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Procès AZF : toutes les hypothèses seront examinées
Le procès qui s'est ouvert lundi doit faire la lumière sur l'origine de l'explosion de l'usine AZF survenue à Toulouse le 21 septembre 2001. La thèse la plus plausible, qui a été retenue jusqu'alors par l'instruction, est celle dite du "sandwich" chimique : une erreur de manipulation aurait conduit au mélange d'un produit chloré servant à la désinfection des piscines (le DCCNa) avec du nitrate d'ammonium industriel, produit qui entre dans la composition d'un explosif civil tel que l'ANFO (Ammonium Nitrate/Fuel Oil). Les manuels de chimie insistent d'ailleurs sur l'incompatibilité de ces deux produits.

Mais cette thèse est loin de satisfaire toutes les parties au procès, ainsi que le rappelle Le Monde :

« Entre la piste chimique, rapidement privilégiée par les enquêteurs, et celle d'un attentat qui a traversé les esprits dix jours seulement après le crash orchestré des avions sur les tours du World Trade Center, Toulouse semble toujours écartelée. Les déclarations maladroites du procureur Michel Bréard, assurant trois jours après le drame privilégier la piste accidentelle "à plus de 90 %", ont nourri les soupçons contre la thèse officielle.
Un sondage de l'institut CSA pour un magazine local montrait que 65 % des Toulousains avaient des doutes sur les causes de l'explosion, un an après les faits. Pire : 79 % répondaient "non" à la question : "Pensez-vous que les autorités ont dit toute la vérité sur l'origine de l'explosion ?".
Depuis, de multiples scénarios alternatifs se sont développés en marge de l'instruction, trouvant un certain écho sur Internet ou dans des livres à sensation, qui se sont multipliés à l'approche du procès. Conscients du phénomène, les magistrats ont décidé de consacrer plusieurs audiences à toutes les hypothèses.
La thèse d'un arc électrique ou de phénomènes électromagnétiques, la formation d'un nuage explosif ou les pistes dites "de l'acte intentionnel", englobant la fameuse note des Renseignements généraux du 3 octobre 2001 sur une éventuelle mouvance islamiste et la découverte du cadavre d'un intérimaire vêtu de plusieurs couches de sous-vêtements, toutes seront développées à la barre.
Même la piste des causes naturelles, comme la foudre ou la chute d'une météorite, sera évoquée. Des témoins qui ont signalé d'étranges phénomènes lumineux ou sonores seront entendus. Certains se plaignaient de n'avoir pas été pris au sérieux par les enquêteurs.
Ce moment de grand déballage est sans doute nécessaire pour les Toulousains, qui en sont venus à douter de leur propre perception de l'explosion. Certains ont entendu une explosion, d'autres deux. Les explications scientifiques des sismologues sur la propagation de l'onde sonore n'ont pas entièrement convaincu tous ceux qui ont "entendu le bruit avec leurs pieds" avant de le percevoir dans leurs tympans.
Qui croire, quand on ne peut plus faire confiance à ses oreilles ? Le scénario retenu, très complexe, du "sandwich chimique" ne sera réellement abordé que fin avril. Au risque de réduire le procès à une interminable querelle d'experts. »


Source :
Stéphane Thepot, « Procès AZF : les doutes d’une ville traumatisée », Le Monde, 23 février 2009.

Mercredi 25 Février 2009