Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Recherche

Facebook
Twitter
Rss










Dernières notes



La Bibliothèque
La Société parano, de Véronique Campion-Vincent
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
La Causalité diabolique, de Léon Poliakov
La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
Les rhétoriques de la conspiration, sous la direction d'Emmanuelle Danblon & Loïc Nicolas
L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff
Les Nouveaux imposteurs, d'Antoine Vitkine
L'Obsession du complot, de Frédéric Charpier
L'effroyable mensonge, de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel
La synarchie. Le mythe du complot permanent, d'Olivier Dard


Partager ce site








Extraits de Marie Jégo, « La passion de la théorie du complot », Le Monde, 9 avril 2009.


Base militaire américaine de Manas, au Kirghizstan
Des avions cargos remplis de drogue destinée à l'Europe, des espions marquant leurs lieux de rendez-vous à la craie, des disparitions mystérieuses : il se passe de drôles de choses sur la base militaire de Manas au Kirghizstan (Asie centrale ex-soviétique), louée par les Etats-Unis depuis 2001 et par laquelle transite le gros des hommes et du matériel de l'OTAN vers l'Afghanistan. Non, il ne s'agit pas du dernier roman de John Le Carré, mais d'un "documentaire d'auteur" que la chaîne publique de télévision Rossia a diffusé dimanche 5 avril en soirée.

A l'heure où la plupart des téléspectateurs russes sont campés devant leur petit écran, le réalisateur vedette de la chaîne, Arkadi Mamontov, a dévoilé comment les Américains utilisent la base aérienne de Manas comme couverture pour leurs opérations d'espionnage ainsi que pour le transit de la drogue venue d'Afghanistan.

(...) Le réalisateur est un spécialiste du documentaire-fiction, un genre journalistique imaginatif très prisé par la chaîne Rossia, proche du Kremlin. En janvier 2006, Arkadi Mamontov avait révélé les agissements de diplomates britanniques occupés à placer des "pierres espions" dans les parcs de la capitale russe. Le film montrait des hommes encapuchonnés passer et repasser à côté d'une grosse pierre dans un parc enneigé de Moscou. Il s'agissait disait-on de diplomates britanniques en contact avec leurs informateurs via la pierre émettrice, assurément plus fiable que le Wi-Fi !

A l'époque, la pierre avait été expertisée en direct à la télévision par un porte-parole du FSB (services de sécurité), Sergueï Ignatchenko, présenté aux côtés d'une sorte de météorite dont la coupe longitudinale laissait apparaître un émetteur. Il avait confié que ses collègues étaient sur les dents après avoir découvert d'autres pierres du même genre dans des parcs de la capitale.

Le documentaire concluait que les diplomates et les militants des ONG s'étaient unis pour déstabiliser le pays. Sa diffusion avait alors servi de support "pédagogique " à l'adoption d'une loi concoctée par le Kremlin pour mettre en place un contrôle drastique des ONG. La vieille antienne soviétique selon laquelle les étrangers, les diplomates, les représentants d'ONG ne sont rien d'autres que des espions est revenue en force dans le discours officiel ces huit dernières années.

Lire l'intégralité de l'article sur le site du Monde.