On connaît depuis longtemps les dangers que représente la propagation des théories du complot dans nos sociétés. Récemment, notre ministre de l’Éducation nationale a pris une initiative pour y faire face en réunissant, lors d’une journée de débats et de conférences, des élèves, des enseignants, des chercheurs, des juristes, des journalistes et des psychologues. Selon les propres mots de la ministre, il s’agissait de réfléchir aux « réactions à adopter face aux théories du complot », réactions prioritairement destinées aux élèves de nos collèges et de nos lycées.

L’initiative est louable et mérite d’être saluée. Mais l’examen du programme de cette journée montre que, selon toute vraisemblance, la réponse aux théories du complot y fut surtout envisagée selon une opposition assez classique entre vérité et mensonge, information versus désinformation. Or, l’adhésion aux thèses complotistes et leur diffusion de proche en proche ne relèvent pas simplement d’un problème touchant à la vérité des faits et à la croyance en une vérité alternative. La propagation des théories du complot s’inscrit également dans une logique identitaire qu’il convient de bien comprendre si l’on souhaite combattre le phénomène.

« Eux » et « Nous »

Dès la fin du XIXe siècle, William James propose une définition de la notion d’identité psychologique. Elle s’organise autour du concept de «Soi», envisagé comme une construction cognitive rassemblant les connaissances qu’un individu dispose à propos de lui-même. (…)

Lire la suite sur The Conversation.

Voir aussi :
* Les théoriciens du complot conspirent
* Les théories du complot ne sont pas juste de petites histoires rigolotes