Dimanche 9 juin 2013, le Premier ministre turc a prononcé trois discours à l’attention de ses partisans. Qualifiant les manifestants de la Place Taksim de «pillards» et d’«extrémistes», Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un complot «organisé à l’intérieur et à l’extérieur» du pays.

RFI rapporte en particulier que le leader de l’AKP s’est présenté comme comme la victime d’un complot visant à l’éliminer, à l’instar du président Adnan Menderes, exécuté en 1961… ou du président Turgut Özal dont la mort en 1993 des suites d’une crise cardiaque, ne serait pas si naturelle que ce qu’en dit la version officielle.

Erdogan a également dénoncé les lobbyistes de la finance internationale qui seraient jaloux de la réussite économique de la Turquie.

Sources : La Voix de la Russie, 9 juin 2013 ; RFI, 10 juin 2013.

Voir aussi :
* Erdogan, l’avortement et le complot contre la démographie turque
* Le ministre turc de l’économie accuse les Français de déstabiliser son pays

Mise à jour (20/06/2013) :
Lu dans Le Monde daté du mercredi 19 juin 2013 :
Plus que les syndicats, c’est un mouvement de désobéissance civile original, relayé par les réseaux sociaux, qui a attiré l’attention sur Taksim, lundi soir. Un danseur chorégraphe a lancé une protestation silencieuse et pacifique, debout au milieu de la place, face au centre culturel Atatürk, avant d’être rejoint par des dizaines d’autres « hommes immobiles ». La police a fini par arrêter plusieurs manifestants, laissant libre le danseur à l’origine de cette initiative. Sur Twitter, on ironisait sur la réponse des autorités : « L’homme immobile est sans doute un agent de la CIA. »

Car depuis qu’il a repris la main et le contrôle des environs de la place Taksim, le gouvernement de M. Erdogan règle ses comptes. Parmi les principaux responsables de la crise politique qui touche la Turquie figurent, selon le premier ministre, « le lobby du taux d’intérêt » et « la finance internationale » qui voudraient déstabiliser l’économie turque. Les thèses conspirationnistes foisonnent. Des ministres ont dénoncé notamment l’American Entreprise Institute, un think tank néoconservateur, ou le philanthrope George Soros. La presse étrangère, CNN, BBC et Reuters en tête, a également été prise pour cible en raison de ses »mensonges » et de ses « efforts pour donner une mauvaise image de la Turquie » (source : Guillaume Perrier, « Le gouvernement turc menace d’utiliser l’armée », Le Monde, 19 juin 2013, p. 5).

Mise à jour (02/07/2013) :
Le vice-Premier ministre turc Besir Atalay a accusé la « diaspora juive » d’avoir participé à l’organisation des manifestations contre le régime islamo-conservateur turc a rapporté ce mardi 2 juillet la presse turque.

« Les incidents du parc Gezi (à Istanbul) (…) ont été orchestrés par la diaspora juive, qui a été active dans cet événement », a dit Besir Atalay cité par le quotidien Hürriyet. Besir Atalay a également mis en cause la presse internationale et des « forces étrangères », dont il n’a pas détaillé la composition, pour avoir participé à la « déstabilisation » de la Turquie lors de la fronde qui a secoué pendant plus de trois semaines la Turquie (source : « La « diaspora juive » accusée d’être à l’origine des manifestations turques », RTL.fr, 2 juillet 2013).