolfo Ramirez. Attention, interview décalée…

Conspiracy Watch : Adolfo Ramirez, vous avez un lien de parenté avec le terroriste Carlos (Ilich Ramirez Sanchez – NDLR) ou s’agit-il d’une simple "coïncidence" ?

Adolfo Ramirez : Coïncidence ? Je ne crois pas.

C. W. : Qui êtes-vous vraiment ?

A. R. : Je suis journaliste indépendant, au contraire de la plupart de mes confrères qui sont eux complices du complot des media. Mon grand-père a fondé dans les années 1940 "Le Petit Paranoïaque Illustré" (dont vous pourrez retrouver la couverture du premier numéro ici) qui dénonçait déjà en son temps le franc-maçon, le bolchévique, les commerçants des quartiers cosmopolites et l’anti-France en général. Malheureusement les temps sont durs pour les vrais défenseurs de la vérité vraie et il a dû s’exiler pour l’Uruguay afin de fuir les persécutions impérialistes et ce dès 1945. C’est là que nous avons grandi avec mon frère Benito avant de rentrer en France il y a tout juste un an pour informer nos compatriotes des dangers des illuminati, des reptiliens, des extraterrestres et surtout des végétariens.

C. W. : Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

A. R. : Je suis Rédacteur en Chef de Parano Magazine sobrement sous-titré "Si nous n’avons pas de preuve, c’est qu’ils sont très forts", hebdomadaire d’informations publié aux Éditions du Nouvel Ordre Mondial, 16 rue Cadet dans le 9e à Paris (le siège national du Grand-Orient de France – NDLR), parce qu’ils ne penseront jamais à venir nous chercher là-bas.

C. W. : Est-ce vous qui êtes à l’origine de ce projet ?

A. R. : Oui, c’est bien moi.

C. W. : Comment l’idée vous est-elle venue ?

A. R. : C’est le visionnage d’une vidéo d’Alain Soral qui dénonçait les islamo-judéo-trotskistes à la solde des sionisto-américano-qatari avec Dieudonné au fond faisant des bruits de flatulence avec ses dessous de bras qui m’a donné envie de lancer Parano Magazine afin que chacun puisse se faire son opinion à partir d’absolument tout ce qu’on peut trouver sur internet.

C. W. : Vous êtes tout seul à la rédaction ?

A. R. : Non. L’équipe rédactionnelle est composée essentiellement de 3 personnes. Tout d’abord notre grand reporter, Béret Verre, qui va se rassasier auprès de nos sources sur tous les comptoirs de France. Il tient aussi conférence tous les matins à 14h (18h les jours où il y a trot à Vincennes en nocturne) au Bar-PMU Le Royal Trinité, en face de l’église de la Sainte-Trinité, Paris 9e. Ensuite, en charge de notre rubrique "Courrier des Lecteurs", nous avons notre avocat maison : Me Danton-Colomb, qui s’efforce avec brio d’enfoncer le plus profondément possible la vérité dans le fondement de l’encéphale de nos abonnés. Et enfin moi même, sans oublier tous nos pigistes de la brigade de majorettes de l’anti-Nouvel Ordre Mondial de la section savoyarde de 911nwo.info.

C. W. : Etes-vous l’auteur de ces couvertures parodiques ? Et quel logiciel utilisez-vous ?

A. R. : Je vous interdis de qualifier de "parodiques" les éléments de preuve que nous avons tant de mal à rassembler, et ce au péril de notre vie. Certes il nous arrive parfois d’utiliser Photoshop afin de faire ressortir quelques détails qui seraient invisibles pour la plupart de nos lecteurs dont l’œil n’est pas assez exercé pour déceler les symboles qui prouvent que les "qui vous savez" nous manipulent, mais si nous le faisons, c’est toujours dans un esprit de déontologie journalistique et de respect de la vérité.

C. W. : Je n’ai jamais trouvé "Parano Magazine" en kiosque : rupture de stock ou complot ?

A. R. : Pour obtenir son numéro de Parano Magazine, il faut aller chez son marchand de journaux et demander le Journal de Mickey en se grattant l’oreille gauche (attention, si vous vous grattez l’oreille droite il vous donnera notre concurrent : Complorama). Il peut arriver que le susmentionné commerçant vous donne effectivement le Journal de Mickey : si c’est le cas, c’est qu’il est de mèche avec ceux qui vous veulent du mal et, croyez-moi, ils sont nombreux.