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Par Philippe Plassart


(source : influencia.net)
La critique du système ne doit pas rester l’apanage des populistes et autres complotistes.

Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, rejoints par Emmanuel Macron et maintenant François Fillon via ses lieutenants ! Décidément, on se bouscule beaucoup au portillon de l’anti-système en ce début de campagne présidentielle. Un point de ralliement étonnant car jusqu’ici, la dénonciation du “système” était surtout l’apanage des extrêmes – de longue date, Jean-Marie Le Pen a toujours stigmatisé “l’establishment”, quand l’extrême gauche a fait de son combat contre le “système” capitaliste sa raison d’être historique. Que des candidats issus du sérail reprennent l’antienne, voilà qui interpelle, d’autant que derrière la notion de “système”, il n’y a pas grand-chose de précis, selon la plupart des observateurs. Historiquement, c’est De Gaulle qui a dénoncé le premier le “système”. Il visait le fonctionnement des partis qui avaient selon lui paralysé l’action publique sous la IVe République.

Aujourd’hui, la notion est un fourre-tout. “Chacun met ce qu’il veut derrière ce mot-valise”, souligne Sophie Coignard, journaliste d’investigation au Point. “Se revendiquer anti-système signifie se positionner contre. Une posture semble-t-il suffisante pour recueillir les suffrages en surfant sur l’actuelle vague de rejet” analyse l’économiste Charles Wyplosz. Pour autant, la démarche n’a rien d’anodine si l’on en croit le sociologue Pierre-André Taguieff. “La référence au système porte en elle l’existence souterraine d’un gouvernement occulte tissant sa toile. Que cette vision qui puise directement dans le registre complotiste soit reprise par de braves démocrates me surprend. C’est que sans doute, bien que totalement creuse, l’invocation d’un supposé système draine des passions que les hommes politiques tentent de récupérer à leur bénéfice” poursuit le sociologue. (...)

Lire la suite sur le site du Nouvel Economiste.


Voir aussi :
* UMPS (Le Point, 25 juillet 2011)
* MàJ : On ne sort pas davantage du système qu'on ne sort du ciel qui nous contient, par Raphaël Enthoven (Europe 1, 25 janvier 2017)