Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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L'Effroyable Imposteur, de Fiammetta Venner
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La Causalité diabolique, de Léon Poliakov
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Le complot judéo-maçonnique, d'Alain Goldschläger & Jacques Lemaire










Par Alain de Benoist


Alain de Benoist
On suppose ici connus les traits généraux des théories conspirationnistes ou théories du complot (all. Verschwörungstheorien, angl. conspiracy theories). Il s'agit de ces théories qui interprètent des pans entiers de l'histoire — et singulièrement de l'histoire contemporaine —, voire la totalité de l'histoire humaine, comme le résultat de l'intervention de « forces obscures » agissant de façon souterraine pour parvenir à des fins inavouables. La conspiration revêt en général une forme hiérarchique, pyramidale, séparant les manipulés inconscients, les complices actifs et les manipulateurs eux-mêmes. Elle s'emploie à « dominer le monde », c'est-à-dire à contrôler la vie politique, l'activité économique et le tissu social. Elle dispose pour ce faire de relais privilégiés. Elle emploie tous les moyens, y compris les plus méprisables et les plus odieux, pour substituer aux pouvoirs établis, visibles, l'autorité d'un pouvoir supérieur, occulte, dénué de toute légitimité.

Certaines théories conspirationnistes s'abstiennent de désigner explicitement les responsables de la conspiration et se contentent, par exemple, de parler de « grands initiés », de « courants gnostiques » ou de « supérieurs inconnus ». La plupart, cependant, attribuent la responsabilité du complot à des collectivités ou des catégories de personnes identifiables, soit qu'elles prêtent à des organisations ou des sociétés secrètes existant réellement des ambitions et des pouvoirs démesurés, soit qu'elles postulent la réunion de telle ou telle catégorie de personnes en associations « invisibles » ayant pour but la mise en oeuvre du complot. Tel est le cas des théories bien connues sur le « complot maçonnique » ou encore des théories qui se sont appuyées sur les Monita secreta attribués aux jésuites et sur les prétendus Protocoles des sages de Sion. Ces théories se combinent d'ailleurs fréquemment entre elles, comme le montre le thème du « complot judéomaçonnique », qui fait de la franc-maçonnerie une « invention juive » destinée aux non-Juifs : la maçonnerie, société secrète, mais visible, se trouve ainsi ramenée à une organisation invisible censée la contrôler (1). Dans d'autres cas, enfin, les théories s'emboîtent les unes dans les autres : les Juifs, les jésuites, les maçons deviennent alors, non les responsables premiers du complot, mais les outils privilégiés d'une conspiration plus vaste qui les utilise à ses fins.

(...)

La suite de l'article en format PDF sur le site personnel d'Alain de Benoist.
Voir également : « Publication d'articles extérieurs : une mise au point »


Notes :
(1) Cf. notamment, comme exemples d’une littérature foisonnante, les livres de l'abbé H. Desportes, Le Juif franc-maçon, Paris 1890 ; Anselme Tilloy, Le péril judéo-maçonnique, Paris 1897 ; et Mgr Jouin, Le péril judéo-maçonnique, Emile-Paul, 1920.