Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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La Bibliothèque
Le Complot : L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion, de Will Eisner
La synarchie. Le mythe du complot permanent, d'Olivier Dard
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
L'effroyable mensonge, de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amérique, de Richard Hofstadter
La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots... de Pierre-Henri Tavoillot & Laurent Bazin
Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, de Pierre-André Taguieff
L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff





Par Sebastian Dieguez


Pourquoi l’éducation est-elle associée à une plus faible adhésion aux théories du complot ?
Il semble plausible que l’éducation conduise à l’esprit critique, qui conduit au rejet des théories du complot, mais il est toujours possible que l’adhésion aux théories du complot conduise, par manque d’esprit critique, à un faible niveau éducatif.

Quelle réponse faut-il apporter aux théories du complot et à la prolifération de la désinformation ? Plus d’éducation, bien entendu ! De fait, dans le discours public, « l’éducation » résonne souvent comme une solution évidente aux maux de la société, dont le sous-texte convoque immanquablement une « faillite de l’éducation » pour expliquer lesdits problèmes. A ce compte, « l’éducation » et sa prétendue « faillite » offrent à la fois une solution et une explication simple à tous nos problèmes, une rhétorique plutôt ironique à la lumière des résultats d’une étude récente.

Jan-Willem Van Prooijen, prolifique chercheur néerlandais spécialisé dans la psychologie des théories du complot, s’est en effet posé deux questions souvent éludées par les promoteurs de « l’éducation ». Tout d’abord, est-ce que ça marche ? Et si oui, comment ça marche ? On en conviendra, ce sont là deux préliminaires indispensables pour quiconque souhaiterait sincèrement et efficacement « lutter » contre les théories du complot et renforcer l’esprit critique, notamment chez les plus jeunes. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, on en sait assez peu sur ce sujet. Pour l’heure, le rapport entre niveau d’éducation et croyance aux théories du complot est assez mal établi, et on ne sait tout simplement rien de ce qui dans « l’éducation » pourrait influencer ce lien éventuel. (...)

Lire la suite sur espritcritique.info.

Lire l'étude de Jan-Willem Van Prooijen, " Why education predicts decreased belief in conspiracy theories ", Applied Cognitive Psychology, 28 novembre 2016.

Par Vincent Quivy


"Qui n'a pas tué John Kennedy", de Vincent Quivy (Seuil, 2013)
LU SUR LE WEB | À l'occasion de la diffusion par Canal+ de la série «22.11.63», et alors qu'est annoncée une nouvelle déclassification de documents sur l'assassinat de JFK, l'historien Vincent Quivy, auteur de «Qui n'a pas tué John Kennedy?», nous explique pourquoi le flot d’histoires que l'affaire a engendré a fini par recouvrir la vérité.

L’affaire Kennedy ressemble à une immense dune à l’intérieur de laquelle serait cachée, selon une vieille légende, une précieuse pépite. Certains, nombreux, ont décidé de creuser au hasard. D’autres, moins nombreux, ont entrepris de fouiller, grain par grain, la montagne. D’autres, encore, ont, avant de plonger dans le sable, enquêté sur la légende elle-même.

Pour mon livre Qui n'a pas tué John Kennedy ?, j’ai adopté, tour à tour, ces trois attitudes, à savoir: étudier l’affaire Kennedy par le biais d’une piste bien précise, puis tenter de la saisir dans sa globalité, enfin s’intéresser aux nombreuses hypothèses qu’elle a fait naître. Je ne suis pas parvenu à étudier chaque grain de cette immense montagne. Une vie n’y suffirait pas. L’annonce, à intervalles réguliers, de la «déclassification», c’est-à-dire de l’ouverture au public de documents concernant l’affaire Kennedy instille dans l’opinion l’idée que les archives sont rares et les dossiers jalousement conservés par l’administration américaine. Il n’en est rien.

Les chercheurs croulent sous les documents. Les autorités étatsuniennes ont voulu, dès l’origine, faire preuve de transparence. Les controverses sur l’assassinat du président Kennedy, nées dès le lendemain de l’attentat de Dallas, ont poussé l’administration à rendre publique la plupart des éléments afin de prouver qu’elle ne cachait rien. (...)

Lire la suite sur Slate.fr.


Voir aussi :
* Des ressources en ligne pour comprendre l'affaire JFK

Par Michel Winock


"Céline. La race, le Juif", d'Annick Duraffour & Pierre-André Taguieff (Fayard, 2017, 1 170 pages).
Annick Duraffour & Pierre-André Taguieff, Céline. La race, le Juif (Fayard, 2017, 1 170 pages).

Peut-on vraiment séparer le romancier génial de l'antisémite virulent ?

Écrivain maudit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Céline est devenu progressivement l'objet d'une admiration qui va jusqu'à le hisser au premier rang des auteurs français du XXe siècle. L'ennui est que Céline est aussi un antisémite fanatique « sans équivalent dans le monde littéraire ». Que faire de cette antinomie ? Les partisans de Céline adoptent des positions différentes, entre minimiser la passion antijuive de l'auteur de Bagatelles pour un massacre ou séparer nettement l'oeuvre romanesque, la seule qui compte, des pamphlets circonstanciels de Céline.

Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour observent au contraire « l'entrecroisement de la littérature, de la propagande et d'un engagement politique atypique, sur fond de croyances idéologiques auxquelles les spécialistes de Céline attachent le plus souvent peu d'importance ». La première tâche des auteurs a donc été d'analyser le corpus des lectures qui ont inspiré à l'écrivain sa vision du monde, les antisémites, les hygiénistes, les théoriciens de l'eugénisme, du darwinisme social, de l'anthropologie physique et des théories raciales, ou encore des obsessions conspirationnistes - un préalable à tout essai de compréhension de Céline. De cette exigence, il résulte un essai magnifique d'érudition et passionnant d'un bout à l'autre. (...)

Lire la suite sur le site de L'Histoire.

Lire la 4ème de couverture sur le site des éditions Fayard.

Par Cécile Jandau (Sud-Ouest)


Source : Twitter (@PaulRay64)
LU SUR LE WEB | Fort de son cybermilitantisme acharné, l’iconoclaste fondateur de l’Union populaire républicaine assure être proche des 500 parrainages nécessaires pour se lancer dans la course à l’Elysée.

L’hiver n’est pas seulement la saison des neiges (pour ceux qui ont la chance d’en avoir). C’est aussi celle qui voit fleurir de nombreuses candidatures les années d’élection présidentielle. Des plus évidentes aux plus loufoques, en passant quelques anecdotiques. Celle de François Asselineau pourrait certainement se ranger dans cette catégorie. Mais sa force de frappe sur Internet et l’écho que rencontrent certaines de ses propositions (controversées) dans ces mêmes sphères posent question.

Son nom ne vous dit peut être rien, mais vous avez certainement aperçu son portrait placardé sur un mur au détour d’une rue. Car François Asselineau ne ménage pas ses efforts pour recruter de nouveaux adhérents depuis qu’il a fondé l’Union populaire Républicaine, en 2007. D’autant que sa candidature s’inscrit dans un contexte particulièrement propice aux discours clivants teintés de théories du complot, tant la défiance à l’égard des dirigeants politiques et des médias est tangible.

Ça, François Asselineau l’a compris depuis longtemps, et sait qu’il a plus que jamais une carte à jouer en 2017. "Les autres politiques changent constamment de versions, moi ça fait 10 ans que je répète qu’il faut sortir de l’Europe", s'enorgueillit cet énarque de 69 ans qui a mené une brillante carrière de haut fonctionnaire et qui s’impose désormais comme le chantre du "Frexit". "Je suis le seul qui dise la vérité", affirme-t-il avec conviction, comme si ça pouvait devenir contagieux. (...)

Lire la suite sur le site de Sud-Ouest.


Voir aussi :
* Qui est François Asselineau, le "pestiféré" des régionales ? (Francetv.info, 1er décembre 2015)

Par Jules Darmanin


Evelyne Joslain sur BFM TV (20 janvier 2017)
LU SUR LE WEB | Evelyne Joslain, essayiste française pro-Trump invitée par BFMTV, a tenu des propos étranges - voire complotistes -, à l’antenne de la chaîne.

Barack Obama quitte la Maison-Blanche ce vendredi 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump en tant que 45e président des États-Unis. BFMTV couvre l’événement en direct avec plusieurs intervenants. Parmi eux, l’auteure et essayiste pro-Trump Evelyne Joslain.

Voici ce qu’elle avait à dire sur Obama et la religion :

«Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses. Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci», a-t-elle dit avant d’être coupée par un présentateur sur le plateau, qui souhaitait changer de sujet. (...)

Lire la suite sur Buzzfeed.


Voir aussi :
* « Obama musulman » : pour en finir avec la rumeur
* Barack Obama accusé d'être une « taupe islamique »
Le 45ème président des Etats-Unis est-il un espion russe ?
Des conspirationnistes se mettent à dénoncer la théorie du complot. Faut-il s'en étonner ?

Les électeurs de Donald Trump sont plus sensibles que les autres aux théories du complot. Selon une étude d’opinion de l’institut YouGov pour The Economist réalisée entre le 17 et le 20 décembre 2016, ils sont par exemple 31% (contre 18% parmi les électeurs d'Hillary Clinton) à penser qu’il a été démontré qu’il existait un lien de causalité entre les vaccins et l’autisme. La moitié des partisans du milliardaire continuent par ailleurs de penser que Barack Obama est né au Kenya bien que Donald Trump ait lui-même concédé – après avoir défendu cette théorie du complot pendant des années – que le président démocrate était bien né aux Etats-Unis. Plus frappant encore : 62% des électeurs de Trump pensent que « des millions de votes illégaux » ont été comptabilisés lors de l’élection présidentielle du 8 novembre dernier (ils sont 25% côté démocrate). Des chiffres stupéfiants si l’on songe que les électeurs républicains ont a priori moins de raison objective d’être séduits par cette thèse : leur candidat n'a-t-il pas remporté le scrutin malgré les 2 millions de suffrages d’avance qui se sont portés sur sa rivale du Parti démocrate ?

Par Ça parle politique


Propagande ou simples canulars, les fausses informations sont partout. Apprenons à nous en méfier et évitons de tomber dans le panneau. Faisons marcher notre esprit critique dans les deux sens : oui, il faut questionner les articles des journaux, mais il faut appliquer cette discipline aussi avec les partages de nos amis sur les réseaux sociaux ou les sites d’information soi-disant alternative.


Source : "Ça parle politique", 18 janvier 2017.

Voir aussi :
* Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le complot (Data Gueule)
* Pourquoi autant de trucs faux sur Internet ? (Hygiène mentale)
* Fake news : peut-on répondre à la désinformation ?
Soral et Dieudonné, le mouvement identitaire breton Adsav, le site complotiste Panamza, le mouvement des «Bonnets rouges»... L'amateur de curiosités politiques est rassasié après une petite visite sur la page Facebook de Nolan L. Auteur mardi d'une légère gifle sur Manuel Valls, lors d'un déplacement de celui-ci à Lamballe (Côtes-d'Armor), ce jeune homme de dix-huit ans a été placé en garde à vue pour «violences sur une personne chargée d'une mission de service public». Et de premier éléments sur son profil n'ont pas tardé à filtrer. Selon l'entourage de l'ex-Premier ministre, l'adolescent serait «proche de l'extrême droite bretonne». D'après le quotidien local Le Télégramme, il aurait en outre «exprimé un ancrage et des motivations régionalistes» lors de sa garde à vue. Un arrière-plan que l'agresseur avait d'ailleurs exprimé à sa façon au moment de s'en prendre à Manuel Valls, s'exclamant «Ici c'est la Bretagne !». (...)

Lire la suite sur le blog L'Oeil sur le Front (Libération).
Le Réseau Voltaire, une source fiable pour le fils du conseiller à la Sécurité nationale de Trump
C'est un tweet comme il en existe des milliers d'autres. Un tweet relayant un article de Thierry Meyssan publié sur Réseau Voltaire, l'un des sites complotistes les plus influents du monde. Sauf que ce tweet provient de Michael G. Flynn, le fils du du général Michael T. Flynn, prochain conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale des Etats-Unis.

Dans l'après-11 septembre 2001, le Département d'Etat américain a classé le Réseau Voltaire comme l'une des sources majeures de désinformation antiaméricaine dans le monde. Depuis la publication de son ouvrage L'Effroyable imposture (2002), où il prétend qu'aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone et attribue l'origine des attentats du 11-Septembre à un complot interne, Thierry Meyssan est persona non grata sur le territoire des Etats-Unis.

Le fils du Général Flynn s'était déjà illustré le mois dernier pour avoir relayé la rumeur complotiste dite du Pizzagate, ce qui lui avait valu d'être renvoyé de l'équipe de transition du président élu.

Par Claire Digiacomi


Attentat de Berlin : les papiers d'identité du suspect retrouvés, un déjà-vu qui nourrit les théories du complot
Les frères Kouachi à Paris et Mohamed Lahouaiej Bouhlel à Nice avaient eux aussi abandonné leurs papiers d'identité sur le chemin de leurs attaques.

Le scénario aurait pu être écrit d'avance, s'il n'avait pas été aussi dramatique. Mercredi 21 décembre, près de 36 heures après qu'un poids lourd a foncé dans la foule sur un marché de Noël de Berlin, les médias allemands annoncent que la police a retrouvé les papiers d'identité d'un suspect dans l'habitacle du camion. L'information a été confirmée par les autorités dans les heures suivantes.

Après avoir perdu du temps en interrogeant un demandeur d'asile pakistanais, arrêté près du lieu de l'attaque lundi soir et remis en liberté mardi, la police allemande concentre désormais ses recherches sur un Tunisien de 24 ans, Anis Amri. Avant l'attaque de Berlin, le jeune homme avait fait l'objet d'une enquête judiciaire pour soupçon de préparation d'attentat.

Les frères Kouachi en janvier 2015, Mohamed Lahouaiej Bouhlel en juillet, Anis Amri à Berlin aujourd'hui. Comment ces terroristes, mis en cause ou soupçonnés - Amri n'est pour l'heure qu'un suspect, même s'il est connu pour être proche de la mouvance salafiste-islamiste - dans les enquêtes sur les récents attentats qui ont frappé l'Europe, ont-ils pu abandonner leurs papiers d'identité derrière eux, à la vue directe des policiers ? (...)

Lire la suite sur le site du HuffingtonPost.


Voir aussi :
* Attentat de Berlin : attention aux théories conspirationnistes et aux fausses infos (LeMonde.fr, 20 décembre 2016)
* Attentats: pourquoi il ne faut pas croire la théorie du complot sur les passeports (Buzzfeed.com, 17 novembre 2015)
Vendredi 23 Décembre 2016



Assassinat de l'ambassadeur russe à Ankara : Jirinovski dénonce une "provocation" de l'Occident [MàJ]
Commentant l'assassinat de l'ambassadeur Andreï Karlov à Ankara lundi 19 décembre, le députe russe d'extrême droite Vladimir Jirinovski a suggéré sur Twitter que l'attentat était une opération sous faux drapeau :

« Le meurtre de notre ambassadeur en Turquie est une provocation. L'Occident a peur de l'amitié entre la Russie et la Turquie. Ma plus profonde sympathie aux amis et à la famille d'Andreï Karlov ».

Peu après dans la soirée, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé : « Nous savons qu'il s'agit d'une provocation visant à (...) nuire au processus de normalisation des relations entre la Turquie et la Russie». Vladimir Poutine a employé les mêmes termes : « Le crime qui a été commis est sans aucun doute une provocation destinée à perturber la normalisation des relations russo-turques et le processus de paix en Syrie».


Source : The Moscow Times, 19/12/2016 ; Europe 1, 19/12/2016.

Voir aussi :
* Assassinat de Nemtsov : un an après, que vaut la thèse de la « provocation » ?
* Pour Poutine, l'attaque chimique du 21 août est une « provocation habile »
Pour le président iranien Rohani, les musulmans doivent s'unir contre un grand complot occidentalo-sioniste
A l'occasion de la 30ème Conférence internationale de l'Unité islamique, organisée à Téhéran, Hassan Rohani a affirmé jeudi 15 décembre 2016 que les massacres en cours dans les pays musulmans étaient orchestrés par les grandes puissances et les sionistes, rapporte la chaîne d'Etat iranienne PressTV.

« Le but des ennemis est de créer le désespoir et de détruire les opportunités des communautés musulmanes. (...) Les grandes puissances ont transformé les rues de Mossoul en rivières de sang et ont détruit cette belle ville. Ils ont tiré de leur sommeil les musulmans et ont réduit en esclavage les filles musulmanes et chrétiennes qui étaient sous la bannière d'un seul gouvernement [le gouvernement syrien - ndlr]. (...) D'abord et avant tout, le péché lié à ces crimes retombe sur les grands colonialistes, les puissances occidentales et les occupants de la région qui ont ouvert la voie à des groupes terroristes, les ont armés et leur ont acheté du pétrole de contrebande. Les seconds coupables sont certains des pays musulmans qui ont donné de l'argent et des armes à des groupes terroristes ».

Source : PressTV, 15 décembre 2016.


Voir aussi :
* Syrie : le président iranien Hassan Rohani dénonce "un complot" occidental

Par Philippe Plassart


(source : influencia.net)
La critique du système ne doit pas rester l’apanage des populistes et autres complotistes.

Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, rejoints par Emmanuel Macron et maintenant François Fillon via ses lieutenants ! Décidément, on se bouscule beaucoup au portillon de l’anti-système en ce début de campagne présidentielle. Un point de ralliement étonnant car jusqu’ici, la dénonciation du “système” était surtout l’apanage des extrêmes – de longue date, Jean-Marie Le Pen a toujours stigmatisé “l’establishment”, quand l’extrême gauche a fait de son combat contre le “système” capitaliste sa raison d’être historique. Que des candidats issus du sérail reprennent l’antienne, voilà qui interpelle, d’autant que derrière la notion de “système”, il n’y a pas grand-chose de précis, selon la plupart des observateurs. Historiquement, c’est De Gaulle qui a dénoncé le premier le “système”. Il visait le fonctionnement des partis qui avaient selon lui paralysé l’action publique sous la IVe République.

Aujourd’hui, la notion est un fourre-tout. “Chacun met ce qu’il veut derrière ce mot-valise”, souligne Sophie Coignard, journaliste d’investigation au Point. “Se revendiquer anti-système signifie se positionner contre. Une posture semble-t-il suffisante pour recueillir les suffrages en surfant sur l’actuelle vague de rejet” analyse l’économiste Charles Wyplosz. Pour autant, la démarche n’a rien d’anodine si l’on en croit le sociologue Pierre-André Taguieff. “La référence au système porte en elle l’existence souterraine d’un gouvernement occulte tissant sa toile. Que cette vision qui puise directement dans le registre complotiste soit reprise par de braves démocrates me surprend. C’est que sans doute, bien que totalement creuse, l’invocation d’un supposé système draine des passions que les hommes politiques tentent de récupérer à leur bénéfice” poursuit le sociologue. (...)

Lire la suite sur le site du Nouvel Economiste.


Voir aussi :
* UMPS (Le Point, 25 juillet 2011)
* MàJ : On ne sort pas davantage du système qu'on ne sort du ciel qui nous contient, par Raphaël Enthoven (Europe 1, 25 janvier 2017)
Conspirationnisme : trois questions à Rudy Reichstadt
Marc Knobel a interrogé Rudy Reichstadt sur les théories du complot. Qu'est-ce qu'une "théorie du complot", l'antisémitisme et le complotisme vont-ils de pair, et comment lutter contre le complotisme ?

Question : Qu'est-ce qu'une théorie du complot ? L’expression, selon le philosophe Pierre-André Taguieff, est malheureuse. Elle donne en effet à penser que les complots n’existent jamais, ce qui est évidemment faux. Aussi le sociologue préfère-t-il parler de « mentalité complotiste ». Etes-vous d'accord ?

RR : Oui. J’ajouterais que l’expression est malheureuse à un second titre car le mot « théorie » suggère une dimension rationnelle là où, en pratique, nous n’avons le plus souvent qu’une présentation malhonnête des faits assortie de spéculations gratuites et d’arguments bancals. Autrement dit, on est très loin d’une « théorie » au sens noble, scientifique du terme. Toujours est-il que nous sommes tributaires d’une expression sans doute imparfaite mais qu’il n’est pas en notre pouvoir de désinventer. Ceux qui cherchent à disqualifier l’expression « théorie du complot », en allant parfois même jusqu’à prétendre qu’elle a été inventée par la CIA – ce qui est totalement faux –, sont aussi généralement ceux qui cherchent à nier l’existence de la chose. Ce n’est donc pas un hasard si les adversaires les plus acharnés de l’usage des mots « complotisme », « conspirationnisme » ou « théorie du complot » sont les complotistes eux-mêmes. (...)

Lire la suite sur le site du CRIF.


Voir aussi :
* Conspirationnisme : un état des lieux (Fondation Jean-Jaurès, 4 mars 2015)
* Lutter contre le conspirationnisme, une tâche ingrate mais nécessaire (Le Plus, 24 février 2016)

Par Samuel Laurent et Adrien Sénécat


Eva Bartlett
Des fausses informations émanant des deux camps ont accompagné la fin de la bataille, mardi, menée par le régime contre la zone rebelle.

Derrière la guerre meurtrière en Syrie se cache aussi un combat médiatique. La victoire de l’armée syrienne sur les rebelles à Alep, mardi 13 décembre, s’est accompagnée de fausses images et d’intox qui compliquent encore un peu plus la tâche à qui veut s’informer sur la situation en Syrie. Et si beaucoup viennent du camp favorable à Bachar Al-Assad, les soutiens des rebelles versent eux aussi dans la désinformation.

La journaliste censée « démonter » la « rhétorique des médias »

« Une journaliste démonte en deux minutes la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie. » Une vidéo du site financé par le pouvoir russe Russia Today a largement circulé depuis sa publication, mercredi 13 novembre, reprise notamment en français par des sites extrémistes ou conspirationnistes, comme ArretSurInfo.ch ou LesMoutonsEnragés.fr. (...)

Lire la suite sur LeMonde.fr.


Voir aussi :
* Comment une vidéo conspirationniste sur la Syrie est devenue la deuxième la plus vue sur YouTube (Les Inrocks, 15 décembre 2016)
* A Alep, la guerre est aussi celle de l'information (L'Obs, 16 décembre 2016)

Par Hubert Guillaud


Dessin paru dans The New Yorker
Depuis l’élection de Trump, la question de la propagation de fausses informations semble révéler d’une véritable crise de confiance dans notre système médiatique et politique, comme l’expliquait récemment le chercheur en science de l’information Olivier Ertzscheid.

De partout, les esprits s’agitent pour tenter de trouver des réponses. Eli Pariser, celui qui a imaginé le concept de « bulles de filtres » tant mis en question ces dernières semaines, a ouvert un Google Doc pour recueillir des solutions. Le document fait désormais plus de 100 pages et Nicky Woolf, pour le Guardian, a tenté d’en faire la synthèse.

Des solutions… concrètes ?

Les solutions relèvent de trois grandes catégories synthétise-t-il : faire vérifier l’information par des éditeurs humains, avoir recours au crowdsourcing (c’est-à-dire à la foule des internautes pour classer le bon grain de l’ivraie en permettant à des gens d’avoir un statut de vérificateur par exemple), ou trouver des solutions techniques ou algorithmiques. L’article du Guardian liste une petite quinzaine de solutions, avec les arguments en leur faveur et en leur défaveur. Elles vont de la labellisation des médias ou des publications, à la séparation des informations de leur partage ou commentaire, en passant par l’ajout de marqueurs sur les fausses informations ou les articles qui posent problème, ou consiste encore à ajouter un temps d’attente avant tout partage pour diminuer la viralité de la propagation des informations. (...)

Lire la suite sur InternetActu / LeMonde.fr.
Holocauste : la question qu’il vaut mieux ne pas poser à Google
Quand un internaute anglophone tape sur Google la question “Did the Holocaust happen?” le premier lien vers lequel renvoie le moteur de recherche est un site néonazi.

“Top 10 des raisons montrant que l’Holocauste n’a pas eu lieu.” Voici le premier résultat vers lequel Google renvoie lorsqu’un internaute lui demande, en anglais, si l’Holocauste a eu lieu. L’article en question émane du site Stormfront, un site néonazi, précise le journal britannique. C’est The Guardian qui, dimanche 11 décembre, révélait cette information.

Le deuxième résultat qui s’affiche est la page Wikipedia consacrée au négationnisme et, dès le troisième, le massacre de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est de nouveau remis en cause, avec le titre suivant : “L’arnaque de l’Holocauste : ÇA N’A JAMAIS EU LIEU.” (...)

Lire la suite sur le site de Courrier International.


Voir aussi :
* « Et François Hollande, il est juif ? »
* Le négationniste Vincent Reynouard condamné à cinq mois de prison ferme
Samedi 17 Décembre 2016



Par Claire Levenson


Noah Pozner (2006-2012), victime du massacre de Sandy Hook
Les conspirationnistes, qui pensent que la fusillade à l'école de Sandy Hook était une mise en scène du gouvernement, tirent leurs «informations» de médias qui ont soutenu la candidature de Trump.

Depuis que vingt enfants et six adultes ont été assassinés dans l'école primaire de Sandy Hook dans le Connecticut en 2012, des militants conspirationnistes maintiennent que la fusillade était une mise en scène. Le gouvernement américain aurait embauché des acteurs pour jouer ce drame, le tout afin de justifier de nouvelles lois limitant le droit au port des armes.

Non contents de publier leurs interprétations sur Internet, les adeptes de cette théorie se sont rapidement mis à harceler les familles des victimes. Peu après la tragédie, un homme a volé des plaques commémorant deux enfants tués pendant la fusillade et a appelé les parents pour leur dire que leurs enfants n'avaient jamais existé. (Il a été arrêté en 2014).

Lenny Pozner, dont le fils Noah a été assassiné à l'école ce jour-là, a reçu des milliers de menaces par internet et par téléphone, notamment parce qu'il a créé une organisation pour lutter contre les contenus complotistes sur Internet (il est parvenu à faire retirer des centaines d'articles en portant plainte pour violation des droits d'auteur lorsque quelqu'un postait une photo de son fils). Le 7 décembre, une des personnes qui l'avait harcelé, a été inculpée en Floride pour l'avoir menacé de mort. Lucy Richards, 57 ans, lui avait plusieurs fois envoyé ces phrases : «Tu vas mourir. La mort va bientôt venir à toi.» (...)

Lire la suite sur Slate.fr.


Voir aussi :
* Newtown : ces conspirationnistes qui s’en prennent aux familles de victimes
* Gene Rosen, héros de Newtown, est harcelé par des théoriciens du complot
* "Pizzagate" : la rumeur complotiste débouche sur un coup de fusil

Par Libération


Michael G. Flynn et son père, le général Michael T. Flynn
Le fils de l'ancien général Michael Flynn, choisi mi-novembre par Donald Trump pour être son conseiller en matière de sécurité nationale, a été renvoyé de l'équipe de transition du président élu pour avoir relayé des théories conspirationnistes. (...)

Lire la suite sur le site de Libération.


Voir aussi :
* Hillary Clinton à propos des suites des fausses informations : "Des vies sont en danger"

Par Big Browser


L’homme qui fit croire (malgré lui) que la Finlande n’existait pas
Raconter des anecdotes d’enfance sur Internet peut créer une théorie du complot qui vous dépasse.

Que savez-vous sur la Finlande ? Probablement pas grand-chose, insinue Vice, qui a retrouvé l’auteur de la théorie complotiste la plus absurde de la décennie : celle qui prétend que la Finlande n’a jamais existé.

Jack n’est pas un conspirationniste comme les autres. Il y a un an, ce jeune homme ne faisait que répondre sur Reddit à un post sur « les trucs que vous ont raconté vos parents et que vous pensiez complètement normaux avant de réaliser plus tard que ce n’était pas normal du tout ». Les siens lui ont un jour fait croire que la Finlande n’existait pas, en inventant une théorie complètement farfelue impliquant la Russie, le Japon, le Transsibérien, les téléphones Nokia et une réserve de poissons. Jack raconte son histoire, mais sans vraiment insister sur le fait qu’il s’agit, évidemment, d’une pure invention. Lui n’y croit pas. Mais d’autres y croiront pour lui. (...)

Lire la suite sur LeMonde.fr.


Voir aussi :
* Les théories du complot ne sont pas juste de petites histoires rigolotes
* J’ai essayé d’interviewer quelqu’un qui croit que la Terre est plate
Samedi 10 Décembre 2016


Tags : finlande japon

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