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Extrait de Jean-Michel Helvig, « Simples idées, sur une Colombie compliquée », Mediapart.fr, 5 juillet 2008.
(...) il est curieux d'entendre parler par la Radio suisse romande, de « rançon » pour l'argent qui aurait pu être versé en échange de la libération des otages, alors même que le gouvernement colombien agite publiquement, depuis un an, la carotte de « primes » financières importantes pour tous les membres des FARC qui feraient utilement défection. Mais pour l'opération « Echec » de mercredi, Bogota a démenti tout versement. Invérifiable bien entendu.
Comme l'on ne sait pas et on ne saura probablement jamais (du moins pas avant très longtemps) les détails techniques de l'opération, la version officielle est forcément à prendre avec des pincettes car, dans ce genre de circonstances, aucun « service » au monde ne livre tous ses secrets. Il s'agit de ne pas informer l'ennemi des méthodes employées et susceptibles d'être reproduites, voire des complicités mises à contribution et peut-être aussi de taire la nature des "aides" fournies par des pays tiers. De plus Bogota n'a pas manqué de faire de cette sorte d'« Entebbe » le symbole d'une armée colombienne ayant atteint un savoir-faire équivalent aux meilleures formation du monde, alors même que ses succès sur le terrain contre la guérilla étaient déjà suffisants pour être relevés par tout le monde. Bref, c'était trop beau pour être vrai. De quoi alimenter le fameux « syndrome Meyssan » qui fait que, quand un évènement intrigue, ou en tout cas dérange, sinon sert les intérêts de puissants qu'on abomine, c'est que, bien sûr, il ne s'est rien passé de ce qu'on nous dit. Exprimé de façon moins conspirationniste, et plus distanciée, la mystification qui aurait permis la libération, « sans un coup de feu », des quinze derniers otage serait digne d'un scénario de Hollywood. La formule est appropriée si l'on se réfère au récit officiel colombien, mais il se trouve que l'actrice principale, Ingrid Bétancourt expliquait vendredi aux journalistes, qu'il ne lui avait pas semblé jouer dans une fiction et, d'ailleurs, on pouvait visionner, le soir-même, sur le site semana.com, les images de l'intervention de San Jose de Guaviare. Des images dues au agents du ministère de la Défense sur le terrain se faisant passer pour des journalistes, qui n'étaient certes pas techniquement dignes d'Hollywood mais qui sont quand même susceptibles de corroborer pour partie le scénario officiel. Bien évidemment on ne voit pas, dans le film, ce qui a précédé et où se situe une autre interprétation qui voudrait que le gouvernement colombien a, en fait, profité tout bonnement de la reddition pure et simple des ravisseurs, du moins d'une partie d'entre eux. Sauf leur chef quand même, neutralisé dans l'hélicoptère et dont Ingrid Bétancourt assure que ce geôlier cruel et implacable, à plat ventre, dénudé et les mains liées lui avait jeté un rictus qui ne trompait pas sur le fait qu'il ne jouait pas dans « l'Arnaque ».
Lire l'intégralité de l'article sur le site Mediapart.fr.
Comme l'on ne sait pas et on ne saura probablement jamais (du moins pas avant très longtemps) les détails techniques de l'opération, la version officielle est forcément à prendre avec des pincettes car, dans ce genre de circonstances, aucun « service » au monde ne livre tous ses secrets. Il s'agit de ne pas informer l'ennemi des méthodes employées et susceptibles d'être reproduites, voire des complicités mises à contribution et peut-être aussi de taire la nature des "aides" fournies par des pays tiers. De plus Bogota n'a pas manqué de faire de cette sorte d'« Entebbe » le symbole d'une armée colombienne ayant atteint un savoir-faire équivalent aux meilleures formation du monde, alors même que ses succès sur le terrain contre la guérilla étaient déjà suffisants pour être relevés par tout le monde. Bref, c'était trop beau pour être vrai. De quoi alimenter le fameux « syndrome Meyssan » qui fait que, quand un évènement intrigue, ou en tout cas dérange, sinon sert les intérêts de puissants qu'on abomine, c'est que, bien sûr, il ne s'est rien passé de ce qu'on nous dit. Exprimé de façon moins conspirationniste, et plus distanciée, la mystification qui aurait permis la libération, « sans un coup de feu », des quinze derniers otage serait digne d'un scénario de Hollywood. La formule est appropriée si l'on se réfère au récit officiel colombien, mais il se trouve que l'actrice principale, Ingrid Bétancourt expliquait vendredi aux journalistes, qu'il ne lui avait pas semblé jouer dans une fiction et, d'ailleurs, on pouvait visionner, le soir-même, sur le site semana.com, les images de l'intervention de San Jose de Guaviare. Des images dues au agents du ministère de la Défense sur le terrain se faisant passer pour des journalistes, qui n'étaient certes pas techniquement dignes d'Hollywood mais qui sont quand même susceptibles de corroborer pour partie le scénario officiel. Bien évidemment on ne voit pas, dans le film, ce qui a précédé et où se situe une autre interprétation qui voudrait que le gouvernement colombien a, en fait, profité tout bonnement de la reddition pure et simple des ravisseurs, du moins d'une partie d'entre eux. Sauf leur chef quand même, neutralisé dans l'hélicoptère et dont Ingrid Bétancourt assure que ce geôlier cruel et implacable, à plat ventre, dénudé et les mains liées lui avait jeté un rictus qui ne trompait pas sur le fait qu'il ne jouait pas dans « l'Arnaque ».
Lire l'intégralité de l'article sur le site Mediapart.fr.
Samedi 5 Juillet 2008
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