Vendredi 10 novembre 2017, Edwy Plenel a dénoncé sur son compte Facebook une « cabale médiatique » lancée contre son journal. Comparant l’ancien Premier ministre Manuel Valls à Marcel Déat, chef de file des néo-socialistes à la fin des années trente et figure de la Collaboration avec l’Allemagne nazie, le directeur du site Médiapart s’estime victime d’une « campagne » destinée selon lui à mener, à travers les attaques dont il fait l’objet, une « guerre aux musulmans » (sic).

Accusé nommément par Manuel Valls de « complaisance » à l’égard de l’islamologue suisse Tariq Ramadan et caricaturé en une de Charlie Hebdo, Edwy Plenel considère que les critiques visant Médiapart s’inscrivent dans le cadre d’une « offensive de Manuel Valls pour revenir au premier plan ». Il accuse « une gauche égarée » de s’être alliée avec « une extrême droite identitaire » pour la rejoindre dans « la diabolisation de tout ce qui concerne l’islam et les musulmans ». Il compare également la caricature réalisée par la dessinatrice Coco à la célèbre Affiche rouge, une affiche de propagande antisémite et xénophobe placardée sous l’Occupation et présentant comme des criminels dix résistants appartenant au groupe Manouchian.

En janvier 2015, sur Canal +, Edwy Plenel, avait qualifié Tariq Ramadan d’« intellectuel respectable », expliquant n’avoir « aucun désaccord sur le fond » avec le prédicateur islamiste, avec qui il a partagé un micro à trois reprises, lors de deux conférences et d’une visioconférence. « Encore une fois, je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté » avait-il ajouté.

Réagissant hier sur France 5 aux accusation d’Edwy Plenel, Riss, le directeur de Charlie Hebdo, les a qualifiées de « pathétiques ».

Tariq Ramadan est visé depuis la fin du mois d’octobre par deux plaintes pour viol. Il fait également l’objet de multiples accusations de harcèlements, menaces et violences sexuelles qu’il attribue à « une campagne de calomnie qui fédère assez limpidement [ses] ennemis de toujours ».

En 2016, Médiapart avait publié une enquête en cinq volets sur Tariq Ramadan sans qu’aucune allusion à son comportement avec les femmes ne soit évoquée. Fin octobre 2017, le journal en ligne fondé par Edwy Plenel avait été critiqué, notamment par des abonnés du site, pour son « silence assourdissant » quant aux graves accusations qui étaient portées depuis plusieurs jours contre Tariq Ramadan pour violences sexuelles. Auteur de plusieurs déclarations complotistes, l’islamologue est critiqué de longue date pour son refus de condamner la lapidation des femmes, préférant se prononcer en faveur d’un « moratoire » sur cette pratique en vigueur dans certains pays musulmans.

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