Si Barack Obama est réélu, il y aura « des troubles, de la désobéissance civile, peut-être même une guerre civile ». Il se pourrait même que le président « envoie des troupes de l’ONU » pour réprimer les soulèvements populaires. « Je ne veux pas d’eux dans le comté de Lubbock, donc je me mettrai devant leurs tanks et je leur dirai : "vous n’entrez pas ici" ». C’est ce qu’a confié à Fox News le 21 août dernier, le juge texan Tom Head.

Qualifiées de « ridicules » par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, les déclarations de Tom Head – qui entendait par là justifier une hausse d’impôts dans son comté – font échos à celles d’élus républicains qui, en mai dernier, ont bloqué la ratification du traité sur la mer par les Etats-Unis au motif que cela reviendrait à donner à l’ONU le contrôle sur les forces navales américaines.

Mais les propos du juge texan sont aussi remarquables en ce qu’ils se situent au croisement de deux grands thèmes conspirationnistes allègrement développés dans toute une partie de la droite conservatrice américaine aux cours des dernières années.

Celui, tout d’abord, des intentions cachées prêtées à Barack Obama, régulièrement accusé de comploter contre l’Amérique. Une théorie du complot diffusée à très grande échelle si l’on en juge au succès qu’est en train de connaître, outre-Atlantique, 2016 : Obama’s America, un film aux accents paranoïdes et catastrophistes écrit par le commentateur politique Dinesh D’Souza.

Des casques bleus au Texas ?
Le second thème complotiste cher au cœur des ultra-conservateurs américains porte sur l’Organisation des Nations unies, accusée de travailler secrètement à l’avènement d’un « gouvernement mondial » et de saper la souveraineté du peuple américain. L’année dernière, les téléspectateurs de Fox News ont ainsi pu voir l’animateur Glenn Beck leur raconter comment un document onusien visant à promouvoir le développement durable, l’Agenda 21, était en réalité le cheval de Troie d’un nouveau totalitarisme déguisé : « Quand on lit les pages [de l’Agenda 21], il devient clair que "développement durable" est juste une façon très agréable de dire "contrôle centralisé sur l’ensemble de la vie humaine sur la planète Terre". »

L’Agenda 21 est un "plan d’action" adopté en 1992 par 173 chefs d’Etat (dont le président George Bush père) lors du Sommet de la Terre de Rio. Il formule un ensemble de recommandations visant à lutter contre la surpopulation, la pollution, la pauvreté et la raréfaction des ressources. Depuis 20 ans, la John Birch Society, une organisation américaine d’extrême droite, tente de démontrer que ce document pourtant non contraignant est en fait un plan mondial de contrôle de la population d’inspiration « socialiste ».

Voir aussi :
* La folle rumeur des camps de concentration fédéraux
* Alex Jones accuse Obama d’avoir commandité la marée noire
* Antigovernment Conspiracy Theorists Rail Against UN’s Agenda 21 Program (Southern Poverty Law Center)